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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 07:31

MONGO (2)On se souvient que « À BOUT PORTANT », le chef-d’œuvre de Don Siegel avait été originellement tourné pour la TV. Mais jugé trop violent et amoral, il connut une sortie en salles et devint un classique du ‘film noir’. Les mœurs ayant évolué en quelques années, « MONGO’S BACK IN TOWN » n’a hélas, pas eu la même chance et a dû se contenter d’une diffusion télévisée en 1971.

Pourtant, ce polar tiré d’un roman d’E. Richard Johnson, enterre complètement le Siegel du point de vue de la noirceur. Deux décades avant « SE7EN », Marvin Chomsky invente un style visuel inédit : toute l’action se passe de nuit, sous des trombes d’eau. C'est Noël, le Noël le plus glauque et sinistre de mémoire d’homme. Mongo Nash (Joe Don Baker) arrive en autocar dans sa ville natale, après cinq ans de prison. Tueur à gages, il a été contacté par son frère (Charles Cioffi) pour abattre un mafioso local. Seulement, Cioffi a profité de son absence pour lui piquer son bar et sa copine (Anne Francis). Et voilà qu'il meurt assassiné. Mongo, talonné par deux flics (Telly Savalas et Martin Sheen) va tenter de démêler cet imbroglio, découvrant que son cher frangin n’est peut-être pas si mort que ça.

MONGO

Le sujet est classique, bateau même, pourrait-on dire, mais le traitement visuel et scénaristique est exceptionnel.

Dans des décors fauchés, sordides, derrière des vitres perlées de pluie, des locaux sans fenêtre, « MONGO’S BACK IN TOWN » décrit un univers quasi-irréel, un concentré de polar fantasmé, mais dénué du moindre romantisme. Le choix de Baker est un coup de génie : colosse impassible, impavide, il n’a rien d’un antihéros charismatique. Ce n’est qu’une brute, un gorille brutal, façonné par son milieu. Quand il drague une petite provinciale paumée (Sally Field), nul espoir d’une love story rédemptrice. Mongo la malmène, profite d'elle, la menace physiquement et finit par la larguer sous la pluie. Pour faire parler son ex, il n’hésite pas à la tabasser. Son seul et unique moment de grandeur, sera son dernier : Mongo mourra debout, contre une carcasse de voiture, indifférent au déluge. Face à cette masse de haine et de violence, cette négation de héros, le flic joué par Savalas en paraît d’une exquise humanité et il bénéficie d’un excellent dialogue. Anne Francis se demande pourquoi il refuse le cognac qu'elle lui offre : « Parce que je suis en deuil », répond le flic. « Qui pleurez-vous ? » s’interroge la fille. « Ma jeunesse envolée », dit Savalas avec un sourire plus triste qu’ironique.

MONGO (1)

Le casting est une des forces de ce téléfilm incroyablement original qui aligne en à peine 70 minutes un nombre insensé de personnages et de situations inoubliables : ce nain junkie qui nettoie le sol à quatre pattes, l’arrivée de Mongo qui détruit le stand d’un (faux) aveugle sans échanger un seul mot avec lui, cet échange dans le noir entre la frêle Sally Field et l’énorme Baker qui ressemble à un monstre sorti du placard. Et bien sûr, cette conclusion dans la casse de voitures, à la limite de l’onirisme. Peu connu, « MONGO’S BACK IN TOWN » a été diffusé en France sous le titre « LE RETOUR DE MONGO » et il est sorti dans de vilaines éditions DVD aux U.S.A. Espérons qu’un jour, son statut « culte » sera enfin reconnu et qu'il connaîtra une diffusion digne de lui.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS-CULTE DE "WWW"
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