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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 10:48

CONNERYL’Oscar du meilleur second rôle obtenu pour son rôle de vieux patrouilleur goguenard dans « LES INCORRUPTIBLES » fait de l’Écossais Sean Connery à plus de 60 ans, une valeur sûre du marché U.S. et l’arrache au cinéma européen dans lequel il faisait jusqu’alors des allers-retours plus ou moins couronnés de succès.CONNERY (5)

Comédien physique, d’une séduction faite d’un mélange de virilité agressive, d’autodérision, de candeur et d’une énergie inouïe, Connery tient de petits rôles en Angleterre à ses débuts : un camionneur bagarreur dans « TRAIN D’ENFER », un malfrat dans « LES CRIMINELS DE LONDRES », un trafiquant irlandais dans « LA PLUS GRANDE AVENTURE DE TARZAN », un reporter marié dont s’amourache Lana Turner dans « JE PLEURE MON AMOUR », un bon gars confronté aux Lilliputiens dans « DARBY O’GILL ET LES FARFADETS » (où il pousse la chansonnette !), un trouffion pour rire dans « 2 DES COMMANDOS », un racketteur sexy dans « L’ENQUÊTE MYSTÉRIEUSE ».

Il apparaît dans deux plans du « JOUR LE PLUS LONG » en soldat débarquant en CONNERY (1)Normandie, avant d’éclater enfin en 1962 dans « JAMES BOND 007 CONTRE DR. NO » où dans le rôle-titre de l’espion de sa Majesté, Connery fait preuve d’une présence ahurissante, qui en fait une superstar du jour au lendemain. Le contraste entre l’aspect bestial de l’acteur et les smokings de l’espion, n’a jamais été retrouvé par les interprètesCONNERY (3) ultérieurs du personnage.

Sean Connery incarne Bond sept fois en tout dans « BONS BAISERS DE RUSSIE », « GOLDFINFER », « OPÉRATION TONNERRE », « ON NE VIT QUE 2 FOIS », « LES DIAMANTS SONT ÉTERNELS », jusqu’à « JAMAIS PLUS JAMAIS » et cela faillit couler sa carrière. Mais l’acteur n’a jamais voulu se laisser enfermer dans ce rôle et accumule très tôt les performances diverses, souvent culottées : le business man amoureux d’une déséquilibrée de « PAS DE PRINTEMPS POUR MARNIE », l’héritier comploteur dans « LA FEMME DE PAILLE ». Il est extraordinaire en prisonnier irréductible dans « LA COLLINE DES HOMMES PERDUS », moins emballant en poète séducteur dans « L’HOMME À LA TÊTE FÊLÉE », en héros westernien dans « SHALAKO », ou en explorateur de « LA TENTE ROUGE ».

CONNERY (4)

À partir des seventies, Sean assume à la fois sa calvitie jusque là soigneusement camouflée et son accent chuintant de plus en plus prononcé : il tourne aux U.S.A. « LE GANG ANDERSON » en chef d’une bande de voleurs, joue un pithécanthrope à natte dans « ZARDOZ » (un rôle écrit pour Burt Reynolds), un colonel de l’Armée des Indes dans « LE CRIME DE L’ORIENT-EXPRESS ». Il connaît une année 1975 faste avec trois de ses meilleurs rôles d’affilée : le Robin des bois perclus de rhumatismes de « LA ROSE ET LA CONNERY (2)FLÈCHE », le bandit berbère dans « LE LION ET LE VENT » où il a des répliques savoureuses (« Vous m’êtes une grande perturbation ») et le soldat de fortune dans « L’HOMME QUI VOULUT ÊTRE ROI », où il forme un tandem inoubliable avec Michael Caine.

