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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 09:04

ROURKE (1)On l’a tant aimé dans ses premiers films, qu’on a toujours eu du mal à lui tourner définitivement le dos, malgré une bonne décennie d’infâmes navets et de prestations ringardes. Longtemps, les Américains l’ont associé à Jerry Lewis dans la catégorie des « has beens-adulés-par-les-Français » ! C’est dire…

Mickey Rourke figure – c'est vraiment le mot ! – en G.I. de l’équipe de Dan Aykroyd dans « 1941 », joue un trappeur benêt dans « LA PORTE DU PARADIS », un pyromane serviable dans « LA FIÈVRE AU CORPS », un avocat corrompu dans « EURÊKA », mais n’éclateROURKE (2) qu’en garçon-coiffeur magouilleur dans « DINER », où il arrive à mêler charisme naturel et sens du dérisoire.

Coppola lui offre son premier rôle emblématique : ‘Motorcycle Boy’, le voyou au bout du rouleau, vieilli avant l’âge, à moitié sourd et daltonien, qui revient mourir dans sa ville natale, dans « RUSTY JAMES ». Rourke s’y affirme instantanément comme le James Dean de sa génération, sans chercher à imiter son aîné mais en adaptant (inconsciemment ?) sa mythologie à l’Amérique contemporaine.

Rourke dont les maniérismes s’accentuent rapidement, est encore intrigant en malfrat séducteur dans « LE PAPE DE GREENWICH VILLAGE », en ‘privé’ schizo dans « ANGEL HEART », mais le reste de ses prestations relève du chaos et du n’importe quoi : le flic grisonnant de « L’ANNÉE DU DRAGON » (il n’y est pas mauvais, mais quinze ans trop jeune pour le rôle), le bellâtre suffisant de « 9 SEMAINES ½  » et « L’ORCHIDÉE SAUVAGE », le terroriste rouquin dans « L’IRLANDAIS », l’ivrogne cradingue de « BARFLY », St. François d’Assise dans « FRANCESCO », le boxeur sonné de « HOMEBOY », le preneur d’otages brillantiné de « DESPERATE HOURS » (une de ses pires prestations), le motard poseur de « HARLEY DAVIDSON ET L’HOMME AUX SANTIAGS », le cowboy de « F.T.W. », le dealer de « SABLES MORTELS », le psy dans « EXIT IN RED », l’enfoncent dans des tics embarrassants d’un autre âge. Tout ce qu'il avait su éviter avec Coppola.

ROURKE (3)

De ce magma informe, à peine peut-on extirper le rôle-titre de « JOHNNY BELLE GUEULE », où Rourke joue un malfrat à tête d’Elephant man transformé par la chirurgie en ROURKEbellâtre, sans rien lui ôter de ses mauvais penchants et aussi à un degré moindre, « BULLET » où il est un dealer tourmenté et s’attire de (relativement) bonnes critiques.

Comble de la déchéance : Mickey, le visage couturé, quasi méconnaissable après quelques combats de boxe en semi-pro, reprend son rôle de séducteur sulfureux dans « LOVE IN PARIS », calamiteuse sequel européenne de « 9 SEMAINE ½ » et achève de se dévaluer en bad guy bodybuildé, ennemi juré de… Jean-Claude Van Damme dans « DOUBLE TEAM ».

Coppola refait appel à Mickey quinze ans plus tard pour un rôle secondaire d’avocat barbichu dans « L’IDÉALISTE » où l’acteur se montre étonnamment bon. On le revoit en bookmaker dans une séquence de « BUFFALO ‘66 », en ripou dans « C’EST PAS MON JOUR ! », en ignoble patron de boîte dans « GET CARTER », où il est encore plus baraqué que Stallone, en garde du corps mollasson d’un cartel dans « IL ÉTAIT UNE FOIS À MEXICO », en magouilleur verbeux dans « MASKED AND ANONYMOUS », en avocat pourri dans « MAN ON FIRE ».

Alors qu’un chapitre entier lui est consacré dans le persifleur ouvrage « BAD MOVIES WE LOVE », Mickey épate tout le monde en apparaissant dans « ANIMAL FACTORY ». Totalement méconnaissable, il y incarne un taulard gay, rêvant d’être un papillon. Un rôle court, mais digne des plus grands. Il renouvelle l’exploit dans une unique séquence deROURKE (4) « THE PLEDGE » en père d’une fillette kidnappée. En un seul gros-plan, il parvient à tirer les larmes.

 Mais c'est son rôle de brute émouvante (et méconnaissable une fois encore) dans le fascinant « SIN CITY » où il crève l’écran comme rarement, qui le remet définitivement en selle. On le revoit en chasseur de primes dans « DOMINO », en tueur à gages indien dans « KILLSHOT », en kidnappeur minable dans « THE INFORMERS ». Il stupéfie encore en catcheur vieillissant dans « THE WRESTLER », probablement le rôle de sa vie. Régénéré, « pardonné » par Hollywood qui l’avait jeté sans remords, Mickey Rourke revient régulièrement dans de grosses productions : il est un superméchant russe dans « IRON-MAN 2 », un tatoueur bavard dans « EXPENDABLES – UNITÉ SPÉCIALE », un roi destructeur dans "LES IMMORTELS".

À la TV, on le voit à ses débuts en mari qui bat sa femme dans « LOVE AND MARRIAGE, THE RIDEOUT CASE », en serial killer dans « CITY IN FEAR » et en ex-confédéré dans « THE LAST OUTLAW ».

ROURKE (5)

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS CULTE DE "WWW"
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