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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 13:54

DW1« UN JUSTICIER DANS LA VILLE » (le titre anglais « DÉSIR DE MORT » était quasi-intraduisible) devait être celui de la consécration de Charles Bronson aux U.S.A., mais allait également marquer les limites de son vedettariat. Inspiré d’un roman de Brian Garfield, le DW1 (1)film fut d’abord soumis à Henry Fonda et Burt Lancaster, comédiens sexagénaires et « intellectuels », qui auraient par leur imageDW1 (2) libérale, apporté l’ambiguïté nécessaire au sujet, présente dans le roman.

Mais le personnage de ‘Paul Kersey’ fut étonnamment proposé à Bronson. Pourtant ce sujet sur l’autodéfense et la justice individuelle, nécessitait un acteur « neutre » permettant l’identification instantanée, voire l’empathie du public. Bronson lui-même pensa que quelqu'un comme Dustin Hoffman serait plus approprié. De comptable dans le roman, Paul Kersey devint architecte, DW1 (3)l’apparence physique de l’acteur fut légèrement altérée en affinant sa moustache et en l’habillant de costumes élégants. Ce casting, malgré le succès que rencontra leDW1 (5) film, fausse irrémédiablement le message véhiculé par l’auteur.

Desservi par deux décennies de films d’action, de rôles de tueurs ou de pistoléros, Bronson a bien du mal à convaincre qu'il est objecteur de conscience, pacifiste et qu'il vomit tripes et boyaux après avoir abattu son premier voyou. Le comédien se donne du mal et se montre même très convaincant dans plusieurs séquences, mais son image est tellement forte, si profondément ancrée dans l’inconscient collectif et depuis si longtemps, que « UN JUSTICIER DANS LA VILLE » se réduit au bout du compte et malgré tout, à une histoire de vengeance westernienne et Kersey, de citoyen lambda « pétant un câble », s’avère plutôt être un vengeur implacable, version urbaine de l'homme à l’harmonica. Les allusions au Far West sont de plus trop nombreuses, du voyage en Arizona au face à face final avec le commissaire, pour qu’on puisse en faire abstraction.

DW1 (4)

Pourtant, pour la première fois, Bronson joue un homme de son âge, il a une femme de 50 ans, une grande fille, un job « normal » et des collègues. Il est intégré à une réalité sociale, généralement absente de ses films. Mais Michael Winner n’était probablement pas l'homme de la situation non plus et sa réalisation trop voyante, la direction d’acteurs approximative caricaturant grossièrement des personnages comme le flic ou même les loubards, neDW1 (6) servent pas le propos.

Malgré ses défauts, « UN JUSTICIER DANS LA VILLE » parvient – presque à l’insu de son plein-gré – à capturer l’air du temps des seventies, l’atmosphère d’un New York glacial et pourrissant, l’état d’esprit d’une Amérique encore traumatisée par le Vietnam et à la recherche de ses racines héroïques. Même si elles sont, pour la plupart complètement fictives. En fait, à bien y réfléchir, pour traiter à fond le sujet tel que l’imaginaient Winner et ses producteurs, c'est... John Wayne qui aurait dû incarner le ‘vigilante’ ! Cela demeure encore aujourd'hui, un polar tout à fait plaisant et efficace, très putassier, mais étrangement irrésistible.

À noter, parmi les petits rôles, la présence de Jeff Goldblum et Denzel Washington en loubards et Olympia Dukakis en fliquette.

À sa sortie aux États-Unis, « UN JUSTICIER DANS LA VILLE » connut un énorme retentissement, fit la une des médias et souleva une polémique qui lui assura une publicité gratuite.

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commentaires

Marc Provencher 01/05/2013 14:47

Hum, à l'oreille, comme ça, ça sonne comme une "RÉCLAMATION"... Non ?

Marc Provencher 30/04/2013 18:25

Allez, tu l'as bien méritée, gros gourmand : voici une scène du film, celle de l'attentat.

http://www.vodkaster.com/Films/Un-bourgeois-tout-petit-petit/45581

Fred Jay Walk 30/04/2013 20:41



JE VEUX LE VOIR !!!!!!!!!!!!!!



