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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 05:42

D’entrée, dès les premières images, « WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN » met mal à l'aise. La confusion règne, les plans s’enchaînent, agressifs, énigmatiques, chargés de violence et de malheur. C'est l’introduction à un film construit de façon kaléidoscopique, qui traite d’un sujet rarement abordé au cinéma parce que franchement tabou : l’absence d’amour d’uneKEVIN mère pour son propre enfant.

Dès la naissance, dès les premiers pleurs, Tilda Swinton n’éprouve rien pour son fils, à part une exaspération croissante, qui se transforme en répulsion, puis progressivement en haine réciproque. Le gamin lui, grandit dans cet environnement qui pourtant maintient les apparences, et se mue peu à peu en sociopathe dangereux. Jusqu'à l’horreur finale.

Entièrement centré sur ses deux personnages principaux, le film floute délibérément le reste. On ne sait pas vraiment ce que font les parents comme métier, on ne sait rien de leur famille, de leurs amis. Le décor, c'est la maison et le sujet, la fabrication silencieuse et inéluctable d’un monstre généré par le manque d’amour. Dire que le film est inconfortable est une douce litote. Il est carrément suffocant, d’autant qu'il est extrêmement bien joué par l’étrange Swinton et le jeune et glauque Ezra Miller. En père aveugle et inconscient, John C. Reilly est parfait, comme toujours.

Bien sûr, on pourra discuter de la pertinence de ce scénario qui rejette toute la responsabilité sur les épaules de la mère. ‘Kevin’ est un monstre parce que sa maman s’est montrée distante et a fait semblant de l’aimer. Est-ce suffisant pour devenir un ‘mass murderer’ ? Possible… N’y a-t-il pas des prédispositions ? Quoiqu’il en soit, ce film stylisé, esthétiquement soigné, froid et implacable, traite son sujet à fond, sans faux-fuyants et oblige à ses poser des questions très dérangeantes. Ce qui n’est déjà pas si mal…

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commentaires

Marc Provencher 15/02/2013 19:02

Ah bon ! Me voilà rassuré. Mais je ne crois pas que le film veuille tenir une espèce de discours d'explication valable pour tous les tueurs - seulement celui-là. Je flaire un malentendu un peu
comme avec 'Le Conformiste', dont certains interprètent le titre dans un sens bêtement sociologique - comme voulant dire "le fasciste moyen", moutonnier, etc - alors qu'il s'agit au contraire d'un
cas limite, hautement révélateur mais pas du tout "moyen". Enfin, voilà. D'autres tueurs en série ou de masse peuvent surgir pour des tas d'autres raisons que celles invoquées dans le film pour
expliquer ce personnage de tueur-là. Ou pour le dire autrement, un désamour réel comme celui de maman Swinton cause forcément de sérieux dégâts, quoique pas forcément homicides...

Marc Provencher 15/02/2013 15:58

« ‘Kevin’ est un monstre parce que sa maman s’est montrée distante et a fait semblant de l’aimer. Est-ce suffisant pour devenir un ‘mass murderer’ ? Possible… N’y a-t-il pas des prédispositions ?
»

Quelle actrice cette Swinton, eh ? Mais pour une très rare fois, cher Jay Walk, je dois ici sortir du cinéma. L'hypothèse exprimée par ce film ne prétend pas expliquer tout et n'importe quel 'mass
murderer' : seulement quelques-uns. Ce manque d'amour intensif, c'est UNE des façons dont cela peut arriver.

Mais des « prédispositions » ? A-hem. J'ose espérer que tu n'entends pas par là innées, comme dans "déterminisme biologique", ou les théories de l'hérédité criminelle et tout ça...

Fred Jay Walk 15/02/2013 17:29



Non. Je veux simplement dire que ça m'a semblé un peu simple de tout mettre sur le dos de la mère. Mais comme on dit en bon français "What do I know" ?



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