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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 17:22

FLYING LEATHERNECKS (1)John Wayne et Robert Ryan étaient les parfaits négatifs l’un de l’autre : Wayne était de droite, Ryan de gauche, l’un était tout d’un bloc, l’autre cultivait l’ambiguïté, l’un jouait lesFLYING LEATHERNECKS héros, l’autre les méchants, l’un a pris du ventre en vieillissant, l’autre s’est asséché, l’un était pétri de certitudes, l’autre n’était que doutes… En bref, la confrontation des deux acteurs promettait d’être passionnante. Mais passée la surprise de découvrir que ‘Duke’ Wayne paraît presque petit à côté de Bob Ryan, elle ne l’est guère…

Malgré la signature de Nicolas Ray, « LES DIABLES DE GUADALCANAL » a énormément vieilli et a tellement été copié, qu'il apparaît aujourd'hui comme un amoncellement de clichés, de situations rabâchées et de sentimentalisme insoutenable. Ainsi le retour du major chez lui, ses retrouvailles avec femme et fiston sont-elles d’une mièvrerie atroce. En fait, le film semble avoir servi de modèle à l’excellente série TV « TÊTES BRÛLÉES », dont on retrouve à peu près toutes les composantes : l’officier adoré de ses hommes, les jeunes pilotes inexpérimentés, les duels aériens avec les « zéros » japonais (d'ailleurs, on voit les plans d’actualité d’époque qui ont également servi pour la série de Robert Conrad !). L’irrévérence et l’humour en moins.

FLYING LEATHERNECKS (2)

Le seul véritable intérêt de l’entreprise, à savoir l’affrontement entre le ‘Duke’, commandant sévère-mais-juste, dur à cuire qui s’aliène ses troupes et Ryan, son bras-droit, plus humain et chaleureux, se fait à fleurets mouchetés. À peine s’envoient-ils quelques vacheries, se lancent-ils des regards lourds de sens, mais cela ne va jamais plus loin. On aurait aimé une haine bien franche, des relations carrément envenimées, mais Ray n’a pas pris cette route-là. Tout demeure en surface, comme s’il ne fallait surtout pas froisser l’U.S. Army qui a aimablement fourni le matériel et les avions. D'ailleurs, à la fin, le trop sensible Ryan a compris la leçon et se sent tout prêt à devenir... John Wayne. 

Il est possible qu’un tel film ait soulevé l’enthousiasme patriotique des foules, il y a 60 ans, mais les années n’ont pas été très clémentes envers ces « diables » bon-enfants.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE ROBERT RYAN
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lemmy 22/06/2011 23:52


Ah, en beaucoup moins bien, voire même en monstrueux... La réalisation et le scénar n'aident pas trop Ryan. Et pour la fin de "Fort apache", Wayne ressemble-t-il à Fonda ? Ou ment-il sciemment pour
la légende ? Ou est-ce car il ment qu'il ressemble le plus à Fonda ?


lemmy 22/06/2011 21:40


Je ne l'avais jamais vu, car je suis peu amateur des films de guerre, spécialement patriotiques. Le film semble vouloir remaker "Iwo Jima" du même Wayne, sur le plan de la thématique du "chef dur
qui a des responsabilités envers sa nation mais qui aime ses gars et souffre de les perdre", à part que ce dernier film d'Allan Dwan était mieux réalisé. Robert Ryan apporte à ce film une belle
prestation, assez mal écrite ; son personnage est hésitant quant à ses intentions et j'avoue que le retournement final du personnage est abominable et amené sans grande finesse, voilà l'exemple
d'une fin qui laisse pantois : Ah les affres et les sacrifices du commandement... Quant à Wayne, il fait bien son boulot et est admirable, mais dans un écrin moyen ; il montre qu'il est un vrai bon
comédien dans les scènes avec sa femme, car cette dernière comédienne est assez insupportable : elle en ferait rougir Anne Baxter, de par son manque de retenue ;-)


Fred Jay Walk 22/06/2011 23:30



C'est comme la fin de "FORT APACHE", quand Wayne se mettait à ressembler à Henry Fonda. Mais en moins bien.



lemmy 22/06/2011 04:08


je viens de voir ce film suite à ce post. Le plan de fin est d'un ultra-patriotisme à faire rougir Michael Bay...


Julien Morvan 21/06/2011 22:29


En effet, film très moyen. Quelques beaux plans et quelques dialogues à sauver. L'affrontement (si il y a affrontement) entre Duke et Ryan. Mais l'ensemble est laborieux. J'ai souvenir d'un très
beau plan de fin.


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