Connery tourne énormément, parfois à tort et à travers, mais met souvent dans le mille. Il est excellent en ‘marshal’ de l’espace dans « OUTLAND : LOIN DE LA TERRE », en voleur élégant dans « LA GRANDE ATTAQUE DU TRAIN D’OR ». Avec l’âge il se spécialise dans les personnages de mentors autoritaires et charismatiques : le moine enquêteur dans « LE NOM DE LA ROSE », l’hidalgo immortel dans « HIGHLANDER » et sa première sequel, le père d’Indy dans « INDIANA JONES ET LA DERNIÈRE CROISADE » où Connery est un régal de chaque seconde, le patriarche cambrioleur de « FAMILY BUSINESS », le capitaine russe looké comme Nemo dans « À LA POURSUITE D’OCTOBRE ROUGE », le chercheur misanthrope dans « MEDECINE MAN », l’ancien as des services secrets évadé d’Alcatraz dans « ROCK ». Il est un avocat manipulé dans « JUSTE CAUSE » (excellent suspense injustement méconnu), un flic nipponisant dans « SOLEIL LEVANT », le roi Arthur dans « LANCELOT », le méchant Shakespearien de « CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR » où il s’attire les pires critiques de sa carrière et qui marque un peu pour l’acteur le début de la fin.

On le revoit en cambrioleur séduisant (à pratiquement 70 ans) dans « HAUTE-VOLTIGE », CONNERY (6)en producteur de TV atteint d’une tumeur dans « LA CARTE DU CŒUR » où il forme un beau couple avec Gena Rowlands, en prof jouant les pygmalions dans « À LA RENCONTRE DE FORRESTER », dans le rôle d’un poussif Allan Quatermain dans « LA LIGUE DES GENTLEMEN EXTRAORDINAIRES » qui sera son dernier film avant qu'il n'annonce sa retraite.

Sean trouve son meilleur rôle dans un de ses films les moins connus : « THE OFFENCE » où il est un flic londonien obsédé et frustré, d’une terrible ambiguïté. Une interprétation complexe et subtile dont on ne savait pas Connery capable.

À noter qu’il apparaît dans quelques ‘caméos’ : Agammenon dans « BANDITS, BANDITS », le roi Richard à la fin de « ROBIN DES BOIS, PRINCE DES VOLEURS » et dans son propre rôle dans « MEMORIES OF ME ».

Connery prête sa voix au dragon dans « CŒUR DE DRAGON ».

À la TV, Sean Connery incarne le boxeur sonné de « REQUIEM FOR A HEAVYWEIGHT », le jeune premier de « ANNA KARÉNINE ». À la fin des sixties, il apparaît dans un des sketches de « MALE OF THE SPECIES ».

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 09:17

Remarquable actrice irlandaise, Fionnula Flanagan a fait carrière aux U.S.A. et connaît aujourd'hui un regain de popularité tout à fait surprenant, bien qu’amplement mérité. C'est elle ainsi, qui dominait la belle série « BROTHERHOOD » en jouant la matriarche du clan Caffee.

Jeune, elle apparaît dans des séries comme « BONANZA », « MANNIX » ou « KOJAK », elle est la femme de ménage exilée dans « LE RICHE ET LE PAUVRE », trouve un rôle récurrent dans la série « LA CONQUÊTE DE L’OUEST ». Plus récemment, elle apparaît dans plusieurs épisodes de « LOST » et a joué la gouvernante inquiétante dans « LES AUTRES ».

Aujourd'hui, elle fête ses 69 ans. Happy birthday, Fionnula.

FLANAGAN anniv

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 19:08

Depuis 18 mois maintenant, « WWW » s’obstine à « réclamer » dans sa rubrique « LES RÉCLAMATIONS ! » l’édition de films en DVD. Des œuvres  majeures ou mineures, soit complètement oubliées, soit négligées, soit mal pressées, soit que l’on rêve de découvrir.DUFFY

Depuis quelque temps, les grands studios américains ont décidé de stopper la sortie en DVD de films anciens, de « fonds de catalogue » jugés non rentables. Surtout depuis l’avènement du Blu-ray qui rend ce genre de produit de plus en plus obsolète. Reste que cela demeure une niche commerciale et culturelle (non, ce n’est pas un gros mot !) à ne pas totalement délaisser.

Aussi la Warner Bros a-t-elle ouvert le bal avec sa collection « WARNER ARCHIVES », éditant régulièrement des classiques, mais seulement à la demande. Les films sont en fait des DVD-R d’excellente qualité, avec des jaquettes rudimentaires, aucun sous-titre ni supplément. Mais on peut y trouver enfin, des perles qu’on croyait perdues à jamais. Plus récemment, Sony (Columbia, donc) et la MGM s’y sont mis. En France, c'est la Gaumont qui s’est également lancée.

