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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 18:23

« LE SOUFFLE SAUVAGE », c'est l’exemple-type du film qui avait tout pour lui et n’arrive – on ne sait par quelle alchimie – jamais à prendre vie. Par manque chronique d’originalité, SOUFFLE SAUVAGEpeut-être ? Ça commence exactement comme « LE TRÉSOR DE LA SIERRA MADRE », on a ensuite droit à un épisode nitro sorti du « SALAIRE DE LA PEUR » et pour finir le scénario se concentre sur un triangle amoureux des plus improbables.

L’ambiance mexicaine est plutôt bien restituée, mais la chanson de Dimitri Tiomkin (cherchant sans doute à capitaliser sur le succès du « TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS », sorti un an plus tôt) est très agaçante et Gary Cooper semble bien fatigué et hors du coup. Perclus et les traits tirés, il se laisse piquer la vedette par Anthony Quinn, le seul à composer un personnage à peu près intéressant : un nouveau-riche extraverti et vulgaire, exploitant le pétrole, un lâche qui se cache sous des dehors de macho et entretient avec sa femme – qui se trouve être l’ex de ‘Coop’ – des relations explosives et bestiales. C'est Barbara Stanwyck qui joue ce rôle de garce malveillante et sensuelle, un emploi qu'elle connaît par cœur. Ses retrouvailles avec Cooper ne retrouvent guère la magie d’antan. Comme dirait Danny Glover dans « L’ARME FATALE » : ils sont « too old for this shit ».

SOUFFLE SAUVAGE (1)

Cooper paraît physiquement trop fragile pour tenir ce genre de film sur les épaules. De plus son duo avec Ward Bond ne fonctionne pas très bien non plus, la balourdise de l’acteur-fétiche de Ford n’étant pas complémentaire du jeu tout en retrait de Cooper.

Quelques attaques de ‘bandidos’ en sombrero, des puits de pétrole qui explosent, un Quinn en roue-libre suffisent à tenir le spectateur éveillé. Mais de justesse…

 

À NOTER : le film est trouvable en Italie sous le titre « BALLATA SELVAGGIA », mais dans une copie absolument affreuse.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE GARY COOPER
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commentaires

lemmy 02/06/2011 13:38


Après "Le train sifflera trois fois", il aura quand même eu un Aldrich, un Mann, un Wilder, un Lang (pas le meilleur visiblement), un Daves et un Brooks. Mais pas un jeune réalisateur qui aurait pu
et su le bouleverser sans le trahir.


lemmy 02/06/2011 13:22


Cooper lui-même a déclaré en 1960 (cf Imdb) qu'il n'avait pas fait grand-chose de brillant depuis au moins huit ans, du fait du manque de qualité des histoires ou de sa propre prestation
d'acteur.

Je ne suis pas tout à fait d'accord avec lui, il y a quand même des films de qualité dans cette période, période où je l'ai découvert. Je crois aussi qu'il a peu apprécié sa prestation à
contre-emploi dans "Vera Cruz"... Problème de choix des rôles, d'avoir des rôles peu adaptés à son "image" ?

Mais quel dommage qu'il n'ait pas pu faire "Coups de feu dans la sierra" !


Fred Jay Walk 02/06/2011 13:32



C'est exactement ce qui lui a manqué sur la fin : un Peckinpah !



lemmy 01/06/2011 23:48


Le Cooper mature n'a pas vieilli car il a un jeu intemporel, débarrassé de tout artifice. Après, c'est une question de goût... Curieux de savoir que Cooper craignait la nouvelle génération : il
suffit de voir comment certaines compositions d'acteurs issus de l'actors studio ont vieilli... Pour moi, Cooper est un éternel grand.


Fred Jay Walk 02/06/2011 07:06



Nous sommes tous d'accord concernant le talent de Coop.


Mais je pense qu'un spectateur ne l'ayant découvert que dans ses films des années 50 pourrait le trouver parfois un peu éteint et en retrait. On
pourrait dire la même chose de Bogart dans ses derniers films...



Corey 01/06/2011 22:09


Dans "La loi du seigneur", il est extraordinaire de richesse et de nuance de jeu. Pareil dans "Ariane" ou il joue un séducteur qui n'a rien à envier à Cary Grant. "Vera Cruz" et "Le jardin du
diable" sont deux western de facture plus classique ou il joue davantage son personnage de cow boy classique, mais toujours avec une palette de nuances remarquable, loin du jeu monolithique d'un
Wayne. Et que dire des ses prestations dans "High noon" ou "L'homme de l'ouest"… Son jeu n'a absolument pas vieilli, au contraire on en découvre toujours plus à chaque vision.


daniel 01/06/2011 18:04


Justement en parlant des films "Le jardin du diable" et "Vera Cruz" c est justement la que ie le trouve en total décalage par rapport a ses partenaires,Il y a des acteurs de son époque qui
surprennent encore aujourd hui dans leurs films par leur modernité,alors que le sien est totalement hors d age.C est vrai que je ne connais pas sa période des annees 40 et si j en parle c est
simplement qu il s agit d une icone et de l egal d un John Wayne de la grande époque.Et pour Wayne son talent est resté le meme avec l age.Comme quoi..


