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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 09:37

Les francophones appellent cela « surjouer », « cabotiner », « en faire des tonnes », « en faire des caisses ». Les anglo-saxons, plus imagés penchent plutôt pour « jambonner » (hamming it up), « manger le décor » (eating the scenery), « overplay » ou jouer « over the top ».

HAMS (1)

C'est ainsi que l’on définit ces comédiens qui, pas dirigés, lâchés en roue-libre, complaisamment filmés, laissent éclater leur goût de l’emphase, de la grimace ou de la caricature : yeux exorbités, bouches grandes ouvertes, dents grinçantes, tics nerveux… C'est parfois drôle et jouissif, souvent pénible et hors-contrôle. Certains acteurs ont cela dans le sang et ne sauraient tenir un rôle autrement. On pense bien sûr à Michel Simon, Louis De Funès, Klaus Kinski, Anthony Quinn, Eli Wallach, Christopher Walken, Jack Nicholson, Jack Palance, Anthony Hopkins, Gian Maria Volonte’ ou chez les dames Bette Davis ou Joan Crawford entre autres.

HAMS

Et il y a ceux qui oscillent entre deux extrêmes : Lee Marvin est capable d’un jeu impassible, minéral ou d’une débauche de grimaces ahurissante. Burt Lancaster et son alter-ego Kirk Douglas avaient la même propension aux excès en tous genres, tout en étant capables de prestations à l’irréprochable sobriété. Même chose pour John Wayne ou Charlton Heston qui balançaient entre l’héroïsme stoïque et inébranlable et la risible pose virile.

La fameuse « Méthode » de Lee Strasberg a fait des ravages et le (sur)jeu de certains acteurs des années 50 comme Brando, James Dean, Rod Steiger, Dennis Hopper a pris un sévère coup de vieux.

Des adeptes du sous-jeu granitiques comme Steve McQueen, Clint Eastwood, Charles Bronson ou Lee Van Cleef se sont très rarement laissés aller au « too much » et cela ne leur a généralement pas trop réussi.

On a vu aussi d’immenses comédiens comme Robert De Niro ou Al Pacino céder sur leurs vieux jours au n'importe quoi total, roulant des yeux, braillant leurs répliques, moulinant des bras joyeusement.

Des comiques, de Jerry Lewis à Jim Carrey ont basé toute leur carrière sur la surproduction grimacière.

HAMS (2)

Et puis il y a ceux, très rares, qui n’ont jamais cédé aux sirènes du « jambonnage » : on pense à Henry Fonda, John Garfield, Barbara Stanwyck…

Pour célébrer cette nouvelle année 2013, « WWW » vous offre quelques exemples par l’image de nos acteurs adorés et adulés, surpris en flagrant délit de « jambonnage » aigu.

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Published by Fred Jay Walk - dans LA MYTHOLOGIE DU WEST
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commentaires

Kinskiklaus 05/01/2013 20:12

C'est l'acteur déguisé dans toute sa splendeur: Dans les westerns où il apparaît souvent dépenaillé, il excelle dans la grandiloquence, la vulgarité, dans les films politiques ou noirs, le costume
est son atout majeur: la classe et le jeu tout en retenue.

lemmy 05/01/2013 18:23

Je connais "El chuncho" bien entendu. Et aussi ses drames politiques (vus il y a bien longtemps je l'avoue, même "Sacco et Vanzetti"). Ou bien sa grande prestation dans "Le cercle rouge". Mais mon
esprit de cinéphile déviant aime tellement ses prestations dans ses westerns... J'en sépare mentalement Volonte de ses autres films.

Marc Provencher 05/01/2013 17:54

« Mais pour moi, Volonte c'est d'abord les deux Leone et un Sollima. »

Oui, si on se limite à ça, d'accord. Cela dit, la vraie carrière de Gian Maria Volontè prend son envol plus tard, quand il rencontre Elio Petri puis Francesco Rosi et devient la star numéro 1 du
drame politique à l'italienne (qui s'exporte partout dans le monde sauf bien sûr sur les marchés anglophones).

