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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 11:34

Dans l’épisode « BATTLEGROUND », de la série TV « CIMARRON », Warren Oates avait créé le personnage de Mobeetie, une sorte de semi-Comanche clochardisé, un ivrogne rigolard, aux ordres de Telly Savalas. Un rôle plutôt secondaire, mais qui dut plaire aux producteurs de la série, puisqu’ils ont offert la « guest » principale à Oates, dans « NOBODY », réalisée par le bon faiseur Boris Sagal.

Si la situation principale du scénario – un wagon bourré de dynamite, bloqué à l’entrée de la ville – ne génère qu’un suspense très modéré, le portrait de Mobeetie est beaucoup plus attachant. En grande forme, Warren Oates, lâché bride sur le cou, joue ce vaurien sympathique, qui veut absolument prouver qu'il n’est pas un « rien du tout » (un « nobody »), aux yeux de la jolie patronne du saloon, et qui va jusqu'à défier Stuart Whitman en duel.

Quand l’acteur parcourt la ville à cheval, en tirant au revolver, et défonce la vitrine du bar, on retrouve ses hurlements rendus familiers par « LA HORDE SAUVAGE », et sa présence brouillonne et truculente, vaut à elle seule qu’on voie cet épisode atypique, centrée sur sa prestation. À ses côtés, Whitman lui sert généreusement la soupe, et des seconds rôles comme Dabbs Greer ou William Watson ramassent les miettes.

 

À NOTER : l’épisode vient de sortir en Angleterre, dans la collection « CIMARRON STRIP », qui s’étoffe de mois en mois, allant probablement jusqu'à l’intégrale.

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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 09:00

Il est généralement admis que Gene Hackman, après quelques seconds rôles, est littéralement sorti de nulle part, pour devenir une star du jour au lendemain, grâce à « FRENCH CONNECTION ». C'est oublier un peu vite un film sorti l’année précédente : « I NEVER SANG FOR MY FATHER », dont il tint brillamment la vedette.

Tiré d’une pièce de théâtre, et inédit en France, ce drame familial explore le même territoire qu’un Bergman, ou plus tard Robert Redford : c'est à la suite du décès de la mère de famille, la confrontation sans pitié entre un vieillard égocentrique et étouffant, et son fils quasi-quadragénaire, à la personnalité minée par cette relation sans amour. Le texte est adulte et intelligent, ne sombre jamais dans le mélo ou même la grandiloquence : comme souvent dans la vie, on ne règle rien, les affrontements sont larvés, les non-dits trop nombreux, et le happy-end demeure un vain espoir.

Hackman est vraiment formidable d'humanité, dans ce personnage ingrat, introverti et à fleur de peau, face à Melvyn Douglas, qu’on n’a jamais vu aussi bon, qu'en monstre du quotidien, que tout le monde – et lui en premier – considère comme « un homme remarquable ». À leurs côtés, Estelle Parsons (qui jouait la femme d’Hackman dans « BONNIE & CLYDE »), est elle aussi excellente, dans le rôle de la sœur rejetée, parce qu'elle a épousé un Juif. Le long face à face entre elle et Hackman dans la cuisine, est ce qu'il y a de plus poignant dans le film.


Pas follement joyeux, « I NEVER SANG FOR MY FATHER » frôle le théâtre filmé, mais le texte et les acteurs auraient mérité une sortie en France. Pour l’admirateur de Gene Hackman (le vrai, pas celui de « SUPERMAN », cela va sans dire !), c'est en tout cas absolument indispensable.

 

À NOTER : le film est récemment sorti en Allemagne, avec v.f. et sous-titre français, sous le titre « KEIN LIED FÜR MEINEN VATER ».

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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 18:30

Le plus troublant dans « LES BAGARREURS DU PACIFIQUE », c'est de voir Burt Lancaster, qui ressemble très exactement – uniforme compris – à ce qu'il sera dans son film suivant « TANT QU'IL Y AURA DES HOMMES », mais se débattant cette fois dans une pantalonnade ridicule et infantile, lui qui n’était pourtant pas le champion toutes catégories de l’humour.

Film de guerre « exotique » (évidemment tourné en studio), comédie gentiment amorale, amorçant un timide ménage à trois, narré assez adroitement en flash-backs, « LES BAGARREURS DU PACIFIQUE » apparaît aujourd'hui d’un racisme inouï dans la description des Chinois, d’une xénophobie hors-normes, et d’une misogynie accablante. Ainsi, le spectateur français devra laisser sa susceptibilité au vestiaire, car ses compatriotes sont, soit un gouverneur collabo, gras et libidineux, soit une maquerelle surjouant comme une Arletty du Bronx (« Mais oui, monsieur ! Sacrebleu !), avec un accent à faire rougir l’inspecteur Clouseau.

Côté comédiens, rien à sauver non plus : Lancaster se débat comme un beau diable avec un rôle impossible, joue les militaires rigides ou les dragueurs agités d’une séquence à l’autre, sans aucune direction, Virginia Mayo roule des yeux et fait des mines, et Chuck Connors gauche et emprunté, est un marine benêt. On aperçoit Strother Martin en témoin au procès (photo à gauche).