Marc Provencher 30/04/2013 05:07

Il reste une ambivalence dans le traitement qui rend le film plus que regardable, parce qu'en définitive le spectateur est autorisé à penser ce qu'il veut de Paul Kersey. Selon la réflexion de qui
regarde, le sourire de Bronson dans la scène finale peut être pris avec jubilation ou faire froid dans le dos.

En tout cas ce finale m'a renvoyé directement à celui de 'Un bourgeois tout petit petit', tourné trois ans plus tard, qui raconte foncièrement la même histoire tout en lui donnant une orientation
tout autre... même si là aussi on laisse le spectateur à ses conclusions. (Et bien sûr Sordi au lieu de Bronson, c'est vraiment pas pareil !). Mais bien sûr, il me faudrait le DVD : je ne l'ai pas
revu depuis un bon quart de siècle.

Fred Jay Walk 30/04/2013 08:55



J'aimerais beaucoup voir ce "BOURGEOIS..." !



larcheau 21/01/2013 18:20

Le réalisateur nous a quitté aujourdhui !

Patrick 23/09/2012 15:25

Je l'ai revu récemment il m'a fait moins d'effet qu'à ma 1ère vision mais il reste pour moi un film cule.
Le 1er est le meilleur des 5 car les suites sont mauvaises.

Dino Barran 23/09/2012 11:37

Tout-à-fait d'accord avec ton analyse du background bronsonien qui nuit à la crédibilité du film. Cependant nous retrouvons la notion de contre-emploi sur laquelle nous avons un désaccord au sujet
de PRÉSUMÉ INNOCENT.
As-tu vu DEATH SENTENCE dont parle Daniel ?

Fred Jay Walk 23/09/2012 11:47



J'ai vu, oui. Et bien aimé. Mais il ne m'en reste quasiment rien, à part le souvenir d'une poursuite dans un parking aérien brillamment filmée. Il faudrait le revoir, celui-là...



Dino Barran 22/09/2012 22:34

Ce qui m'a gêné ce n'est pas l'interprétation de Bronson, que je trouve correcte. Hoffman aurait évidemment fait l'affaire, mais il avait déjà joué le rôle de l'intello saisi par la violence dans
LES CHIENS DE PAILLE.
En revanche la mise en scène des personnages de flics est proche de la comédie; il en est de même de certains voyous. Cela nuit à l'équilibre du film.

Fred Jay Walk 23/09/2012 07:33



L'interprétation de Bronson est en effet irréprochable. C'est simplement son choix pour ce rôle qui est discutable.



Val 22/09/2012 17:02

Un polar mal fichu, trainant une réputation sulfureuse et ayant pour vedette un acteur quinqua déjà bien "typé" vengeur...Et pourtant...
Pour répondre à Kinskiklaus, je dirais que Bronson, contrairement à Eastwood, n'en avait rien à faire du cinéma : pour lui, ce n'était qu'un boulot. Ce qui explique peut-être aussi qu'il a finit
par se "fossiliser" dans le personnage de justicier...

Kinskiklaus 22/09/2012 16:18

Excellent film que je n'ai cependant pas revu depuis un certain temps. Je ne peux m'empêcher de faire le parallèle avec DIRTY HARRY. Tout comme Charley, Clint aurait pu littéralement ruiner sa
carrière artistique après ce film. L'un a su gérer sa carrière, l'autre non.

DANIEL 22/09/2012 14:25

Il faut avoir lu le roman de Brian Garfield pour comprendre que Bronson n était pas fait pour ce role et Lancaster et Fonda encore moins!Hoffman,par contre,était une très bonne idée!Le
film,réellement tiré du roman,avec Kevin Bacon est formidable et un petit post,Fred,me semble bien mérité pour compléter la liste.Cela dit,"Un justicier dans la ville" reste une oeuvre marquante
qui a engendré ,en dehors des suites,multiples films et ce encore aujourd hui et pour ma part je trouve Bronson excellent,un de ses meilleurs roles assurément.

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