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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 07:26

NESSL’agent fédéral Eliot Ness (1903-1957) a réellement existé. À la tête d’un petit groupe d’élite surnommé ‘les incorruptibles’, il a contribué à la chute d’Al Capone dans le Chicago des années 30. L'homme écrivit ses mémoires et fut incarné à l’écran par Philip R. Allen dans « DU ROUGE POUR UN TRUAND », Kevin Costner dans le film de Brian DePalma et à la TV par Scott Paulin dans « THE REVENGE OF AL CAPONE » et Tom Amandes dans un remake de la série d’origine.

Mais celui qui nous intéresse ici, c'est le seul, le vrai : Robert Stack dans la série des NESS (1)années 50-60. Pourquoi ? Parce qu’à revoir « LES INCORRUPTIBLES » aujourd'hui, il est clair que l’acteur a créé un héros totalement conceptuel et unique en son genre, qui annonce à sa façon les antihéros des sixties comme 007 ou le ‘No Name’ des films de Leone. Stack en en effet inventé le héros antipathique ! Alors que le film-pilote, l’excellent « LES INCORRUPTIBLES DÉFIENT AL CAPONE » montrait encore Ness comme un type normal, un bon flic, amoureux d’une belle femme, en proie au doute et capable de sourire, la série a radicalisé le personnage.

Au fil des 101 épisodes, Stack n’a dû sourire que deux ou trois fois, il ne montre aucune chaleur ou même camaraderie envers ses subordonnés et sa haine viscérale des gangsters l’emmène aux frontières de la névrose obsessionnelle. Eliot Ness n’est pas là pour plaisanter, pour négocier ou transiger : les malfrats le dégoûtent, il les méprise ouvertement, il a même du mal à les regarder dans les yeux. De fait, les scénaristes de la série font le plus souvent la part belle aux ‘guest stars’, ne laissant au personnage de Ness que quelques séquences d’investigation ou d’interrogatoire.

Comment faire exister un concept ? Une entité quasi-abstraite ? Stack a fait d’Eliot Ness non pas un individu de chair et de sang, mais un symbole sur pattes. La cristallisation du flic de cinéma (ou de télé en l’occurrence), un justicier sans âme ni vie privée, un homme en creux, réduit à sa seule fonction sur terre : éliminer la vermine.

Au bout du compte, et c'est ce qui fait tout le prix de la série encore aujourd'hui, le « Mal » paraît bien plus sympathique et attractif que le « Bien ». Les gangsters sont des crapulesNESS (2) bien vivantes, animées par la rapacité, le goût du luxe, du pouvoir, l’amour des femmes, du bon whisky prohibé, du pognon. Ness lui, est un rabat-joie au visage de pierre, à l’œil glacial, à la voix cassante, un homme désincarné absolument dénué d’humour. Comment s’étonner que parfois, on prenne parti pour ses ennemis jurés ?

Ce type de personnage fleurira dans des genres comme le ‘spaghetti western’ où les vengeurs seront souvent des zombies impassibles et sans cœur et Stack fera même école à la télé : Jack Lord calquera plus ou moins son McGarrett sur Eliot Ness dans la série « HAWAII : POLICE D’ÉTAT ».

D'ailleurs, dans « THE JAKE LINGLE KILLING » un épisode des « INCORRUPTIBLES » dont Lord était la ‘guest star’, Ness pour la seule et unique fois, montrera une indulgence coupable envers une fripouille, dans une curieuse histoire fleurant bon le crypto-gay. Nous y reviendrons certainement !

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Published by Fred Jay Walk - dans LA MYTHOLOGIE DU WEST
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