Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 11:27

HOMME SIERRA (2)La seule et vraie star de ce film et l’unique raison de voir « L'HOMME DE LA SIERRA », c'est le chef-opérateur Russell Metty qui signe une photo absolument somptueuse, d'un HOMME SIERRApiqué et d'une beauté saisissants.

Sidney J. Furie lui, spécialiste des cadrages inutilement biscornus (« IPCRESS : DANGER IMMÉDIAT ») abuse de gros-plans microscopiques, se calquant sur les gimmicks les plus caricaturaux du western européen qui commençait alors à émerger. Il s’obstine à placer n'importe quoi au premier plan (une tête d'âne, un pied botté, des éperons, des sombreros àHOMME SIERRA (1) foison, etc.) et accumule les effets distractifs jusqu'à la torpeur totale.

Il faut dire qu'il n'est pas aidé par Marlon Brando qui campe un des héros les plus déconcertants de l'histoire du western : son Matteo est un ‘gringo’ mollasson, somnolent, assez inopérant dans l'ensemble, incapable de se sortir du moindre pétrin, fonçant tête baissée vers le danger. Luttant déjà visiblement avec ses problèmes de poids, Brando est amoureusement filmé en gros-plans magnifiques (c'est la première fois qu’on remarque qu'il a les yeux bleus !). Chacune de ses apparitions ressemble à une toile de maître. Par sa présence, on a parfois la sensation de voir une sequel de « LA VENGEANCE AUX DEUX VISAGES », réalisé par l’acteur six ans plus tôt. Tout cela hélas, tient davantage de la prouesse photographique que d’une recherche cinématographique.

HOMME SIERRA (3)

À ses côtés, John Saxon en fait des caisses en ranchero sadique et le légendaire Emilio Fernández ressert son éternel numéro de ‘chicano’ ricanant.

« L'HOMME DE LA SIERRA » n'est certes pas un bon film, mais il se laisse regarder pour ses images, pour l'utilisation hors contrôle du format CinémaScope dont il explore toutes les possibilités et pour voir à quel point le ‘spaghetti western’ avait déteint sur le western U.S. dans les années 60. Cocktail pas très heureux...

Ceci établi, le fan de Brando passera pudiquement son chemin, histoire d'éviter les désillusions sur celui qu’Elia Kazan appelait « le plus grand acteur du monde ». Il n'avait pas dû voir ce film-là...

Partager cet article

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans WESTERNS U.S. ET ITALIENS
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog du West (l'Ouest, le vrai !)
  • Le blog du West (l'Ouest, le vrai !)
  • : News, photos, critiques films et DVD, avis et commentaires sur le cinéma populaire, ses stars, ses mythes, mais aussi sur les séries TV et quelques à-côtés.
  • Contact

Recherche

Catégories

Liens