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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 16:47

MESSIE SAUVAGE (2)Tout le monde n’est pas obligé de connaître le nom d’Henri Gaudier, un sculpteur du début du 20ème siècle, qui mourut à l’âge de 23 ans dans les tranchées. Grâce à Ken Russell, on peut en savoir un peu plus. Pas beaucoup, mais un petit peu. Car on imagine bien que sous MESSIE SAUVAGE (1)la caméra ivre et hystérique de l’Anglais, « LE MESSIE SAUVAGE » n’a rien d’un biopic sage et éducatif.

C'est d'ailleurs son gros point faible, car s’il est parfaitement interprété, si les décors et l’ambiance (le sous-sol sordide et bruyant où vit et travaille l’artiste) sont d’une justesse sans faille, le film peine à passionner à cause de son tempo systématiquement frénétique et une direction d’acteursMESSIE SAUVAGE (3) fatigante. Le jeune Scott Antony – sorte de Hugh Grant moins maniéré – par exemple, passe tout le film à brailler ses répliques, à sauter sur les meubles, à se rouler par terre, alors qu’on sent par instants, qu'il aurait pu (et dû !) donner une interprétation plus nuancée. Sa partenaire Dorothy Tutin est par contre irréprochable, en exilée polonaise plus âgée que lui, avec laquelle Gaudier entretient une étrange relation fusionnelle, mais platonique. Le visage tourmenté de la comédienne reflète toutes les émotions trop survolées par le film.

C'est donc un film-collage auquel on assiste, une mosaïque d’instants plus ou moins MESSIE SAUVAGEpoétiques, plus ou moins vulgaires, dont on saisit mal la finalité. Ce que réussit par contre Russell, c'est la découverte progressive de l’œuvre du sculpteur dont on ne voit que le ‘work in progress’ au cours du film, pour enfin découvrir ses statues achevées pendant l’épilogue, véritable visite guidée dans l’exposition posthume qui le rendit célèbre.

À noter qu’on aperçoit des vétérans anglais du second rôle comme Michael Gough ou Peter Vaughan dans des apparitions minuscules et surtout la jeune Helen Mirren, décoiffante en suffragette exaltée et exhibitionniste, qui régalera le voyeur qui sommeille en chaque spectateur mâle, dans une séquence de nudité où elle fait preuve d’une extraordinaire aisance.

Pas le film le plus connu de Ken Russell, ni son plus réussi, mais en tout cas un  bel hommage à un artiste qu'il contribue à perpétuer.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS D'HELEN MIRREN
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commentaires

lemmy 07/05/2012 20:59

Très très jolie.

Fred Jay Walk 07/05/2012 21:58



Helen ou la scène de l'escalier ? Ou les deux ?



Marc Provencher 06/05/2012 18:09

S'il m'arrive d'apprécier Ken Russell (pour 'Les Diables' ou 'Malher'), en général son nom éveille en moi une profondeur méfiance, vu que je lui dois peut-être la pire expérience audio-visuelle de
toute mon existence : l'insupportable, le détestable et honteusement factice 'Lisztomania'.

Et pourtant, pourtant... Fred Jay Walk vient de faire tomber d'un seul trait de plume ces vilaines préventions.

« La jeune Helen Mirren » - écrit-il - « décoiffante en suffragette exaltée et exhibitionniste (...), dans une séquence de nudité où elle fait preuve d’une extraordinaire aisance. »

Et voilà : tout à coup, je me passionne pour la scuplture des années 20. Après la sensuelle sauvageonne cueilleuse de coquillages de 'Age of Consent' - absolument inoubliable malgré l'étrange
inégalité du film - je dois absolument voir de mes yeux cette suffragette !

Fred Jay Walk 07/05/2012 00:57



Il y a une scène de descente d'escalier... inoubliable.



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