Fred Jay Walk 01/06/2011 18:24



Cooper n'a pas perdu en talent, je pense. Mais ses rôles n'étaient plus à la hauteur. Quand il avait à se mettre sous la dent comme dans "LA LOI
DU SEIGNEUR" ou "CARGAISON DANGEREUSE", il faisait encore preuve d'une belle présence.


Sa bio explique que dans les années 50, il s'est senti complètement largué par l'arrivée des acteurs issus de l'Actors Studio et pétri de doutes sur ses propres capacités...



lemmy 01/06/2011 13:41


Oubli.

Quand je parle d'"Ariane" et de "Retour au paradis" à la fin de mon message, je parle évidemment de la décennie des années 50...


lemmy 01/06/2011 13:39


Initialement - merci "La dernière séance" ! - j'ai surtout connu Cooper par les films de sa dernière décennie, cad le Cooper mature, au jeu "underplay" et retenu, gommant les artifices de lecture
de jeu d'un comédien au service d'un rôle plus "torturé", en intériorité. Ce n'est que plus tard que j'ai découvert avec surprise le Cooper jeune, qui avait déjà ce jeu et le développait, mais qui
était souvent tout en actes que ce soit dans la gaucherie et la légèreté et avait une palette de jeu impressionnante.

Je crois que c'est une question d'âge et de rôle. On ne joue pas de la même manière à 25 ans et à 50 ans, enfin si on peut, mais c'est une autre histoire souvent triste... (Fred, tu parlais des
acteurs vieux jouant des rôles de personnages beaucoup plus jeunes). Le corps change, les expressions changent, l'âge amène à un autre type de rôle, des rôles de personnage vieillissant devant
faire un bilan de leur passé, de personnages dont le "décor" influent sur eux et leur pèse... Dans sa décennie des années 50, ses rôles ont changé, je ne parlerais pas d'effacement, mais de
retenue, d'intériorité ; s'il y a un effacement, c'est un effacement volontaire : et comment ne pas être "effacé" par rapport à un Lee J. Cobb tout en cabotinage dans "L'homme de l'ouest", mais
c'est un effacement pour faire contrepoids et pour peser autrement.

Après, tout est aussi une question de qualité du film. Que de chefs d'oeuvre, Cooper a fait entre, je ne sais pas, 1935 et 1945 ! Dans cette décennie, Cooper n'a retrouvé son jeu d'antan que dans
"Ariane" (et toute proportion gardée dans "Retour au paradis" où il était trop vieux pour le rôle, mais où on pouvait se dire qu'il jouait un rôle d'homme ne voulant pas être vieux).


Corey 31/05/2011 22:29


Le Cooper des années 50, l'ombre de lui même ? Ben m… alors ! C'est dans cette décennie qu'il a décroché ses plus grands rôles ! Et comment peut-on le trouver "effacé" ? "Le train sifflera
trois fois", "Vera Cruz", "le jardin du diable", "La loi du seigneur", "l'homme de l'ouest"… Il transperce l'écran ! Tiens, vous m'avez contrarié, là…


Fred Jay Walk 01/06/2011 07:13



Du calme !


Je ne sais pas si "effacé" est le terme qui convient, mais ce qui faisait la magie de Cooper dans ses vieux films comme "LES 3 LANCIERS DU
BENGALE" ou "BOULE DE FEU" a pas mal fondu dans les années 50. L'acteur se "fond" au décor alors que sa
personnalité était si forte dans sa jeunesse, que les films tournaient entièrement autour de lui, de ses mimiques, de ses impros.


Je pense qu'on apprécie mieux le Cooper âgé après l'avoir vu évoluer d'année en année. Mais c'est une opinion toute personnelle !


 



daniel 31/05/2011 17:57


Curieusement je n ai jamais compris l aura d un acteur comme Gary Cooper pourtant j ai bien essayé de voir ses grands films.A chaque fois qu il est face a des grands noms comme Quinn,Lancaster ou
encore Widmark je le trouve totalement effacé comme d un autre temps.Mais lequel??Alors dans les fresques de John Ford...pas assez nerveux peut etre?


Fred Jay Walk 31/05/2011 18:51



Je pense que tu n'as vu que les films de Cooper âgé. Je suis sûr que tu changerais d'avis à son sujet en voyant ses films des années 30 et 40. Là, il est inégalable. Le Coop des années 50 malgré
quelques belles réussites, n'est que l'ombre de lui-même.



lemmy 31/05/2011 11:07


Encore un film dont je n'ai jamais entendu parler. Ta description du personnage joué par Quinn est intéressante... Dommage car quel casting !! Il y a même Ward Bond. Cooper, curieux qu'il n'ait
jamais tourné avec John Ford...


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