Ce qui nous permet de comptabiliser les films « réclamés » à grands cris par « WWW » et enfin visibles par le cinéphile anglophone. En voici la liste :

 

1.     « ÉCHEC À L’ORGANISATION »

2.     « GENGHIS KHAN »

3.     « NUMBER ONE »

4.     « DUFFY, LE RENARD DE TANGER »

5.     « HARRY, GENTLEMAN PICKPOCKET »

6.     « MARSEILLE CONTRAT »

7.     « PASSEUR D’HOMMES »

8.     « AVALANCHE EXPRESS »

9.     « ROLLING THUNDER »

10.    « DIEU SAUVE LA REINE »

11.    « TOUT PRÈS DE SATAN »

12.    « LE MAÎTRE DU MONDE »

13.    « TONNERRE APACHE »

 

Un excellent début, non ?

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 17:37

La série « LES TÊTES BRÛLÉES » qui n’a connu que trois saisons de 13 épisodes chacune à partir de 1976, a néanmoins laissé une empreinte indélébile à tous ceux qui l’ont découverte au fil des (re)diffusions. Le personnage de Greg ‘Pappy’ Boyington a même réussi à faire oublier James T. West, l’autre rôle emblématique de Robert Conrad

« FLYING MISFITS » est le pilote (c'est le cas de le dire !) de la série, un film de 98 minutes dont la re-vision est plus que surprenante. Pourquoi ? Pour la bonne raison qu'il a extraordinairement peu vieilli et qu'il est porté par un rythme infernal : une séquence est à peine achevée, que la suivante semble en être déjà à son milieu !

BAA BAA

Mélange détonnant des « 12 SALOPARDS » (l’officier insubordonné, la bande de gibiers de potence qu'il recrute) et du film « M*A*S*H* » pour le ton nonchalant et légèrement subversif, ce téléfilm installe avec un réel brio les composantes de la future série et campe ses personnages récurrents avec une précision bluffante. Mais c'est son « message » qui étonne le plus : un vrai héros n’a pas besoin de suivre les règles. Mieux : un vrai héros ne doit pas suivre les règles ! Pas si courant que ça, dans une série U.S. ‘mainstream’ !

Incarné avec l’énergie et la sympathie inimitables de Robert Conrad, le personnage de Boyington a réellement existé et servit d'ailleurs de conseiller technique aux tournages. Le rôle fut d’abord proposé à Charles Bronson (un peu âgé, déjà à l’époque !) avant de revenir à Conrad, qui l’a fait sien en quelques minutes de présence à l’image. Ses face à faces saignants avec le colonel Dana Elcar qui veut sa peau, sont absolument réjouissants.

Mention aussi aux séquences « en l’air », où les ‘Corsairs’ U.S. affrontent les ‘Zéros’ nippons : convaincant mélange de plans d’actualité d’époque, de transparences et de maquettes, « mixés » sans complexe, malgré de fortes variations de granulation. On s’y croirait.

Dans le casting, on reconnaît deux « fils de » : James Whitmore, Jr. et Dirk Blocker, rejeton du ‘Hoss’ de « BONANZA », l’excellent Simon Oakland en général rigolard, Sharon Gless en infirmière peu farouche et Charles Napier dans un petit rôle de chef d’escadron incompétent.

 

À NOTER : un coffret contenant les 3 saisons de la série est disponible pour la période des fêtes, à un prix tout à fait abordable. Le titre original peut se traduire par « BÊÊÊ ! BÊÊÊ ! MOUTONS NOIRS ». Pour une fois, on ne regrettera pas le titre français !

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 11:25

G.ROWLANDSIl aura fallu attendre la mort de son époux John Cassavetes et la réédition de ses meilleurs films, pour qu’éclate une évidence aveuglante : Gena Rowlands est une des plus grandes comédiennes du cinéma contemporain.

