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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 11:03

Que c'est bon un polar, quand c'est bon !

À voir « THE MAN FROM NOWHERE », on ressent le même genre d’excitation que lors de la découverte des premiers John Woo arrivés en France. Mais ce film coréen fait preuve d’une maturité exceptionnelle, ne cède à aucun chichi décoratif, esquive les ralentis, les fusillades à deux flingues aux chargeurs illimités et autres glissades sur le dos. Ici, tout est au service de l’histoire qui – bonheur inespéré – est bien construite, prend soin de camper de vrais personnages et a même l’élégance de ne pas tout expliquer à grands coups de tirades dialoguées.MAN NOWHERE

Le héros, une sorte de super-soldat des services secrets retiré du monde et devenu… prêteur sur gages, planqué derrière une frange qui lui dissimule le visage, est magnifiquement campé par Bin Won, d’une sobriété et d’un charisme stupéfiants. Il réussit à dégager le danger, l’ambiguïté qu’a toujours recherché un Keanu Reeves par exemple, sans jamais y parvenir tout à fait. Une belle et simple idée de réalisation le rend quasi-mythique : la plupart du temps, on ne le voit pas agir. On ne voit que le résultat (dévastateur) de ses actions. Un peu cette vieille technique utilisée dans les westerns : le montage évitait de montrer le héros en train de dégainer. On le voyait directement faire feu, ce qui donnait une impression d’extrême rapidité. C'est le même principe remis au goût du jour. La relation de cet homme en noir avec la fillette mal-aimée est dépourvue de guimauve et de sentimentalisme à deux balles (point faible de Woo). Elle est l’enfant qu'il n’a jamais pu avoir et pour elle, il reviendra dans le monde des vivants, pour semer la mort.

À noter le formidable Nemesis qu’est cet homme de main impassible, aussi sanguinaire qu’inattendu dans ses réactions. Là encore, son acte héroïque ne sera pas montré. Juste sa conséquence. On ne sent pas les deux heures passer, on reste accroché à son siège, on ne voit rien venir. C'est devenu tellement rare qu’on n’a même pas envie de chercher la petite bête. « THE MAN FROM NOWHERE » est un festin pour l’amateur de vrais polars à la diète depuis trop longtemps.

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Published by Fred Jay Walk - dans INCURSIONS ASIATIQUES
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commentaires

lemmy 04/06/2012 14:06

Je viens de revoir pour le seconde fois ce "The man from nowhere". Sombre mais pas aussi désespérant et "glauque", qu'un "The chaser" - je précise que le terme de "glauque" n'est ici pas du tout un
critère moral ou de jugement - car avec un peu de lumière au bout, voire du lacrymal (J'essaie de ne pas spolier pour les unes ou deux personnes qui vont lire ce commentaire). Les méchants sont
méchants, très méchants, les flics sont cons (mais un peu moins que dans les films coréens que j'aie vus où ils font peur). Effectivement, il y a un personnage de Nemesis qui est intéressant car
dans le non-dit absolu ; l'acteur est très bon et a un indéniable charisme. L'acteur principal est un chevalier noir, qui est très bien présenté et on ne fait pas gaffe à son côté bellâtre minet.
De grosses recettes (faut le dire) qui marchent dans un environnement coréen toujours aussi sombre. A quand un film français de ce style ? : jamais.

Prochaine étape : "The murderer".

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