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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 06:25

PLEIN SOLEIL (2)Étonnant de constater à quel point, plus d’un demi-siècle après sa sortie, « PLEIN SOLEIL » exerce toujours la même fascination inusable, provoque le même trouble, PLEIN SOLEIL (3)envoûte et implique aussi totalement. Car au fond, ce n’est qu’un polar psychologique certes pervers etPLEIN SOLEIL (1) diabolique, mais il bénéficie d’une conjugaison d’éléments qui s’harmonisent mystérieusement pour arriver à une sorte de perfection formelle absolue. Qu'il s’agisse de la photo sublime d’Henri Decae (l’Italie a-t-elle déjà été mieux filmée ?), de la BO déconcertante de Nino Rota, de l’alchimie entre les comédiens, tout est à sa place.

La mise en scène de René Clément alterne les moments soigneusement prémédités (la longue séquence où ‘Ripley’ apprend à imiter la signature) et d’autres visiblement improvisés, voire digressifs (la balade du même personnage dans un marché au poisson napolitain), les face à face dialogués au cordeau et les scènes plus PLEIN SOLEIL (4)chaotiques (la tempête sur le bateau), saisies « sur le vif ».

Mais ce qui fait fonctionner « PLEIN SOLEIL » tient en fait à la présence du jeune Alain Delon. Prédateur sociopathe déguisé en parasite inoffensif, il aimante littéralement la caméra qui ne le lâche pas d’une semelle, se permettant des gros-plans extrêmes étonnants pour l’époque, détaillant sa démarche, sa silhouette, sans jamais s’en rassasier. L’acteur a eu beaucoup de « grands rôles » au cours de sa carrière, mais aucun ne lui aura autant collé à la peau que celui-ci. Le mélange d’innocence et de cruauté qu'il dégage en font une sorte de félin dangereux et quasi-inhumain. Sa relation à Maurice Ronet est extraordinairement tordue, celui-ci continuant à « vivre » à travers son assassin par unPLEIN SOLEIL (5) jeu troublant de doublage. Quant à Marie Laforêt, si elle semble un peu gauche, elle s’intègre idéalement parmi ces « beautiful people » dans ce monde de dolce vita décadent.

Bien sûr, tout n’est pas parfait : si la post-synchro est remarquable quand Delon « imite » Ronet, elle est moins convaincante sur les seconds rôles doublés pour raisons purement techniques et fausse parfois l’ambiance. Certains personnages comme le flic romain sont un peu trop vite brossés.

Œuvre unique, sensuelle, étouffante même en plein mer, étude d’un cas pathologique de criminel totalement amoral et caméléonesque, suspense à la lenteur hypnotique, « PLEIN SOLEIL » a incroyablement bien vieilli et parvient à faire jaillir l’émotion quand on s’y attend le moins. Chef-d’œuvre. 

PLEIN SOLEIL

 

À NOTER : Romy Schneider apparaît vers le début du film, dans un ‘caméo’ non-mentionné au générique, jouant une des deux jeunes filles accompagnant Billy Kearns à Rome.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS-CULTE DE "WWW"
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