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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 07:45

REBELLION (2)« REBELLION » est une œuvre magnifique, d'une sobriété, d'une dignité rares, décrivant un personnage plus profond et réaliste que de coutume dans ce genre de récit : vieux lion apprivoisé, soumis depuis trop longtemps, résigné à être constamment humilié (l'ouverture montrant le vieux samouraï affrontant un... mannequin d'osier est extrêmement parlante), l'emblématique Toshirô Mifune (qui est au Japon ce que John Wayne est aux U.S.A.) se réveille quand il voit l'amour en face pourREBELLION la première fois (son fils et son épouse, amants maudits) et l'injustice aveugle dont il a lui-même toujours été victime. Il faut attendre la fin, pour que la violence explose, mais la montée de la révolte est admirablement rendue.

Souvent tué par Mifune dans les films de d’Akira Kurosawa, le génial Tatsuya Nakadai joue un rôle secondaire mais passionnant. Présenté comme une sorte de « Jiminy Cricket » de Mifune, à la fois son ami et sa mauvaise conscience, il fait tout pour éviter l'affrontement entre eux, mais finit par y céder par sens du devoir (et de la compétition ?). Beau duel, rappelant ceux du western italien, entre deux hommes qui ne se haïssent pas. Bien au contraire. Il n'en reste pas moins que par sa ruse, son ambivalence (ne fait-il pas tout, au début, pour manipuler son ami, pour le faire sortir de ses gonds ?), sa connaissance parfaite de l'âme humaine (la scène où il se joue de sa hiérarchie), Nakadai crée un personnage qui aurait pu être largement plus développé.

REBELLION (1)

« REBELLION » est un grand et beau film, sur un homme presque vieux qui à deux doigts de la mort « se sent vivre pour la première fois ». Parce qu'il a su se dresser. In extremis…

 

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Published by Fred Jay Walk - dans INCURSIONS ASIATIQUES
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Marc Provencher 07/01/2012 20:12

Peu importe que ce film soit - et à bon droit, bien sûr - un chéri des cinéphiles de cinémathèque, il est important je crois de souligner qu'un tel cinéma a beau être extraordinairement composé -
avec un goût de la géométrie qui offre une parenté avec Kubrick -, a beau jouer sur des thématiques philosophiques et historiques subtiles, sophistiquées et tout et tout, il n'existerait pas sans
ses rares (c'est fait exprès !) SÉQUENCES D'ACTION à couper le souffle.

Toshirô Mifune contre Tatsuya Nakadai dans RÉBELLION, c'est le plus beau duel de samouraïs que j'ai jamais vu ! Évidemment ça tient de tout ce qui précède, le gardien des frontières dans ses
fonctions officielles qui pose très officiellement les questions dont il connaît déjà les réponses ("Serait-tu donc Untel ?" "Aurais-tu donc l'intention de franchir la frontières sans autorisation
?"), puis sort de son personnage officiel pour demander des nouvelles du bébé, puis ils nourrissent le bébé, et puis ensuite... Ah, là, là ! J'ai toujours les cheveux dressés sur la tête quand je
regarde ce duel au sommet !

claude kilbert 15/09/2010 11:21


C'est très bien d'aborder l'oeuvre de Kobayashi, il y a ce parallélisme avec "les westerns", bien sûr, Mifune est une sorte de double de Lee Van Cleef par exemple, Sergio Leone a toujours dit qu'il
avait été influencé par ce cinéma japonais populaire, "Sepuku" autre filme phare de l'oeuvre de Kobayashi avec ses mouvements de caméras rapides,les plans séquences nerveux... Toute l'oeuvre de
Kobayashi est marqué par la lutte des classes, le combat contre les puissants et l'injustice faite au peuple! Il est intéressant de signaler que ce grand cinéaste est un militant communiste!


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