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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 16:47

CERCLENOIR (2)« Tu te souviens de chez nous ? » demande son ex-femme au flic Bronson, « La fonderie, les mines, et cette terre morte à des kilomètres à la ronde ? Où tout fanait, dépérissait, CERCLENOIR (1)mourait. C'était novembre toute l’année. Si je veux m’en souvenir, je n’ai qu’à te regarder ».CERCLENOIR

Sous ses apparences de polar banal estampillé seventies, « LE CERCLE NOIR » est truffé de répliques stylisées de ce genre, de ‘one liners’ à l’emporte-pièce et de réflexions corrosives sur le Vietnam qui a créé une génération de psychopathes, de hippies drogués à la sexualité indécise. C'est souvent réac, bourré de répliques racistes et homophobes, mais à bien y regarder – et contrairement à « DEATH WISH » tourné l’année CERCLENOIR (3)suivante – Michael Winner ne donne pas forcément raison à son flic qui n’a rien d’un héros admirable. Dur à cuire sans humour, à la vie privée désertifiée, aux méthodes fascisantes, Charles Bronson n’attire à aucun moment la sympathie. Autour de lui même constat : ses collègues ne pensent qu’à leur retraite ou à leurs notes de frais (délectable Ralph Waite en co-équipier particulièrement inopérant).

Les années ont été étonnamment clémentes envers « LE CERCLE NOIR » qui a pris une belle patine et a capté malgré lui l’atmosphère de ces années-là, y compris dans sa mise en scène putassière et une BO agressive.CERCLENOIR (4)

Le scénario est simplissime : un vieux parrain sicilien de New York organise une vendetta pour éliminer tous ses ennemis et parallèlement, un flic enquête sur un simple meurtre relié à ces évènements et soulève, sans le vouloir, un gros lièvre. Mais c'est raconté de façon si morcelée, le montage est si haché, qu’on garde un sentiment de foisonnement voire de confusion.

On est loin de « BULLITT » ou du « PARRAIN », mais « LE CERCLE NOIR » est un polar âpre et déconnecté de toute émotion, qui marque la mutation d’une l’Amérique qui vient de perdre son innocence.

Bronson pousse tellement loin le non-jeu, qu'il en devient quasi-absent, une sorte d’entité qui traverse le film et son agitation sans avoir l’air d’en faire réellement partie. Autour de lui, de bons seconds rôles comme Martin Balsam, Paul Koslo ou Norman Fell.

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commentaires

lemmy 05/05/2010 14:46


Il n'en reste pas moins qu'il faut faire ce que tu dois faire et te procurer ce dvd fait pour nous, les hommes.


lemmy 05/05/2010 14:44


Malgré ce que j'ai écrit plus haut sur ce film, ça n'en pas nécessairement un bon film. Il reste un sous-Dirty Harry. Quelques dialogues se voulant explicatifs de l'époque sont assez tirés par les
cheveux. Mais la noirceur finale et quelques fulgurances font qu'il en reste quelque chose. Quant à son intérêt historique interrogeant l'Amérique de la guerre du Viêt-Nam, son côté "réac" amalgame
tout ce qui est considéré comme tares contestataires de l'époque.


Corey 04/05/2010 18:13


Bon, je vais me l'acheter ce dvd alors !


Fred Jay Walk 04/05/2010 19:00



Comme disait John Wayne, "Un homme doit faire ce qu'il a à faire..."



lemmy 04/05/2010 03:51


Je viens de le revoir dans l'édition dvd dont tu parles, qui est juste un peu sombre.

Effectivement, le montage - spécialement au début - est hâché, voire fait au couteau, ce qui désarçonne. Hâché,comme le reflet d'une époque. Ce qui va avec le propos et les personnages du film,
reflet d'une époque chaotique où tous semblent perdus, spectateur compris. Les passés polluent et donnent un présent nihiliste. Winner n'a jamais brillé par son amour du genre humain.

Il n'y a pas de gagnants dans ce film, que des perdants.

Une scène intéressante, presque trop explicite, mais dans le ton du film : Bronson a dans sa chambre une reproduction de l'atroce et fascinant "Saturne dévorant ses enfants" de Goya - signe d'un
monde qui se dévore lui-même et ne laisse aucune chance - qui le hante, au point de se "refléter" en lui. Bon, Winner n'est pas Bergman, mais c'est un foutu misanthrope.

A part ça, j'aime beaucoup la scène où un truand abattu par Bronson ouvre la porte d'un frigo en mourant, ce qui permet au collègue de Bronson de se servir une canette.

Sinon oui, Bronson est passablement minéral.


Fred Jay Walk 04/05/2010 07:50



Ce qui est surtout curieux, c'est de voir à quel point un film objectivement "banal" comme "LE CERCLE NOIR" prend une dimension
"historique" avec les années. Les ashrams, les dialogues entre flics, les relations avec les indics, etc. On dirait une radiographie des seventies.



Corey 04/05/2010 02:16


Un des rares Bronson dont je ne garde aucun souvenir particulier, à part celui d'un film d'une grande banalité. Il faudra que je le revois, il est sorti récemment dans une nouvelle édition en DVD.


lemmy 03/05/2010 23:30


La dernière photo de ton article est assez réjouissante. On en devine tout le ton du film.


lemmy 03/05/2010 23:28


Ah, vicieux, tu me donnes envie de le revoir ! ce sera fait dans la semaine,le dvd traîne depuis quelques mois sur une étagère. J'en ai un bon souvenir, pas mirobolant, mais un bon souvenir. Il y a
quelques scènes où le personnage fait passer l'inspecteur Harry pour l'Abbé Pierre quant à sa tolérance.

Bronson en "entité" traversant le film ? Il y a peu d'acteurs dont on puisse dire ça. pour d'autres, on utiliserait d'autres mots...


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