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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 17:44

RIDE LONESOME (3)Condensé du talent singulier de Budd Boetticher, « LA CHEVAUCHÉE DE LA VENGEANCE » est une épure de western, une leçon de cinéma où l’image en dit plus long RIDE LONESOMEque le dialogue. 

Le scénario entre immédiatement dans le vif du sujet, sans le moindre préliminaire, la plus modeste tentative de psychologie : des hommes minuscules dans une immense contrée désertique s’affrontent autour d’une prime, d’une femme, même si au fond rien n’est aussi simple.RIDE LONESOME (4)

La belle veuve croit que Randolph Scott et Pernell Roberts se disputent le hors-la-loi James Best pour une poignée de dollars comme « des chiens autour d’un os » ? Elle se trompe : Scott suit un plan machiavélique pour venger sa femme et Roberts ne cherche que l’amnistie lui ouvrant les portes d’une vie nouvelle. On imagine le tueur Lee Van Cleef comme une bête sauvage assoiffée de sang ? Non. Il est prêt à sacrifier sa vie pour sauver son frère et demande à Scott de ne pas l’obliger à le tuer. Chez Boetticher – et son scénariste Burt KennedyRIDE LONESOME (5)simplicité ne rime pas forcément avec débilité.

Rarement CinémaScope aura été utilisé avec autant de maestria que dans ce film dont chaque plan, chaque cadrage est une fête pour l’œil. L’unique gros-plan est celui de Van Cleef parlant de son vieil ennemi, tout le reste du film est tourné en plans très larges, valorisant le désert et les rochers. Au milieu, les hommes ne sont que de dérisoires insectes agités de passions insignifiantes.

Bien sûr quelques menus détails ont vieilli, comme ces trop longues séquences nocturnes tournées en « nuit américaines », les dialogues au coin du feu peuvent sembler redondants et les échanges machistes des deux copains matant Karen Steele à distance sont un peu lourdingues. Mais ce n’est rien comparé à la beauté fulgurante du dernier quart dominé par cet arbre « aux pendus », sorte de croix païenne littéralement hantée par tous les morts qui y furent accrochés.

RIDE LONESOME (1)
Le dernier plan de grue, sur l’arbre enflammé emportant ses secrets, est un des plus magnifiques de mémoires d’amateur de western.

Scott qui parle d’une voix étrangement monocorde comme un robot (ou un mort-vivant ?) est parfaitement utilisé, Lee Van Cleef apparaît dans trois séquences mais se montre remarquable de subtilité et James Coburn débutant, est très inhabituel en ‘sidekick’ un brin demeuré et rigolard. Karen Steele est… Wow !

Le fan de Sergio Leone pourra s’amuser à dénombrer les nombreuses influences du maître italien : le méchant appelé Frank (sans nom de famille) joué par le futur ‘Sentenza’, la pendaison au milieu de nulle part, la réplique « Vous faites du bon café » que Cheyenne répètera telle quelle à Jill dix ans plus tard dans « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST », etc.

Le genre de film quasi-parfait qu’on ne se lasse jamais de revoir…
RIDE LONESOME (2)

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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 13:02

« THE FIGHT » n’est qu’une des nombreuses enquêtes du lieutenant Ballinger, héros de laMSQUAD fight (1) série TV « M-SQUAD ». Mais il revêt une importance particulière pour l’amateur, grâce aux retrouvailles entre Lee Marvin protagoniste de la série et Charles Bronson, « guest star » de l’épisode.

Celui-ci incarne Eddie Loder, champion de boxe déterminé et un peu trop sûr de lui, qui après avoir accidentellement tué un adversaire sur le ring, voit sa vie menacée : on lui tire dessus dans les vestiaires, on essaie de l’empoisonner (c'est le caniche de Mme Loder qui morfle), on pose une bombe dans son casier. Évidemment, Marvin pas tombé de la dernière pluie, soupçonne l’entourage du cogneur, jusqu'à sa femme qui déteste la boxe. Mais le fauteur de troubles n’est finalement que le soigneur de Bronson.