Coincé dans la filmo de Lancaster, entre quelques films ambitieux et de beaux rôles comme « REVIENS, PETITE SHEBA », ce navet éprouvant, oublié depuis des lustres, a récemment été exhumé par le DVD. Était-ce réellement une bonne chose ?

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE BURT LANCASTER
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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 12:28

Figure dominante du cinéma des années 50 et 60, homme à la personnalité complexe et ambiguë, comédien honnête et toujours en progrès, Burt Lancaster a inspiré de nombreux ouvrages, tous fascinés par cet acrobate de cirque issu des bas-quartiers de New York, capable d’être aussi crédible en boxeur analphabète, qu’en vieux prince sicilien. Certains parcourent sa carrière, d’autres tentent de débroussailler les facettes de cet homme insaisissable.

Un des plus anciens « BURT LANCASTER – A PICTORIAL TREASURY OF HIS FILMS », de Jerry Vermilye est bien illustré, mais succinct, et s'arrête en 1970. « BURT LANCASTER – THE MAN AND HIS MOVIES » d’Alan Hunter, publié en 1984 en Angleterre est encore plus sommaire.

En 1987 paraît en France le très complet « BURT LANCASTER » de Roland Lacourbe, chez Edilig, succédant à un ouvrage portant le même titre, paru deux ans plus tôt chez France-Empire, une traduction d’un livre de Robert Windeler.

Après la mort de l’acteur paraissent des ouvrages biographiques très intéressants, basés sur des enquêtes sérieuses, comme « AGAINST TYPE » de Gary Fishgall, et surtout « THE AMERICAN LIFE » de Kate Buford, le plus incisif quant à sa vie privée pour le moins agitée.

« A SINGULAR MAN » de Robyn Karney, est un magnifique livre d’images sur papier glacé, bourré de photos rares.

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Published by Fred Jay Walk - dans LIVRES ET MAGAZINES
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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 09:35

Clu Gulager a surtout marqué les esprits, en jouant le co-équipier sadique de Lee Marvin dans « À BOUT PORTANT », mais il a également beaucoup tourné dans le western, incarnant Billy the Kid dans la série « THE TALL MAN », et le shérif dans une centaine d’épisodes du « VIRGINIEN ».

Acteur nonchalant, au cheveu prématurément blanchi, Gulager est récemment apparu en barman dans « FEAST », un petit film d’horreur réalisé par son fils, et fête aujourd'hui ses 81 ans. Happy birthday, Clu…

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Published by Fred Jay Walk - dans HAPPY BIRTHDAY
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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 17:44

« LES BAS-FONDS NEW-YORKAIS » n’aurait pu être signé par nul autre que Sam Fuller. Dans un style visuel agressif, décomplexé, ne reculant devant aucun effet, il signe une autopsie du crime organisé aux U.S.A., par le biais de la vengeance d’un petit malfrat, dont il suit le destin depuis ses 14 ans. Véritable « ver dans le fruit » pour la pègre, Tolly Devlin va faire exploser la mafia, pour venger son pauvre paumé de père, qu'il a vu battre à mort dans une ruelle sordide, un peu à la manière de Bruce Wayne, dans « BATMAN ».

Si le scénario ne s’embarrasse d’aucune subtilité, ne s’attarde jamais sur la psychologie des personnages, et ne cherche aucune justification à leurs actes, il finit par prendre des allures de tragédie noire et inéluctable, et s’achève où il avait commencé : dans une ruelle puante, au milieu des poubelles.

Les trois protagonistes du film sont exceptionnels : Cliff Robertson d’abord, acteur généralement insipide, trouve ici son meilleur rôle, en voyou rusé mais sans cœur. Sa réaction odieuse, quand sa maîtresse lui déclare son amour, est vraiment très inhabituelle dans un film hollywoodien. En « pauvre fille » paumée et instable, Dolores Dorn est également superbe, et Beatrice Kay compose un magnifique personnage de femme seule, vieillissante, seule famille qu’ait jamais connu Tolly. À ce sujet, le jeune acteur choisi pour incarner celui-ci à l’âge de 14 ans, est un hallucinant portrait-craché de Robertson. Jusqu'aux maniérismes.


Œuvre nocturne et réaliste, pourtant excessivement stylisée,  « LES BAS-FONDS NEW-YORKAIS » s’embourbe parfois dans des séquences redondantes entre caïds, témoins de la volonté de Fuller, de décrire par le menu le mode de fonctionnement de la pègre de l’époque, mais c'est un des films les plus aboutis du réalisateur, dont les cadrages toujours singuliers, sont une véritable signature.

 

À NOTER : le film est enfin visible en DVD, dans un coffret sorti récemment en zone 1, doté de sous-titres français.

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Published by Fred Jay Walk - dans POLAR - FILM NOIR ET ACTION
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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 12:13

La légendaire série « ALFRED HITCHCOCK PRÉSENTE » fit lors de sa 1ère saison (1955), une intéressante incursion dans le western, pour un court-métrage en huis clos, signé Don Medford, intitulé « TRIGGERS IN LEASH ».

