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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 10:29

MANWITHCAMERA (2)Tournée dans les studios de Lucille Ball entre 1958 et 1959, diffusée sur la chaîne ABC jusqu'à l’année suivante, « MAN WITH A CAMERA  est une assez jolie réussite inspirée de loin de la vie du célèbre reporter surnommé Wee-Gee, écrite avec vigueur, bien rythmée malgré un budget visiblement serré et tenue à bout de bras par Charles Bronson encore peu connu, dans un rôle taillé sur mesure. Fils d’émigrés, Mike Kovac est un dur à cuire prompt à la bagarre, pratiquant volontiers l’ironie mordante et n’ayant pour seul ami que son père (en tout cas pendant la première saison) qui tient une boutique de photographe à New York. Les relations entre ce fils respectueux et ce vieux bonhomme à l’accent coloré sont bien observées, le vieil homme reprochant toujours à son fils de trop sous-exposer ses clichés. Ce personnage disparaît la seconde année, remplacé par un commissaire de police presque aussi âgé, avec lequel Kovac est souvent amené à collaborer. 

Kovac n’est pas un héros traditionnel : il renâcle devant le danger (« J’aime bien être en vie », dit-il pour justifier ses dérobades), n’a pas de fiancée officielle et prend pas mal de coups sur la tête. Portant des chemises à manches courtes, trimballant partout son énorme appareil photo, Kovac voyage de Lisbonne à Rome (même si tout est évidemment tourné en studio à L.A. !) et connaîtMANWITHCAMERA (1) quelques histoires d’amour éphémères (« LADY ON THE LOOSE », avec une héritière capricieuse). Il boxe parfois, est impliqué dans des meurtres, doit empêcher une femme de se suicider (« ANOTHER BARRIER »), va sauver un homme enseveli au fond d’une mine (« THE MAN BELOW », épisode inspiré du « GOUFFRE AUX CHIMÈRES » de Billy Wilder), mais n’oublie jamais de prendre le « cliché magique ». Il utilise des gadgets amusants comme cet appareil photo en forme de briquet, ou dissimulé dans un poste de radio portable.

Un épisode, particulièrement remarquable, utilise parfaitement la profession de Kovac : dans « 6 FACES OF SATAN » réalisé par Boris Sagal, Kovac fait honte à une bande de MANWITHCAMERAlyncheurs du samedi soir, en leur exhibant des portraits qu'il a pris d’eux, le visage déformé par la haine. Mike Kovac est ici un justicier dont l’arme est son appareil photo, et qui s’exprime par l’image. L’épisode « THE LAST PORTRAIT » l’oblige à faire équipe avec l’excellente Virginia Field, jouant une actrice sur le retour qui l’aide à se disculper. Leur tandem fait regretter que Kovac n’ait pas eu une co-équipière régulière avec laquelle il aurait pu établir ce genre de relations drolatiques et quelque peu ambiguës. Le rôle n’est pas réellement fouillé, aussi Charles Bronson l’habite-t-il de sa propre personnalité et de ses maniérismes. Dans « THE BRIDE » par exemple, ilMANWITHCAMERA2 prend un accent d’Europe de l’Est et se fait passer pour un émigré jovial, à la recherche d’une femme. Il semble très à l’aise dans ce rôle et la série reste constamment centrée autour de lui et de ses réactions, au lieu de faire la part belle aux ‘guest stars’, comme c'est souvent le cas à la TV.

« MAN WITH A CAMERA » ne connut que 29 épisodes de 26 minutes, pour la plupart réalisés par Gerald Mayer et Paul Landres, mais Bronson invita aussi Gene Fowler, Jr. à en tourner quelques-uns, ainsi que Gilbert Kay ancien assistant de ses amis. Parmi les ‘guests’, on peut noter la présence d’Angie Dickinson, Harry Dean Stanton, Don Gordon ou Sebastian Cabot. Bronson retrouve des partenaires féminines comme Norma Crane et Audrey Dalton avec lesquelles il avait déjà travaillé.

« MAN WITH A CAMERA » demeura longtemps une rareté invisible et quasi-mythique, avant d’être enfin exhumée en 2007 dans son intégralité en DVD aux U.S.A.

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commentaires

Val 01/05/2014 22:49

J'ai enfin pu voir quelques épisodes de cette série grâce à Youtube, dont celui avec Angie Dickinson.

C'est un réel plaisir de voir un jeune Charles Bronson plutôt "cool". J'adore le personnage, à mille lieues des rôles qui feront sa célébrité mais qui semble plus proche de son caractère.

Fred Jay Walk 02/05/2014 19:09



Elle est très sympathique, cette série. Et Bronson n'y est pas du tout monolithique, très humain et "normal". Une découverte. On dirait qu'il s'est "bronsonisé" à partir des "7 MERCENAIRES".



Marc Provencher 23/05/2013 16:32

Je viens de voir le premier épisode 'Second Avenue Assassin' et c'est très prometteur pour la suite. Ce jeune Bronson de 1958 m'apparaît bien plus talentueux que, disons, celui de 1988.

Fred Jay Walk 23/05/2013 18:22



Là-dessus, je ne vais pas te contredire ! Il jouait encore la comédie.


 


Tu verras, il y a de très bons épisodes dans le lot.



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