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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 06:40

De quoi parle donc « L’ÉCLIPSE », le classique italien d’Antonioni, datant d’un demi-siècle ? D’incommunicabilité ? De solitude dans un monde obsédé par l’argent et le matériel ? De la déshumanisation de l'homme moderne ? De l’inanité des relations amoureuses ? Sans doute… En fait, pour profiter pleinement du spectacle esthétiquement ECLIPSEtrès séduisant offert par cette œuvre étrange et légèrement rébarbative, il ne faut justement pas trop se poser de questions et se laisser porter. Se laisser séduire par le jeu de Monica Vitti, jeune femme apathique, à la dérive, animée de temps en temps d’éclairs de joie de vivre et de fantaisie (scène étonnante où elle se déguise en Africaine), rapidement réprimés et traînant son ennui dans des rues désertes, des appartements trop grands, trop sombres ou plongeant parfois dans l’hystérie de la « vraie vie ». Ainsi, la très longue séquence de la Bourse, allant crescendo dans la frénésie, jusqu'au crash, est-elle aussi brillamment exécutée que dérangeante. Car au fond, c'est le seul moment où les personnages paraissent passionnés, animés, voire tout simplement… vivants.

Antonioni s’éternise dans de longs plans magnifiquement cadrés, qui ressemblent à des photos de maîtres, ose d’interminables silences et clôt même son film par dix minutes de plans muets sur des extérieurs et des visages d’inconnus. C'est dire qu'il s’agit d’un cinéma exigeant, dont il est facile de se détourner, voire de se gausser, mais avec un minimum d’effort, le voyage en vaut la chandelle.

Aux côtés de l’intrigante Monica, au regard incroyablement changeant, Alain Delon compose un remarquable portrait de prédateur agité, sans cœur, sans âme, un ‘trader’ accro au pognon et à l’adrénaline. À lui seul, il trace les contours de « l'homme du futur » et cela n’a rien de réconfortant.

À ne pas mettre entre toutes les mains donc, cette « ÉCLIPSE » glaciale qui nous plonge dans un monde en mutation, dans une Italie bien éloignée des clichés folkloriques véhiculés par le cinéma ou la musique.

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commentaires

lemmy 11/03/2013 22:17

J'ai vu "L'éclipse" au cinéma il a deux semaines. Fascinant - Spécialement après être allé à Rome dans ce quartier, le quartier "mussolinien", qui encore maintenant est glacial. Film non
psychologique, il reste longtemps en tête. L'homme est un objet animé ou un errant. Vitti et Delon sont difficilement oubliables pour pleins de raisons, pour leur excès de vie (les scènes d'amour
de l'appartement entre eux sont superbes, sonnant comme un défi) et leur abandon.

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