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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 09:35

HOMME MORT (1)Considéré aujourd'hui comme un des meilleurs polars de Jacques Deray, « UN HOMME EST MORT » est un bien curieux film. En fait, il semble en contenir deux dans le même métrage : d’abord un passionnant qui se veut une épure « melvillienne » au scénario HOMME MORTdélibérément linéaire, au dialogue rare, aux personnages uniquement définis par leurs actions. Et un second qui l’est beaucoup moins et qui tente d’insérer au forceps une guerre des gangs mafieuse à la narration télévisuelle d’une navrante banalité. De plus, exploitéHOMME MORT (2) en v.f. en France, le film en perd une grande partie de son intérêt. Tout le monde s’exprime dans un parfait français et on perd le côté « poisson hors de l’eau » de ce personnage d'étranger perdu dans un L.A. inconnu et menaçant. Un peu le même problème que rencontrera « FRENCH CONNECTION 2 » trois ans plus tard, mais dans l’autre sens. 

Ceci établi, il y a pas mal de bonnes choses à apprécier dans « UN HOMME EST MORT » : l’aspect documentaire de la réalisation, l’utilisation de lumières naturelles plutôt rare à l’époque, la présence de Jean-Louis Trintignant dans sa grande période. Il est fascinant en petit « frenchie » impassible, opaque, voire carrément antipathique, devenu le bouc-HOMME MORT (4)émissaire d’une embrouille entre gangsters américains. C'est son mystère, son visage fermé, qui cimentent tout le film et lui donnent sa cohésion. À ses côtés, des vétérans U.S. qui refont consciencieusement ce qu'ils ont déjà fait cent fois ailleurs : Ann-Margret en bonne fille à forte poitrine, Angie Dickinson en veuve manipulatrice et l’irremplaçable Roy Scheider en ‘hitman’ élégant et opiniâtre. On peut se montrer plus circonspect sur l’arrivée vers la fin de… Michel Constantin, qui semble débarquer d’un Lautner. À noter qu’on aperçoit Alex Rocco et Talia Shire, qui feront la même année, partie du casting du « PARRAIN ».

Malgré des défauts qui sautent aux yeux, « UN HOMME EST MORT » vaut le détour pour son utilisation de Los Angeles filmé sans folklore ni réelle fascination, pour son regard parfois acerbe (la femme que Trintignant prend en otage, qui prend goût aux médias) et pour sa fin nihiliste et son dernier plan déconcertant. Mais – répétons-le – c'est certainement un film qu'il faut voir en Anglais, pour en goûter toutes les nuances.

HOMME MORT (3)

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Published by Fred Jay Walk - dans POLAR - FILM NOIR ET ACTION
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commentaires

valcogne.over-blog.com 16/12/2012 20:55

Etrangement j'ai vu ce film...au Maroc, pendant un long séjour, dans un cinéma de Marrakech. Il m'avait vraiment déplu. Vu cette critique, je le regarderai à nouveau pour voir si avec 40 ans
d'écart, je vois une différence.

Dino Barran 16/12/2012 15:31

Bien d'accord, cher Fred, film à voir impérativement en anglais. Du reste le titre américain est beaucoup plus intéressant et évocateur.
Le regard porté par Deray sur Los Angeles ne manque pas d'intérêt non plus : la jetée de Venice, les Hell's angels, les séquences dans le funerarium... Ces séquences contribuent à un aspect
légèrement insolite à ce bon film. Il y manque sans doute un grain de folie supplémentaire dans un scénario un peu trop linéaire (comme tu le dis justement).
Je te rejoins sur les actrices qui manquent un peu de conviction. Mais Constantin et Scheider sont très bons. Et c'était évidemment la grande époque "traquée" de Trintignant entre LA COURSE DU
LIÈVRE et L'ATTENTAT - cette fois-là, c'est Scheider qui le flinguait. "Un grand petit acteur" comme disait un critique de l'époque.

Kinskiklaus 15/12/2012 13:56

Un film dont j'ignorais tout jusqu'à le lecture matinale de cet article. Il titille ma curiosité, donc je le verrai probablement dans peu de temps. Et retrouver Roy Sheider fait partie de mes
petits plaisirs cinéphilique.

verdun 15/12/2012 13:29

Film assez passionnant et trompeur.
A première vue, il s'agit d'une copie des films de Siegel ou du Point de Non Retour par des Français qui essaient de concurrencer le polar us sur son propre terrain.
Quand on y regarde de plus près, c'est un film assez décalé et très singulier, d'une froideur fascinante, qui multiplie les situations décaléés: le vieux gangster momifié, Roy Scheider livré devant
la grille de ses employeurs, la dernière image...
Le casting est excellent, notamment le duel Trintignant- Scheider. Idem pour la musique de Michel Legrand.
Dommage effectivement que le public français n'ai pas accès à "the outside man", version en anglais et en 1/85 qui doit encore revaloriser le film vers le haut.

Pour en terminer sur cet excellent film, voici ce qu'en disait Trintignant dans son livre "Un homme à sa fenêtre":
"c'est un film bressonnien. Il n'a plu ni aux admirateurs de Bresson ni à ceux de Deray. Moi qui admire les deux j'aime beaucoup le film".

Patrick 15/12/2012 11:38

J'aime bien ce polar et comme vous dites il est sans doute imparfait mais au moins c'est nerveux, vif et ça va droit à l'essentiel, pas de blablas pompeux à la Tarantino.
Dommage que le cinéma français ne sait plus faire ce type de cinéma.

Askel 15/12/2012 11:13

C'est vrai que French Connection II doit impérativement être vu en VO, car dans la VF certaines scènes de quiproquo perdent tout leur sens (quand Popeye demande un hamburger par exemple), et puis
Bernard Fresson se débrouille plutôt bien en anglais. Même problème pour Le chacal (la version de 1973), mais dans l'autre sens, dans la VO, tout le monde parle un anglais parfait (contrairement à
French Connection II, où seuls les personnages qui doivent parler à Popeye le font en anglais), même la concierge parisienne !

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