Pour Cassavetes, elle est une mère d’enfant attardé dans « UN ENFANT ATTEND », une call-girl dans « FACES », une bourgeoise désabusée épousant un beatnik dans « AINSI VA G.ROWLANDS (1)L’AMOUR », une mère de famille déséquilibrée dans « UNE FEMME SOUS INFLUENCE » (un véritable maelström d’émotions souvent imité, jamais égalé), une star de théâtre vieillissante dans « OPENING NIGHT », une paumée à la dérive dans « TORRENTS D’AMOUR » et aussi et surtout « GLORIA » la sublime héroïne de ‘film noir’, l’ex-stripteaseuse dure à cuire qui affronte la mafia pour protéger un morveux insupportable. Ce n’est certes pas Sharon Stone qui tourne en ‘97 le remake de ce film (pourtant signé G.ROWLANDS (3)Sidney Lumet), qui fera oublier Gena…

Elle est aux côtés de John, une ex-braqueuse sortie de taule dans « LES INTOUCHABLES », sa femme partie avec Vittorio Gassman dans « TEMPÊTE » et celle de David Janssen dans « UN TUEUR DANS LA FOULE ». Nick le fils qu’elle eut avec Cassavetes, prend la relève du papa en ‘96, en offrant à Gena le rôle d’une veuve quinquagénaire apprenant l’indépendance dans « DÉCROCHE LES ÉTOILES » et celui d’une femme âgée souffrant de la maladieG.ROWLANDS (2) d’Alzheimer dans « N’OUBLIE JAMAIS ». Elle apparaît brièvement dans son second film, « SHE’S SO LOVELY » dans un ‘caméo’, en psychologue visitant Sean Penn en HP. Sa fille Zoe la fait également tourner dans « BROKEN ENGLISH ».

Gena habite de son jeu à fleur de peau et de son humour tout en autodérision d’autres personnages : la jeune mariée de « L’AMOUR COÛTE CHER », l’amour inaccessible du cowboy Kirk Douglas dans « SEULS SONT LES INDOMPTÉS », la femme riche de « TONY ROME EST DANGEREUX », l’épouse stoïque d’un petit braqueur dans « TÊTES VIDES CHERCHENT COFFRE PLEIN », l’agent de casting de « UNE NUIT SUR TERRE », la mère de famille chaleureuse de « CE CHER INTRUS », la femme du Sud de « AMOUR & MENSONGES », la mère de Sandra Bullock dans « AINSI VA LA VIE ». Elle est une veuve menacée de perdre la vue dans « PAULIE, LE PERROQUET QUI PARLAIT TROP », la mamie anxieuse du héros dans « LES PUISSANTS », la femme de Sean Connery dans « LA CARTE DU CŒUR » (beau couple !), la mère du serial killer de « DESTINS VIOLÉS ». On l’aperçoit dans un sketch de « PARIS, JE T’AIME ».

G.ROWLANDS (5)

Après des années de seconds rôles indignes d'elle, Gena surprend encore dans « LA PORTE DES SECRETS », en grande dame du Sud possédée par un esprit démoniaque.

Gena Rowlands trouve un de ses plus beaux rôles dans « UNE AUTRE FEMME », chef-d'œuvre sous-estimé où elle rayonne littéralement en quinqua trop cérébrale qui voit sa vie s’effriter peu à peu.

À la TV, elle joue l’épouse sourde-muette du héros de la série « 87TH PRECINCT », apparaît en récurrente du soap « PEYTON PLACE », puis en épouse d’un ex-malfrat et d’un business G.ROWLANDS (4)man dans deux « ALFRED HITCHCOCK PRÉSENTE », elle retrouve son « ex » (Cassavetes, bien sûr !) dans « THE ALFRED HITCHCOCK HOUR », joue une comtesse diabolique dans « ANNIE AGENT TRÈS SPÉCIAL », l’épouse infirme de l’assassin dans « COLUMBO », la mère d’un garçon transplanté dans « THURSDAY’S CHILD », la fille mourante de Bette Davis dans « STRANGERS », elle tient le rôle-titre de « THE BETTY FORD STORY », joue la femme rancher dans « MONTANA », une bourgeoise qui se retrouve à la rue dans « FACE OF A STRANGER », une chef de famille dans « CRAZY IN LOVE ». Elle est en tête d’un incroyable casting dans « PARALLEL LIVES / LE LABYRINTHE DES SENTIMENTS », pourrit la vie de sa fille dans « WILD IRIS ».

