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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 16:34

C'est l’inconnu Bretaigne Windust qui démarra le tournage de « LA FEMME À ABATTRE » et tomba malade après quelques jours. Il fut remplacé par Raoul Walsh à la demande de l’acteur principal, mais Walsh demanda à n’être pas mentionné au générique. C'est doncENFORCER (1) bien un film de Walsh mais à 90%.

Ce qui distingue « LA FEMME À ABATTRE » des habituels ‘films noirs’ de l’époque, c'est d’abord sa construction en poupées-gigognes : nous allons de flash-back en flash-back, retournant dans le passé parfois à l’intérieur de séquences déjà en flash-back. C'est complexe, maîtrisé, parfois légèrement confusionnant, mais cela maintient l’intérêt malgré un scénario qui mise tout sur l’action et l’enquête, délaissant totalement la psychologie de ses protagonistes. Ensuite, c'est la première fois que sont employés au cinéma les termes « contrat » et « hit » pour désigner un meurtre commandité et une cible, des mots qui deviendront partie intégrante du polar, jusqu'à aujourd'hui.

En tête d’un excellent casting de « tronches » parmi lesquelles on reconnaît Ted De Corsia, Jack Lambert et l’inquiétant Bob Steele, Humphrey Bogart joue un procureur nerveux et obstiné. Il disparaît souvent, par la faute justement des retours en arrière, et s’efface dans un rôle assez passif de témoin. Sa présence iconique cimente néanmoins le film. Et il est le seul acteur à pouvoir inspirer le respect en portant des nœuds-pap’ ridicules.

ENFORCER

Sans être un grand Walsh, c'est tout de même un polar haletant, qui met en scène une organisation criminelle inédite à l’époque, une véritable agence de tueurs à gages opérant un peu à la façon de « call girls ». Intrigant concept. Regrettons que la sécheresse délibérée de la mise en scène et de l’écriture nous prive de personnages plus développés auxquels on aurait pu s’attacher un tant soit peu.

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Published by Fred Jay Walk - dans POLAR - FILM NOIR ET ACTION
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commentaires

Dino Barran 05/01/2013 15:51

Film magistral. Sait-on pourquoi Walsh refusa d'être crédité ?
Le Syndicat du crime (Murder Inc) est né à la fin des années 20 et aurait été démantelé vingt ans plus tard. Es-tu sûr, cher Fred, que LA FEMME À ABATTRE soit le premier film à l'évoquer ?

Fred Jay Walk 05/01/2013 16:07



Je ne sais pas si c'est le premier film à parler du syndicat du crime, mais c'est apparemment le premier à citer les termes "hit" et "contrat". Je dis apparemment parce qu'à plusieurs reprises
dans le dialogue, divers personnages expliquent de quoi il s'agit comme si le spectateur découvrait ces mots en relation avec le crime.


 


Quant au refus de Walsh de signer, je suppose qu'il ne considérait pas ce film comme sien, puisqu'il n'avait pas choisi le scénario et ne l'avait pas préparé.



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