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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 09:36

Dans « PRIS AU PIÈGE », c'est une des facettes de l’American Dream qui est mise à mal : le rêve de ces jeunes filles dont l’unique ambition dans l’existence est de se trouver un CAUGHTmillionnaire à épouser et de passer le reste de leur vie à porter des manteaux de vison. La jeune Barbara Bel Geddes trouve l’oiseau rare en la personne de Robert Ryan, un richissime business man qui l’épouse sur un coup de tête (pour faire bisquer son psy, en fait !) et révèle rapidement son vrai visage : celui d’un psychopathe paranoïaque obsédé par son travail.

C'est évidemment ce personnage qui fascine le plus dans ce mélodrame teinté de ‘film noir’. Manifestement calqué sur Howard Hughes, Smith Ohlrig est un pur malade mental, un détraqué dont le seul but est de dominer, de posséder, d’écraser. Il n’est entouré que de yes-men et de parasites, comme ce factotum gay qui le suit partout.

Le scénario de « PRIS AU PIÈGE » est curieusement bâti, ellipsant des moments cruciaux comme le mariage et les premiers mois de vie commune de l’héroïne avec Ohlrig. C'est probablement le seul film qui montre une fausse-couche comme un heureux évènement et une libération. Le sourire ravi de Bel Geddes dans l’ambulance en route vers l’hôpital est très déconcertant ! Sans bébé dans les pattes, elle va pouvoir quitter son mari et vivre avec son nouveau fiancé, le gentil médecin des pauvres campé par James Mason.

Max Ophuls signe donc un bien curieux suspense psychologique, plutôt misogyne dans l’ensemble. Les relations entre l’héroïne et son mari renvoient à « REBECCA », le romanesque en moins et la love story avec le bon docteur semble trop belle pour être vraie. Famélique et fébrile, Mason crée un personnage singulier, qui paraît au moins aussi habité que celui de Ryan. Mais par autre chose ! Mais c'est ce dernier qui cimente le film tout entier, par son portrait réaliste et toxique de cet homme rongé par ses démons. C'est d’autant plus méritoire qu'il ne fait au bout du compte, rien de particulièrement monstrueux : c'est sa présence physique, la violence interne qu'il dégage qui le rendent inquiétant et odieux. Bel Geddes par son jeu appliqué et volontiers mélodramatique peine à susciter l’empathie.

Un bon film donc, assez claustrophobique, un peu gâché par une fin beaucoup trop expédiée qui laisse sur la sensation frustrante d’une queue de poisson.

CAUGHT (1)

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE ROBERT RYAN
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