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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 21:08

JOHN DOE (1)Récupération politique, démagogie rampante des hommes de pouvoir, manipulation des médias qui inventent des icônes pour le bon peuple avide d’espoir pour mieux les cornaquer, monde en crise, vulnérable et au bord du gouffre… Non, « L'HOMME DE LAJOHN DOE RUE » n’a pas été tourné l’année dernière. C'est un grand classique du cinéma américain datant de 1941 et probablement le chef-d’œuvre de Frank Capra.

Le film démarre comme une fable caustique mais nimbée de naïveté, semble prendre le chemin d’une love story sucrée, puis bifurque brutalement et devient un pamphlet âpre et sans pitié sur les pleins-pouvoirs des capitalistes qui se jouent de « l'homme de la rue » et avilissent ce qu'il peut avoir de plus pur en lui. « L'HOMME DE LA RUE » est un film politique au sens noble du terme, qui n’a pas pris une ride. La mise en scène passe de l’intimiste à l’universel avec maestria, parvient à décrire des personnages à la fois JOHN DOE (2)symboliques et profondément humains. Du grand art, vraiment.

Dans un des rôles de sa vie, Gary Cooper n’a jamais été aussi émouvant. D’abord grand dadais lent d’esprit et pas bien futé, il évolue, finit par se prendre pour l’image idéalisée qu’une journaliste rouée (Barbara Stanwyck) a fabriquée pour lui. Mieux : il finit par réellement devenir cette image. Magnifiquement dirigé, Cooper n’a jamais été aussi lumineux, comme Stanwyck n’a jamais été aussi féminine et ambiguë. Tous les seconds rôles sont splendides, à commencer par Walter Brennan en SDF ronchon et lucide.

Un grand film dont certains élans peuvent paraître par trop naïfs et explicatifs, mais dont l’utopie mêlée de cynisme touche encore profondément. Oui, aujourd'hui encore, tout le monde aimerait voir surgir un « John Doe », là où on n’a hélas, droit qu’à des… Mais ne citons pas de nom !

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE GARY COOPER
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commentaires

Daveon 18/12/2011 18:59

Je me joins quelque peu à l'avis de Patrick, ce n'est pas non plus le chef-d'oeuvre de Capra à mon sens, la faute à un script au départ pétillant et jouissif mais qui sombre en fin de parcours dans
le trop-plein mélodramatique cher à Capra (je pense surtout aux scènes finales sur le sommet du building, pompeuses et interminables). Dans cette veine-là, je préfère définitivement La Vie est
Belle (je ne nie pas que celui-ci est également très axé sur les bons sentiments, mais là la pilule passe parfaitement) ou encore L'Extravagant Mr. Deeds. Finalement, le Capra que j'aime le plus
est (à l'exception d'Horizons Perdus, ovni magnifique dans la carrière de son auteur) celui qui savait s'effacer devant les merveilleux délires burlesque de Langdon dans les années 20.

Fred Jay Walk 18/12/2011 19:51



Je ne connais pas assez l'oeuvre de Capra pour dire quel film est - selon moi - son chef-d'oeuvre. C'est pour cela que j'écris "probablement". Car le consensus critique le cite souvent comme son
film le plus abouti et archétypique.



Patrick 17/12/2011 12:26

Non ce n'est pas le chef-d'oeuvre de Capra, très bon dans les 45 premières minutes L'Homme de la rue devient un peu trop bavard, L'Extravagant Mr Deeds aussi avec Gary Cooper est bien meilleur du
moins selon moi.

lemmy 08/01/2011 11:23


Tu me donnes envie de le décellophaner pour le revoir. je suppose que "L'extravagant M. Deeds" est prévu dans ta rétrospective Cooper. Rétro dont je te félicite, cela rappelle que ce bon Coop'
était un acteur très polyvalent... Ses Lubitsch sont-ils prévus ? : j'en ai vu un joli coffret dvd sorti à l'occasion de Noël.


Fred Jay Walk 08/01/2011 11:48



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