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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 17:36

KILLER (2)À sa sortie, « THE KILLER » fit l’effet d’une bombe dans le cinéma d’action. Les fusillades apocalyptiques, Hongkong, les tueurs chevaleresques, les cascades ébouriffantes, tout était nouveau, stupéfiant. Depuis, tout le monde a plagié John Woo, a pillé son style, caricaturéKILLER (1) ses effets, ses tics de mise en scène, n'importe quel Willis ou Seagal a pensé qu'il suffisait de tirer avec deux flingues en même temps en glissant sur le dos, pour égaler Chow Yun-Fat. KILLER (3)Alors… Que reste-t-il aujourd'hui de « THE KILLER », vingt ans et des poussières plus tard ?

Au premier abord, on craint le pire : les ralentis à chaque détour de plan, les chansons sirupeuses, les dialogues emphatiques, tout semble ringard et vieillot. Et puis, sans qu’on ne sente vraiment à quel moment précis, la magie finit par prendre le dessus. Par le charisme inouï de Chow Yun-Fat, princier dans ce rôle de ‘hitman’ romantique et sentimental, par cette façon primitive de traiter son sujet, frontalement, embrassant sans complexe toutes ses (multiples) influences. Woo aime Leone, Peckinpah, Melville bien sûr, mais aussi De Palma (celui de « SCARFACE ») et le plan où Ah-jong joue de l’harmonica en regardant la ville par sa fenêtre, est un saisissant raccourci de tout l’univers cinéphilique du réalisateur.

« THE KILLER » traite pas mal de thèmes, dont celui de l’amitié entre hommes. Le flic traquant le tueur est immédiatement fasciné par lui, s’identifie même à sa proie qu'il admire comme Personne idolâtrait Jack Beauregard. La vraie ‘love story’ du film, c'est entre eux KILLERqu'elle a lieu. La chanteuse aveugle n’est qu’une silhouette bâclée à l’écriture, qui passe tout le film à geindre et à pousser des cris hystériques. Non, « THE KILLER » n’est pas un film féministe ! Outre ce flic, Ah-jong a un autre ami, plus ambigu celui-là : son ‘manager’, un ex-flingueur handicapé, faible de caractère, dont la hantise est de passer pour un « chien » aux yeux de son poulain. Tout cela est à la fois extrêmement naïf et curieusement touchant, comme ces camaraderies enfantines en cour de récré.

Woo concocte quelques morceaux de bravoure magnifiques comme ce long passage qui commence par l’assassinat d’un mafieux pendant une fête locale et s’achève à l’hôpital au chevet d’une fillette blessée. Un grand moment de pur cinéma. Par contre, comme une machine qui s’emballe, le film n’en finit pas de finir, et toute la dernière partie à l’église (pleine de bougies et de colombes, comme il se doit !) est interminable et répétitive, frisant parfois le ridicule.

KILLER (4)

Mais malgré tout, « THE KILLER » n’a rien perdu de sa vigueur et porte toujours en lui des décennies de films noir, de ‘spaghetti westerns’ et de films de sabre transposés dans un Hongkong dont on ne voit d'ailleurs rien, hormis des planques de malfrats et des commissariats.

Il fut longtemps question que les Américains produisent un remake du film le plus personnel de John Woo. Heureusement, le projet n’a pas (encore) abouti.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS-CULTE DE "WWW"
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commentaires

Kinskiklaus 07/03/2011 20:05


Y a des films comme celui-ci...Rien n'y fait, la magie ne m'atteint pas! Tel ou tel ami ne cessait de me harceler avec THE KILLER à une époque. (Quoi, t'as pas vu ze killer, t'es fou ou quoi?).
J'ai fini par céder il y a huit ans. Je me suis endormi en le matant. Je retente le coup dès le lendemain, non, je n'accroche pas. Malgré tout, je retente ma chance quelques années après. Verdict:
Non, y a des films comme ça, impossible. Mes yeux n'absorbent pas l'image, l'action, l'esthétisme, le genre de film qui me laisse de marbre. Dans la même case des films "t'es fou ou quoi tu l'as
pas vu?" le SCARFACE de De Palma. Je n'irai pas jusqu'à dire que je déteste, mais je n'aime pas. (Que mon témoignage n'influence personne surtout, je délivrai mon avis personnel, rien de plus).


Fred Jay Walk 07/03/2011 20:14



Pour "THE KILLER" c'est très compréhensible. Comme je le dis plus haut, soit on "entre" dans les références de Woo, on accepte
son style, ses outrances, ses naïvetés, et c'est un grand plaisir, soit on n'entre pas et on peut trouver ça ringard et lourdingue. C'est selon...


J'avais bien aimé "SCARFACE" sans en faire un film de chevet. Il faudrait le revoir aussi, avec 25 ans de recul.



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