« THE FIGHT » est un sympathique whodunit de 26 minutes, dans lequel Marvin qualifie Bronson de « good kid » alors qu'il a trois ans de moins que lui, et dont les combats de boxe évoquent un peu – de façon extrêmement rudimentaire – le look réaliste recréé par Scorsese dans « RAGING BULL ».

Les deux « tough guys » ne devaient se retrouver que huit ans plus tard pour « 12 SALOPARDS ». Et cette fois, ce ne seront plus les caniches innocents qui vont morfler !


MSQUAD fight
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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 10:03

Légende vivante du ‘spaghetti western’, cabotin génial ou bouffon incontrôlable selon les films et les rôles, le Cubain Tomás Milian a tracé sa route de chef-d’œuvre en nanar pendant quatre décennies.

Son Cuccilio de « COLORADO » ou son peone à béret basque de « COMPAÑEROS » sont des silhouettes « séminales » du genre. Aujourd'hui, il fête ses 78 ans. Feliz compleaños, Tomás…
MILIAN anniv

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 19:33

AWAKENING (1)On ne devrait pas être surpris qu’un réalisateur aussi éclectique que Mike Newell, qui signa « 4 MARIAGES ET UN ENTERREMENT » et « DONNIE BRASCO », ait pu débuter avec un AWAKENINGfilm de momie inspiré d’un roman de Bram ‘Dracula’ Stoker.

« LA MALÉDICTION DE LA VALLÉE DES ROIS » se situerait entre « LES 7 BOULES DE CRISTAL » d’Hergé etAWAKENING (3) les joyeuses bêtises avec Brendan Fraser, avec une pincée de « LA MALÉDICTION » (la chute sur la verrière, l’accident de camion qui renvoie à la mort de David Warner).

Bien sûr, Charlton Heston paraît bien âgé au début pour jouer un archéologue trentenaire (et en short !), mais il retrouve de sa superbe dans la période située « 18 ans plus tard », avec sa barbe de ‘statue du commandeur’ et sa voix de basse. Ce rôle d’homme hanté, obsédé jusqu'à la mort, ne lui convient pas vraiment, mais sa présence « bigger than life » ajoute à l’ambiance BD du film. À ses côtés, Susannah AWAKENING (4)York tient le rôle ingrat de l’épouse sacrifiée et la jeune Stephanie Zimbalist incarne la reine démoniaque réincarnée en teenager américaine. Elle a un plan très amusant où elle crache comme un chat, à la fin.

L’Égypte est bien photographiée par le grand Jack Cardiff, la BO est étonnamment signée de Claude Bolling, et si selon les critères actuels, il peut paraître longuet et convenu, « LA MALÉDICTION DE LA VALLÉE DES ROIS » n’en demeure pas moins une tentative sympathique, qui assume courageusement son premier degré, sans crainte du ridicule dans lequel il sombre parfois.

AWAKENING (2) 

À NOTER : le film est disponible en Angleterre dans une belle copie 16/9 (faussement annoncée en 4/3 sur la jaquette, quelle drôle d’idée !), mais sans aucun sous-titre.

 

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 11:23

MISSOURI TRAVELER (1)Entre deux saisons de « M-SQUAD », Lee Marvin trouva le temps de tourner un film pour le cinéma, réalisé d'ailleurs par un des metteurs en scène de sa série, Jerry MISSOURI TRAVELERHopper. « THE MISSOURI TRAVELER » est un petit film familial contant l’histoire d’un jeune fugueur adopté par une ville tout entière. C'est Brandon de Wilde, l’ex-garçonnet de « L'HOMME DES VALLÉES PERDUES » qui tient le rôle principal, mais le charme du film provient de ses seconds rôles : le sympathique Gary Merrill incarne un journaliste généreux, Mary Hosford MISSOURI TRAVELER (2)(éleveuse de chevaux de courses dans la région où fut tourné le film) tient son unique rôle à l’écran, tandis que Lee Marvin trouve le personnage le plus intéressant, un riche fermier misanthrope et revanchard haï par tous, qui s’attache malgré lui à l’adolescent qu'il éduque « à la dure » pour devenir fermier. On aperçoit également un très jeune (et très mince) Roy Jenson en garçon de ferme.