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 09:25

CASSAVETESLes années 90 ont démarré sur la réhabilitation via la France (et Gérard Depardieu !) du réalisateur indépendant John Cassavetes, dont les œuvres sont ressorties en Europe, ont été célébrées à Cannes et ont enfin rencontré leur public. Reconnaissance hélas, post mortem puisque le grand John était déjà mort depuis cinq ans. De nombreux ouvragesCASSAVETES (1) souvent inutilement intellectuels ont fleuri depuis, sur sa carrière d’auteur humaniste, occultant un peu sa singularité en tant que comédien, au CASSAVETES (3)style d’abord très  marqué par « la Méthode », agressif, dissimulant une vraie chaleur humaine derrière une ironie grinçante et une insolence chères aux rebels des sixties.

Dans ses propres films, Cassavetes est un des époux fugueurs et imbibés de « HUSBANDS », le boy friend odieux de Gena Rowlands dans « AINSI VA L’AMOUR », l’acteur lâche et cassant de « OPENING NIGHT » et le paumé à la dérive de « TORRENTS CASSAVETES (2)D’AMOUR », où il apparaît amaigri et subitement vieilli. Il a réalisé d’autres œuvres inoubliables comme « UN ENFANT ATTEND », « FACES », « MEURTRE D’UN BOOKMAKER CHINOIS » ou le sous-estimé « GLORIA », sans apparaître dedans.

Il fait forte impression dans divers autres rôles à la mesure de sa séduction ombrageuse : le romancier s’installant aux Caraïbes de « VIRGIN ISLAND », le déserteur asocial de « L’HOMME QUI TUA LA PEUR », le jeune cowboy névrosé de « LIBRE COMME LE VENT », le coureur automobile suicidaire de « À BOUT PORTANT », le braqueur implacable de « LES INTOUCHABLES » qu'il transcende par sa seule présence (et celle de Gena Rowlands), le SWAT dans « UN TUEUR DANS LA FOULE », le caïd dans une séquence de « CAPONE », le manipulateur manchot deCASSAVETES (4) « FURY », le « mandarin » inflexible de « C’EST MA VIE, APRÈS TOUT ».

Ses rôles les plus célèbres demeurent Franko, l’ex-mafioso indomptable, le plus rebelle des « 12 SALOPARDS » et Guy, le comédien vendu au Démon dans « LE BÉBÉ DE ROSEMARY » où il cultive l’ambiguïté en virtuose. Sans oublier « MIKEY & NICKY » film éminemment ‘cassavetsien’ qu'il n’a pourtant pas réalisé lui-même, et dans lequel il joue une « balance » traquée, en tandem avec Peter Falk, son acteur-fétiche.

Cassavetes trouve son meilleur rôle dans « TEMPÊTE », le petit chef-d’œuvre oublié de Paul Mazursky, où il incarne un architecte dépressif exilé en Grèce. Un véritable Prospero actualisé. La scène où il « commande » les éléments est un sommet de sa carrière de comédien et pourrait le résumer tout entier.

CASSAVETES (5)

Cassavetes forma avec son épouse Gena Rowlands un des plus beaux couples de cinéma de l’Histoire.

À la TV, on s’en souvient pour sa série « JOHNNY STACCATO » où il campe un détective jazzman. On le voit deux fois en évadé dans « ALFRED HITCHCOCK PRÉSENTE », en Sud-Américain contaminé dans « NO PASSPORT FOR DEATH », en délinquant dans un « RAWHIDE », en acteur ambitieux (et ex de Gena Rowlands !) dans « THE ALFRED HITCHCOCK HOUR », en chef d’orchestre assassin dans « COLUMBO », en manager de boxe dans « FLESH & BLOOD ». Les Français ont tourné un film documentaire après sa mort, intitulé « ANYTHING FOR JOHN ».

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 08:47

John Cassavetes, le mari de Gena Rowlands, le réalisateur qui a marqué et influence encore des générations de réalisateurs sans le sou, l’acteur au style grinçant et au visage tourmenté… Bref, John Cassavetes le seul et unique, aurait fêté ses 81 ans aujourd'hui. Et s’il avait vécu, il tournerait certainement encore des films bricolés, avec ses potes octogénaires… Et sa femme !

Et il partage cette journée avec son aîné Kirk Douglas – qui fut son partenaire dans « FURY » de Brian DePalma – qui lui a ce même jour pas moins de 94 printemps. Et qui tourna d'ailleurs avec Gena Rowlands dans « SEULS SONT LES INDOMPTÉS ». Happy birthday, guys !

