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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 10:38

ANGE DEMONCoproduit par l’italien Bino Cigogna, que Charles Bronson venait de rencontrer sur le tournage de « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST », « L’ANGE ET LE DÉMON » est une petite comédie sentimentale située à Londres et contant le mariage improbable d’un auteur de livres érotiques américain de 38 ans et d’une lycéenne anglaise de 16 ans. Le choix de Bronson pour le rôle de ‘Scott Wardman’ est d’autant plus surprenant que l’acteur a déjà dix ANGE DEMON (1)ans de trop pour le personnage et que l’âge est un facteur essentiel du scénario. Le film aurait probablement pris tout son sens avec – par exemple – un Robert Redford à sa place. Mais le réalisateur Richard Donner avait déjà dirigé Bronson dans un rôle « normal » dans « X-15 ». Curieuse lubie !

Filmé « à l’épate », dans une ambiance très ‘swinging London’, « L’ANGE ET LE DÉMON » est une œuvrette superficielle et décousue, qui ne tient que par l’énergie de Susan George et quelques scènes bien observée entre les deux époux. L’air un peu perdu, mal photographié, la lumière blême de la capitale anglaise accentuant ses rides, Bronson n’a de toute évidence rien à faire dans ce film et le traverse gauchement, rendant par son physique, l’histoire d’amour encore plus difficile à avaler. Sa « laideur » est d'ailleurs pointée du doigt par le père de Twinky, quand elle présente son fiancé à sa famille.

Sans parler des plans où on voit Bronson peiner devant sa machine à écrire… L’ami Charley a l’air de tout ce qu’on voudra, mais pas d’un homme de lettres ! Et encore moins de lettres pornographiques ! C'est vraiment une curiosité dans la filmographie de Bronson, qu’on peut déjà voir comme un signe des limites à ne pas dépasser, s’il désire pérenniser son vedettariat alors bourgeonnant.

Donner a réuni à ses côtés, le gratin des comédiens britanniques de l’époque, avec Trevor Howard, Honor Blackman très drôle en maman écervelée ou Jack Hawkins. Mais le film vaut uniquement pour la découverte de Susan George, qui ne trouvera qu’un seul autre rôle de cette ampleur dans « CHIENS DE PAILLE » de Sam Peckinpah, deux ans plus tard.

Le film fut acheté par Roger Corman, en vue d’une distribution aux U.S.A. Il fut rebaptisé « LOLA » (clin d’œil à l’ami Nabokov), raccourci d’une ou deux séquences et postsynchronisé pour remplacer toutes les phrases comprenant le nom ‘Twinky’ par ‘Lola’.

ANGE DEMON (2)

Curieusement, ce qui rendait le film irritant à l’époque de sa sortie, a fini avec la patine du temps par lui créer un charme indéniable. Le charme d’une époque insouciante, joyeuse, où on faisait du vélo et du patin à glace entre Londres et New York, sans autre inquiétude que celle du plaisir immédiat. Et le tout sur des chansons enjouées qu’on se surprend à fredonner bien après la fin de la projection.

Et quand survient le dernier plan de Bronson, seul et enfin tranquille. Mais réalisant subitement ce qu'il a perdu, on sent poindre quelque chose comme une esquisse d’émotion…

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