« THE MISSOURI TRAVELER » est une toute petite production à peine supérieure à un téléfilm lambda, MISSOURI TRAVELER (3)qu’on sent très influencée par l’univers de John Ford, de l’utilisation de certains comédiens à l’interminable bagarre finale entre Marvin et Merrill, directement calquée sur celle de « L'HOMME TRANQUILLE ».

La seconde place au générique de Marvin prouve que son statut avait alors évolué dans la profession grâce à sa série. D'ailleurs, c'est la première fois qu'il finit avec la jeune première dans les bras !

La démarche chaloupée, n’hésitant jamais à se montrer odieux (lorsqu’il frappe le cheval à coups de massue, par exemple) et provocateur, mais plus humain qu'il ne voudrait le laisser paraître, Tobias Brown fait tout à fait partie de la galerie de portraits d’hommes rudes et autoritaires dont Lee Marvin s’était fait une spécialité.

 

À NOTER : le film est disponible en zone 1, dans des copies plus que moyennes mais qui sont la seule façon de découvrir l’œuvre.

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 09:55

Il fut un réalisateur inégal mais toujours intéressant, un homme de gauche engagé, un ami de Paul Newman avec lequel il tourna pas moins de six films.

Martin Ritt signa quelques œuvres majeures comme « LE PLUS SAUVAGE D’ENTRE TOUS », « L’ESPION QUI VENAIT DU FROID » ou « LE PRÊTE-NOM », un grand western : « HOMBRE » et acheva sa carrière avec des films désuets, en décalage avec leur temps.

Il aurait eu 96 ans aujourd'hui. Happy birthday, Mr. Ritt.
RITT anniv

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 19:47

C'est le film « ZOULOU » qui rendit Michael Caine célèbre au début des sixties, après quelques années de galère. Aussi n’est-il pas étonnant de le retrouver en 1983, de retour sur les lieux de son premier succès dans « LE SENS DE LA VIE », le film à sketches totalement délirant des Monty Python.

John Cleese se rase au beau milieu d’une attaque de Zoulous, indifférent au carnage. En partant à la chasse, il passe devant un soldat agonisant, qui lui lance avec un accent cockney à couper au couteau que « Ce carnage était sacrément marrant ». Un plan, trois secondes, et c'était le rôle de Michael Caine ! Un amusant ‘caméo’, un clin d’œil à son passé, et un petit plus pour ce film inégal mais globalement remarquable.

Curieusement, cette apparition n’est pas mentionnée dans la filmographie de Caine, sur IMDB alors qu'on lui attribue un 'caméo' dans "THE INVENTION OF LYING" où il n'apparaît absolument pas…
MEANING OF LIFE (1)

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 18:03

MANDINGO (1)Richard Fleischer a vraiment tâté à tous les genres du cinéma commercial, il a tourné autant de grands films populaires que de navets infâmes. « MANDINGO » traîne une sale réputation depuis sa sortie et se situe entre les deux pôles. Tiré d’une série de romans MANDINGOsitués avant la Guerre de Sécession, c'est un parfait anti « AUTANT EN EMPORTE LE VENT » : ici point de joli TechniColor, de gentlemen ou de « belles » courtisées, point d’esclaves pittoresques au charmant franc-parler. La plantation est vétuste et décrépite, les blancs sont des ignorants à moitié dégénérés qui élèvent les noirs comme du bétail ou des chiensMANDINGO (4) de combat et la photo monochrome, en clairs-obscurs ôte tout lustre à ce Sud totalement démythifié.

« MANDINGO » est loin d’être un bon film même si l’accumulation de péripéties sordides, de voyeurisme et de misère humaine, finit par créer une espèce de fascination morbide. Aucun personnage auquel se rattacher, hormis peut-être Cicero, Spartacus africain qu’on voit hélas trop peu. Tous les autres sont des petits tyrans, des sadiques minables, des pleutres. Dans « MANDINGO », on tue les bébés dans leur berceau, on empoisonne l’épouse adultère, on ébouillante le MANDINGO (2)‘nigger’ impudent qu’on finit à la fourche. Dire que le film fut qualifié de raciste à sa sortie : si racisme il y a, c'est bien anti-Sudistes !

