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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 06:02

AIGLE (1)Depuis la signature de John Sturges, jusqu'au casting en passant par la BO de Lalo Schifrin, tout incite à se jeter goulument sur « L’AIGLE S’EST ENVOLÉ ». Pourtant, si on retrouve intacts le savoir-faire du réalisateur, son sens du cadrage en Scope, force est de reconnaître qu’un certain malaise s’installe rapidement : on a l’étrange sensation que le film fut tourné quinze ans plus tôt, d’une facture tellement empesée et désuète, qu'il en devient anachronique.AIGLE

Si on a le temps de se rendre compte de ses manques, c'est surtout la faute d’un scénario – tiré d’un roman – qui n’arrive jamais à décoller (contrairement à l’aigle du titre en v.f., l’anglais signifiant exactement l’inverse !) et qui décrit en fait une situation d’enlisement dans un AIGLE (2)petit village anglais, dont le film lui-même finit par être victime. L’idée du kidnapping de Churchill par un commando allemand en valait une autre, mais à force de personnages improbables, de voltefaces ridicules, de fusillades cacochymes, l’histoire piétine et finit par s’immobiliser totalement.

À la base, on a déjà du mal à prendre fait et cause pour ces « héros » commandités par Hitler en personne, même s’il est tout fait pour les rendre sympathiques. Sans parler du traître irlandais joué par Donald Sutherland, AIGLE (3)une infâme raclure censée vivre une émouvante histoire d’amour. Les acteurs ont visiblement du mal avec les accents : Robert Duvall est le seul « allemand » à en avoir un ! Et surtout avec leurs rôles sans épaisseur. En chef du commando, Michael Caine a une première scène-prétexte où il tente de sauver une jeune femme juive (sic !), lourdement écrite pour nous prouver quel type formidable il est. Hélas ! C'est ce qu'il aura de plus passionnant à accomplir de tout le film. On est content de retrouver la jolie Jenny Agutter, certes, navré de voir Larry Hagman faire le clown en colonel U.S. incompétent, mais le seul à faire un travail vraiment notable est encore Donald Pleasence, tout à fait convaincant en Himmler souriant, mais clairement givré.

Vieillot, beaucoup trop long, pas très bien construit, « L’AIGLE S’EST ENVOLÉ » semble être la triste preuve que les belles années du grand Sturges étaient derrière lui. Vu les moyens mis à sa disposition et la richesse de sa distribution, c'est assez rageant…

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE MICHAEL CAINE
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