Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 09:17

SPORTING (2)Inscrit dans la mouvance réaliste du cinéma anglais des sixties, « LE PRIX D’UN HOMME » suit quelques mois de la vie d’un individu brutal et primitif, qui s’impose comme rugbyman dans une équipe locale et poursuit de ses assiduités sa logeuse récemment veuve. Si l’univers décrit est excessivement concret et crédible, c'est surtout les humains quiSPORTING (1) intéressent les auteurs. Ils décrivent par le menu la relation impossible et nocive entre deux êtres incapables de communiquer ou d’aimer et l’inéluctable destruction de l’un d’eux.

C'est oppressant, poisseux, mais très bien filmé et surtout monté et la gestion des flash-SPORTING (3)backs est remarquable de fluidité. En fait, ce qui surprend vraiment dans ce film, c'est son interprète principal : Richard Harris. Il avait tourné son film précédent (« LES RÉVOLTÉS DU BOUNTY ») aux côtés de Brando et on dirait que c'est tout l’Actors Studio U.S. qu'il trimballe avec lui en Angleterre. Il s’identifie tellement avec les maniérismes et les postures du Brando de « SUR LES QUAIS », qu'il en vient à lui ressembler physiquement par moments. C'est très troublant et bizarre à voir. Bien sûr, s’il a d’excellentes scènes, en particulier avec sa partenaire Rachel Roberts, Harris est souvent en porte-à-faux face au naturalisme des autres comédiens. Ses mimiques douloureuses, ses éruptions de violence, SPORTINGses poses très étudiées, peuvent même prêter à sourire, tant elles sont en décalage avec l’aspect quasi-documentaire de tout le reste. Il a malgré tous ces artifices une indéniable présence et une épaisseur humaine dérangeante, bien éloignée de ce qu'il fera dans la suite de sa carrière.

Un bon film donc, bien noir et cafardeux, ne laissant la place à aucune lueur d’espoir ou de rédemption. Bête de foire « achetée » par des exploiteurs cyniques, ‘Frank’ vendra son âme pour mille livres, pensant qu'il pourra acheter l’amour d’une femme comme il s’est offert une rutilante Bentley. Au bout de sa route, il ne restera plus rien que la boue, les coups dans la gueule et les huées du public.

À noter qu’on aperçoit quelques secondes en figuration, le futur ‘Chacal’ de Fred Zinnemann, Edward Fox, jouant un barman de restaurant.

Partager cet article

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans MADE IN UK
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog du West (l'Ouest, le vrai !)
  • Le blog du West (l'Ouest, le vrai !)
  • : News, photos, critiques films et DVD, avis et commentaires sur le cinéma populaire, ses stars, ses mythes, mais aussi sur les séries TV et quelques à-côtés.
  • Contact

Recherche

Catégories

Liens