Mais j'y pense: si tu mentionnes seulement les deux Leone et le Sollima, j'ose en déduire que tu n'as donc vu que trois de ses quatre westerns! Alors 'El Chuncho' (un Damiani de 1967) est pour toi.
En voilà justement un où notre homme s'éclate à fond la caisse, n'ayant peur d'aucune outrance ; mais il faut dire que cela correspond bien au truculent personnage éponyme, un tiers
révolutionnaire, un tiers sordide pillard et un tiers moron illettré.

lemmy 02/01/2013 20:27

Pour moi, Volonte c'est quand même un sacré cochon. Mais pour moi, Volonte c'est d'abord les deux Leone et un Solima. C'était un grand comédien et il avait un registre étendu. Mais même sobre, il
avait le regard...

Fred Jay Walk 02/01/2013 21:36



Exactement. C'est comme quand Belmondo joue "sobre". On sent qu'il se retient !



Marc Provencher 02/01/2013 16:06

Tout dépend des premiers films qu'on a vus, je crois. Bien sûr j'ai vu d'abord les deux premiers 'Dollars', où il surjoue à fond les manettes. Mais les films que j'ai surtout vus et revus à
l'époque à Radio-Canada étaient presque toujours des "biopics", comme on dit de nos jours: Volontè incarnait Enrico Mattei, Bartolomeo Vanzetti, Lucky Luciano, Ben Barka (ou en tout cas son alter
ego), Giordano Bruno, Carlo Levi, Aldo Moro... Dans ce cas la première image qu'on a de l'acteur, c'est "le type des personnages historiques", une espèce de chirurgien des rôles de composition.

Mais évidemment ses rôles satiriques pour Petri (comme l'Indagine' et 'La Classe ouvrière va au paradis' - je n'ai jamais vu 'Todo modo') sont vraiment d'une autre sorte... En fait, dans ces deux
films, le personnage central est fou à lier, alors c'est pas le moment d'être sobre !

J'ai bien hâte de voir comment il joue le prof fouineur de 'À chacun son dû'.

Kinskiklaus 02/01/2013 16:04

Bon, c'est bien beau tout ça, mais Steven Seagal on le range où? De Niro est celui qui m"horripile le plus. Réaction épidermique. Et Dieu sait à quel point il fut un immense acteur mais je sature.
Une caricature de lui-même.

Fred Jay Walk 02/01/2013 21:42



Il a de temps en temps un petit sursaut (je citerais bien un film, mais... je les ai tous oubliés !), mais je crois que le vrai De Niro des années 70 et 80 ne reviendra plus. Faut se
faire une raison.



Marc Provencher 02/01/2013 14:28

Je trouve à redire. Non attendez, cette formulation manque de vigueur. Je dépose un protêt, voilà !

Jay Walk écrit:

«Certains acteurs ont cela dans le sang et ne sauraient tenir un rôle autrement. On pense bien sûr à Michel Simon, Louis De Funès, Klaus Kinski, Anthony Quinn, Eli Wallach, Christopher Walken, Jack
Nicholson, Jack Palance, Anthony Hopkins, Gian Maria Volontè. Et il y a ceux qui oscillent entre deux extrêmes : Lee Marvin est capable d’un jeu impassible, minéral ou d’une débauche de grimaces
ahurissante. Burt Lancaster et son alter-ego Kirk Douglas avaient la même propension aux excès en tous genres, tout en étant capables de prestations à l’irréprochable sobriété.»

À mon avis, l'étonnant Gian Maria Volontè appartient tout à fait à la seconde catégorie, celle capable de passer d'un extrême à l'autre. Compare seulement son jeu halluciné dans 'Et pour quelques
dollars de plus' ou 'Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon' avec sa sobriété minérale dans 'Lucky Luciano' ou 'Le Christ s'est arrêté à Eboli'.

Fred Jay Walk 02/01/2013 15:50



Pour le plaisir de la discussion, je te rétorquerai que lorsqu'on pense à Volonte', la première image qui vient à l'esprit est celle de son jeu survolté.


De plus, il a comme Gary Cooper dans un style totalement différent, la sobriété cabotine, quand il lui arrive d'être sobre.


 


Mais tu le sais, j'adore Volonte' !



larcheau 02/01/2013 13:36

Jouer over the top ou jouer dans over the top that is tha question !

Fred Jay Walk 02/01/2013 13:46



Oui, mais on peut aussi jouer over the top dans "OVER THE TOP".



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