Perry King est très bien en faux-gentil, qui trompe son monde jusqu'à la dernière bobine, James Mason est méconnaissable en patron malade, vulgaire, malsain au possible, mais c'est Susan George qui emporte le morceau, dans un rôle de nympho incestueuse et ivrogne tout à fait délectable.

Le réalisateur affirmait avoir d’abord proposé une version de 3 H 45 qui fut complètement remontée par le producteur. On ne saura donc jamais ce qu’aurait été « MANDINGO » dans son intégralité. Tel quel, c'est un réjouissant spectacle « trash » et fétide, comme un épisode mutant de « RACINES ».

MANDINGO (3) 

À NOTER : le film connut une sequel « DRUM », avec Ken Norton (déjà présent ici dans un autre rôle) et Warren Oates. Sylvester Stallone fit une figuration dans « MANDINGO », mais qui fut éliminée au montage. Quelques mois plus tard, il tournait « ROCKY ».

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Published by Fred Jay Walk - dans WESTERNS U.S. ET ITALIENS
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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 09:46

Il n’avait pas encore 45 ans, qu’on le surnommait déjà « pappy » dans la série « TÊTES BRÛLÉES ». Retiré des écrans depuis huit ans, Robert Conrad fut cascadeur, boxeur semi-pro jusqu'à un âge avancé (il lança un défi à Mickey Rourke, qu'il jugeait ‘bidon’) et même shérif de sa ville. Pour de vrai !

Immortalisé par le rôle de l’agent secret James T. West dans la série « LES MYSTÈRES DE L’OUEST », Conrad fête aujourd'hui ses 75 ans. Happy birthday, Bob…
CONRAD anniv

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Published by Fred Jay Walk - dans HAPPY BIRTHDAY
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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 18:26

DAMNES (1)Déjà un film de Joseph Losey produit par la Hammer, c'est bizarre. Et ce n’est qu’un début ! Généré par la paranoïa atomique des années Guerre Froide, « LES DAMNÉS » (à ne pas confondre avec le film de Visconti portant le même titre) est vraiment un drôle d’objet.DAMNES

Cela commence dans un village anglais, où un Yankee en villégiature est tabassé par des « blousons noirs » locaux, et tombe DAMNES (2)amoureux de la sœur du chef. Tout ce petit monde se retrouve sur une île où l’Armée « élève » neuf enfants coupés du monde, que des savants semblent préparer à un grand évènement. En fait, ces bambins sont des mutants, nés à la suite d’un accident nucléaire. Persuadés que la terre va bientôt succomber à la Bombe, les militaires s’efforcent d’en faire les futurs survivants de l’espèce humaine.

Alambiqué ? Ce n’est rien par rapport à la façon dont le postulat est traité. Oliver Reed petit voyou incestueux, chef de gang en costard-cravate, préfigure Alex dans « ORANGE MÉCANIQUE », l’installation ulta-moderne de l’île est à peu près aussi crédible qu’un épisode de « CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR », le héros américain a pratiquement l’âge de la retraite, et une sculptrice passe ses journées à faire des statues inachevées.

Losey fait dans le bizarroïde parfois gratuit, donne à tous ses personnages un côté décalé qui n’apporte rien au récit et néglige de rendre les enfants inquiétants, ce qui aurait probablement rendu le film plus accessible.

DAMNES (3)
Tel quel « LES DAMNÉS » demeure intrigant par son sujet et l’utilisation des extérieurs, mais la forme est vraiment désuète et les décors de studio évoquent des plateaux de télévision.

 

À NOTER : le film est récemment sorti en Angleterre chez Columbia, dans sa version intégrale, bien meilleure que l’Américaine qui fut très mutilée. Sous-titré en Anglais uniquement.

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Published by Fred Jay Walk - dans HORREUR - SF ET FANTASTIQUE
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