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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 07:01

Peut-être faut-il se procurer le roman de Roger Vailland et s’en servir comme mode d’emploi pour piger quelque chose à « LA TRUITE » ? Toujours est-il que l’adaptation qu’en a fait Joseph Losey frise l’abstraction et découragerait l’esprit cinéphilique le plus aventureux. De quoi s’agit-il ? D’Isabelle Huppert dont le job consiste à extraire le sperme de poissonsTRUITE vivants et qui a juré gamine de « tout obtenir des hommes sans jamais rien leur donner ». De fait, ce personnage languide, vaguement insolent, froid et indifférent à tout, sied bien à l’opacité naturelle de l’actrice, mais a du mal à passionner. Alors on la suit passivement de la province française à Tokyo, ainsi que dans des flash-backs incompréhensibles (du moins – encore plus que le reste du scénario !), profitant de la belle photo d’Henri Alekan et d’apparitions incongrues comme celle de l’ex-star hollywoodienne Alexis Smith en voisine d’hôtel nostalgique de ses orgasmes passés.

Pour le reste, le début rappelle de loin un univers chabrolien enveloppé dans une musique disco fatigante, les comédiens – Jeanne Moreau en tête – errent d’un décor à l’autre, jouent au bowling, refoulent leurs passions homosexuelles et finissent par se tuer à coups de bûche sur le crâne.

On a parfois envie de sourire devant tant d’hermétisme, mais c'est si long, si lent et si empesé, qu’on renonce à ce projet insensé pour s’assoupir gentiment en attendant la fin. Dommage parce qu’envers et contre tout, on aurait espéré davantage de la rencontre somme toute assez logique entre Losey et Huppert.

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commentaires

Marc Provencher 16/04/2013 15:14

Ah oui, 'La Fille' ! Un Lattuada pas mal du tout, d'après mon souvenir. Ah, Nastassja Kinski...

denis 16/04/2013 11:32

Ah "La Truite", grand souvenir! J'ai failli le voir à l'époque en sortie scolaire (en classe de seconde,j'avais 15 ans). Au départ on devait voir une pièce de théatre mais la représentation a été
annulé, et la prof désespérée nous a emmené au ciné d'à coté qui passait donc ce film, et aussi "La Fille" avec la jeune Nastssja Kinski, que la presse (et l'affiche) présentait alors comme un film
sulfureux avec pas mal de cul...
La prof a emmené tout le monde à "La Truite", sauf 2 cancres (dont moi) qui ont préféré "La Fille" en espérant se rincer l'oeil. On s'est bien marré, et le lendemain on a pris un bonne engueulade
(on était en plus dans un lycée privé catho!)
Excellent souvenir.

Marc Provencher 15/04/2013 23:43

Heureusement que Losey - qui a un côté "ça passe ou ça casse" à la John Boorman (lequel aurait d'ailleurs pu réaliser ses 'Deux hommes en fuite') - n'a pas terminé sa carrière sur ce pensum mais
plutôt avec 'Steaming'. Il était devenu un réalisateur français, pas moins, avec l'excellent 'Mr. Klein' comme avec le mal-aimé 'Les Routes du Sud'. Mais là, tout indique qu'il devenait trop
français ! Je veux dire par là que ta description semble concentrer les pires penchants du "cinéma d'auteur" casse-bonbons à la sauce Robbe-Grillet ou Marguerite Duras... Un petit retour dans
l'empirique Angleterre ne pouvait lui faire de tort...

Fred Jay Walk 16/04/2013 08:08



Peut-être qu'un visiteur viendra contredire mes propos et même - on peut rêver - m'expliquer de quoi il retourne ? Je ne sais pas comment le film avait été accueilli à sa sortie...



lemmy 15/04/2013 22:25

On a l'impression que ce film fait partie d'une dimension parallèle du cinéma, telle que tu la décris avec les films imaginaires de Bronson.

Fred Jay Walk 16/04/2013 08:09



Il y a dû y avoir une faille dans l'espace-temps, en effet.



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