CASSAVETES DOUGLAS anniv

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 18:49

Comment se fait-il que « L’ODYSSÉE D’UN SERGENT » (« SGT. RYKER » en v.o.) un filmSGT. RYKER avec Lee Marvin en vedette, sorti en salles en 1965, dans la foulée de son Oscar pour « CAT BALLOU », n'ait jamais été édité en DVD ? Et surtout, pourquoi personne n’en a-t-il jamais entendu parler ?

Peut-être parce que c'est un film qui n’existe pas. C'est tout bête. C'est encore d’une de ces escroqueries montées à la va-vite pour profiter du succès d’un comédien. Il s’agit en fait d’un épisode double de la série anthologique « KRAFT SUSPENSE THEATRE », intitulé « THE CASE AGAINST PAUL RYKER », diffusé à la télévision U.S. en 1963.

Le scénario est alléchant : un sergent (Marvin) reçoit pour mission, pendant la guerre de Corée, de « déserter » et d’infiltrer les rangs nord-coréens. Il réussit si bien, qu'il est nommé major ! Capturé par les Américains, il est jugé pour haute trahison. Il a beau jurer qu'il était en SGT. RYKER (1)mission secrète, son supérieur décédé depuis, est incapable de témoigner (forcément...) qu'il dit la vérité. Mais… La dit-il vraiment ?

Ce ‘courtroom drama’ est également interprété par Vera Miles qui après avoir été terrorisée par Marvin dans « L'HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE » devient sa femme, Bradford Dillman, notre ami Peter Graves, Lloyd Nolan, Murray Hamilton et Norman Fell. La réalisation est assurée par le faiseur Buzz Kulik et la BO signée John Williams.

Re-monté pour atteindre une durée de 85 minutes, « L’ODYSSÉE D’UN SERGENT » jadis sorti en VHS aux U.S.A., mériterait une petite ressortie en DVD. Même s’il n’existe pas.

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 17:22

Le film entame son long marathon de 2 H 15 par la prise de Nankin par les Japonais. Et ce début dans la ville déjà en ruines, avec ces snipers embusqués, fait immédiatement penser à « FULL METAL JACKET ». Ensuite, quand les vainqueurs prennent possession des lieux et desCITY survivants, le CinémaScope noir & blanc, la montée progressive de l’horreur et de l’émotion, la prise de conscience de certains personnages renvoient plutôt à « LA LISTE DE SCHINDLER ». Pas de mauvaises références ! Et « CITY OF LIFE AND DEATH » sans égaler ses prédécesseurs n’en est pas indigne non plus.

C'est avec pudeur que le réalisateur montre ce dont sont capables les hommes quand ils en tiennent d’autres sous leur coupe. Les séquences de bordels improvisés, où les soldats nippons se défoulent sur quelques survivantes faméliques et malades, jusqu'à la mort, sont absolument écœurantes.

Le film chamboule des certitudes : ainsi le « juste » qui tente de sauver quelques âmes n’est autre qu’un vieil Allemand. Et surtout… un nazi ! Son secrétaire chinois, un collabo obséquieux et soumis, évolue progressivement jusqu'à devenir une figure héroïque. Quant aux deux officiers japonais, le monstre froid et l’à peu près humain, nul n’est besoin de se demander lequel s’en sortira dans ce monde-là.

« CITY OF LIFE AND DEATH » est un film parfaitement maîtrisé, jamais long ou ennuyeux, parsemé de quelques piques émotionnelles très puissantes. Il faut cependant avoir le cœur bien accroché et surtout un moral d’acier pour encaisser ces deux heures âpres et sans aucune concession sentimentale. « War is hell », dit-on. Et cet enfer ressemble fort à Nankin.

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 06:33

Jeune premier athlétique et ‘All American’ des années 50, il fut l’acteur-fétiche d’Howard Hawks qui l’utilisa dans « LA CHOSE D’UN AUTRE MONDE », « LA CAPTIVE AUX YEUX CLAIRS » et « LA TERRE DES PHARAONS ».

Sans son mentor, on a vu Dewey Martin en évadé dans « LA MAISON DES OTAGES », en frère Younger dans « KANSAS EN FEU », en soldat dans « LE JOUR LE PLUS LONG ».

Il s’est retiré des écrans depuis la fin des seventies. Aujourd'hui, il fête ses 87 ans. Happy birthday, Dewey.

D.MARTIN anniv

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