Deux pistoleros se retrouvent dans une auberge, pendant un orage, prêts à s’entretuer pour une querelle d’ivrognes. La patronne tente de les en dissuader, mais les deux hommes se font face, la main sur le holster, attendant que l’autre se décide à dégainer le premier. Et ce, même en déjeunant ! Il faudra toute la ruse de la brave femme, et un brin de mysticisme, pour désamorcer la situation inextricable, et éviter le massacre.

Jamais l’expression « western en chambre » n’aura été mieux utilisée qu’ici, puisque le film ne comprend aucun extérieur ! Pas même un plan de situation de l’auberge. Oubliés les grands espaces, les chevauchées, les canyons : Medford réduit le genre à son « climax » : un duel dans une pièce close.

Deux vétérans de la TV comme Gene Barry et Darren McGavin jouent les rivaux bornés, et le réalisateur s’amuse à multiplier les angles insolites, allant jusqu'à cadrer les yeux des protagonistes prêts à faire feu, dix bonnes années avant le western italien.

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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 10:08

Avant de se croiser dans la série « RAWHIDE », puis de se retrouver pour « …ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS » et « LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND », Clint Eastwood et Lee Van Cleef avaient déjà un point commun. Et pas des moindres !


Dans « LE MONSTRE DES TEMPS PERDUS » (1953), Lee Van Cleef apparaissait à la fin du film, dans un rôle de tireur d’élite de l’armée, le temps de flinguer le très encombrant dinosaure. Deux ans plus tard, Clint Eastwood fit exactement la même chose dans « TARENTULA » : il arrivait dans la dernière séquence, dans un rôle d’aviateur, pour balancer du napalm sur l’araignée géante.

Amusante coïncidence…

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Published by Fred Jay Walk - dans LA MYTHOLOGIE DU WEST
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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 09:53

Stakhanoviste des séries télé, depuis les années 50, Ed Asner est surtout connu pour son rôle de rédac-chef dans la sitcom « THE MARY TYLER-MOORE SHOW », puis dans « LOU GRANT », « spin-off » de la précédente.

Il apparaît dans quelques séries western comme « LE CHEVAL DE FER » ou « LES MYST­ÈRES DE L’OUEST », et au cinéma joue le méchant rancher despote dans « EL DORADO ».


Aujourd'hui, Ed Asner fête ses 80 printemps. Happy birthday, donc…

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Published by Fred Jay Walk - dans HAPPY BIRTHDAY
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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 18:59

Réminiscent dans sa thématique, de « 12 HOMMES EN COLÈRE » (jusqu'au rôle essentiel que joue un cran d’arrêt pendant le procès), ce premier film de John Frankenheimer avec Burt Lancaster, est encore aujourd'hui, d’une rare efficacité. Procureur ambitieux, confronté à la réalité sordide des « mean streets » new-yorkaises, dont lui-même est issu, Lancaster doit faire condamner trois loubards qui ont poignardé un aveugle portoricain.

Le monde décrit dans « LE TEMPS DU CHÂTIMENT » n’a rien de désuet, c'est celui d’aujourd'hui, avec d’autres modes vestimentaires, et d’autres façons de s’exprimer. Mais l’injustice sociale est là, la haine, la bêtise, l’arrivisme, la violence, et Frankenheimer fait preuve d’un formidable dynamisme quasi-documentaire, pour dépeindre ce chaos désespérant. Alors qu’au début, tout semble simple, noir et blanc (à l’instar de la magnifique photo du film), la plongée de Bell dans les tréfonds des zones de non-droit, va le faire évoluer progressivement, et lui ouvrir l’esprit, quitte à ce que cela lui coûte quelques côtes cassées, et qu'il ait lui-même été pratiquement poussé jusqu'au meurtre.


Film militant, mais jamais trop lourd, « LE TEMPS DU CHÂTIMENT » n’évite pas toujours le mélodrame, comme dans les séquences avec Shelley Winters, jouant la mère d’un des voyous, et « ex » du procureur, mais il a le mérite d’appeler les choses par leur nom, et d’aller toujours au-delà des apparences. Dans les taudis des grandes villes, pas de bon, pas de méchant, tout le monde se bat pour survivre, avec les armes dont il dispose.

Lancaster, au sommet de sa puissance physique, les dents serrées, l’œil franc, le cou de taureau, campe ce D.A. avec sa présence de bulldozer. À ses côtés, on aperçoit Telly Savalas en flic cynique fumeur de cigares, et John Davis Chandler dans le rôle d’un des « sauvageons », incroyablement tête-à-claques.

Vigoureux, droit dans ses bottes, généreux jusqu'à la naïveté, « LE TEMPS DU CHÂTIMENT » contient de remarquables moments, et quelques belles répliques.

 

À NOTER : Engagé sur le film pour faire répéter leur dialogue aux acteurs, Sydney Pollack deviendra bientôt réalisateur, et tournera « LES CHASSEURS DE SCALPS » avec trois des comédiens du « TEMPS DU CHÂTIMENT » : Winters, Savalas et Lancaster. Le film est disponible, mais sans aucun sous-titre, en Angleterre en DVD.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE BURT LANCASTER
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