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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 10:57

ACE IN HOLE (1)Un homme enseveli aux tréfonds d’une mine, les secours s’organisent à l’extérieur. Mais à cause de l’intervention d’un reporter opportuniste, l’évènement se transforme rapidement ACE IN HOLEen obscène cirque médiatique à ciel ouvert, où se déchaînent les passions les plus sordides.

Même si « LE GOUFFRE AUX CHIMÈRES » date de 60 ans, il n'a pas perdu une once de sa cruauté, de son cynisme, de sa misanthropie profonde, de son pouvoir dérangeant. Prenant pour « héros » (plusieurs guillemets seraient nécessaires !) une véritable ordure, un aventurierACE IN HOLE (2) égoïste, vulgaire, qui n'hésite pas à sacrifier une vie pour faire le papier qui le remettra en selle, c'est une charge anti-médias, s’attaquant au passage au monde du showbiz, au voyeurisme malsain du public. Et bien sûr à la pourriture des politiciens (le shérif est particulièrement gratiné).

Au départ, le reporter Tatum part faire un reportage sur une course de serpents à sonnettes et ce n'est pas par hasard : les pires crotales chez Billy Wilder sont humains. De la presque veuve sans foi ni loi (stupéfiante Jan Sterling !), au journaleux novice si vite corrompu, en passant par l'entrepreneur peu téméraire, tout le monde se vaut. À l’exception du rédac-chef du journal d'Albuquerque, ultime honnête homme de ce monde pourri jusqu'à l'os, véritable Jiminy Cricket de Tatum et son dernier refuge.

Le film doit beaucoup à Kirk Douglas, qui pousse loin l'abjection, sans jamais chercher à rendre ACE IN HOLE (3)son Chuck Tatum attachant. Même son sursaut de dignité à la fin ne rachète rien. Il est beaucoup trop tard ! L'acteur se fera ensuite une spécialité des personnages de salauds flamboyants, ce qui est finalement assez rare (et courageux) chez les stars de cette magnitude.

Wilder dirige tout cela de main de maître : les séquences au milieu de la foule réunie autour du trou où gît Minosa, sont extraordinaires et il faudra attendre « DES HOMMES D’INFLUENCE » de Barry Levinson pour retrouver un esprit aussi abrasif, une telle autopsie du monde des médias. À part que « LE GOUFFRE AUX CHIMÈRES » date de 1951 (c'est à dire aux balbutiements de la télé) et devait tout de même être très en avance sur son temps.

Donc chapeau bas, Mr. Wilder, car votre film laisse toujours la même sensation nauséeuse à la fin. Et pourtant depuis, on en a vu d’autres. Et pas seulement en fiction !

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE KIRK DOUGLAS
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