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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 06:40

ENFER (1)« L’ENFER EST À LUI » fait aujourd'hui partie des grands classiques du cinéma U.S. tous genres confondus. À quoi le doit-il ? À l’extrême efficacité d’un scénario rentre-dedans ? À la maîtrise technique d’un Raoul Walsh au sommet de son art ? À la fascination inaltérable exercée par les gangsters ? Sûrement. Mais en le revoyant – et c'est un de ces films qu’on peut revoir souvent – la raison de sa popularité apparaît clairement : sa renommée doit tout à James Cagney.ENFER

Une décennie après ses grands succès dans le polar, l’acteur mûri, épaissi, vieilli avant l’âge, offre ici un des portraits de psychopathes les plus saisissants de l’Histoire du cinéma. Fils-à-maman à la lourde hérédité, chef de bande despotique en proie à d’horribles accès de migraines, son ‘Cody Jarrett’ fait franchement peur. Totalement investi, Cagney a des instants de pur génie : sa célèbre crise de folie furieuse au réfectoire du pénitencier quand il apprend la mort de sa mère, ses confidences en gros-plan dans la nuit à son « ami » Edmond O’Brien, sans parler de sa fin mythique dans les flammes de l’enfer. On pourrait citer chaque scène, chaque plan où il apparaît, tant son travail est spectaculaire. Et pourtant, ce monstre on finit par éprouver une sorte de compassion pour lui, probablement proche du syndrome de Stockholm, d'ailleurs ! Et la nature-même du scénario fait qu’on prend malgré soi, son parti. En effet, le seul homme auquel il donne confiance et amitié n’est autre qu’un flic infiltré qui non seulement le trahira, mais l’abattra comme un chien à distance. Ultime paradoxe d’un ‘bad guy’ tellement monstrueux qu'il en devient humain et d’un ‘good guy’ tellement perfide qu'il en devient odieux. C'est cette ambiguïté foncière qui donne son prix au film et le transcende, puisqu’il nous déstabilise dans nos confortables certitudes.

ENFER (2)

Bien sûr, tout n’est pas parfait dans « L’ENFER EST À LUI ». Les séquences où n’apparaît pas Cagney ont tendance à faire retomber le soufflé, en particulier celles avec les flics, platement « techniques » et gravement désuètes. Mais les seconds rôles sont triés sur le volet, surtout Virginia Mayo détestable ‘bad girl’, traîtresse jusqu'à l’os qui ne connaîtra même pas sa juste punition.

Au rythme frénétique de la diction-mitraillette de Jimmy Cagney, au son crispant de son rire dément, « L’ENFER EST À LUI » est un très grand film sur la folie, la solitude, l’aliénation et la trahison, à revoir jusqu'à plus soif.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS-CULTE DE "WWW"
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Patrick 07/06/2013 15:50

Sans doute un des meilleurs polars noirs qui soit.

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