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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 09:15

JUDGMENTLe producteur-réalisateur Stanley Kramer a souvent été vilipendé pour la lourdeur avec laquelle il assénait ses films « à message ». « JUGEMENT À NÜREMBERG », malgré la JUDGMENT (1)proximité des évènements décrits (à peine une décade) et la densité de son scénario, parvient à n’être pas qu’un pensum théâtral et didactique. Le scénario d’Abby Mann servit deux ans plus tôt à un épisode de la collection « PLAYHOUSE 90 »JUDGMENT (3) avec Claude Rains (le juge), Paul Lukas (le principal accusé), Melvyn Douglas et Maximilian Schell, le seul à reprendre son rôle dans le remake cinéma.

Dans le film de Kramer, rien n'est simple : le procureur américain, magnifiquement interprété par un Richard Widmark à cran, est montré comme un fanatique sans nuance, le juge est un vieillard apparemment hésitant et trop sentimental, le jeune avocat censé représenter la nouvelle génération allemande, retrouve des accents de führer quand il tourmente les témoins déjà bien abimés par la vie. Ceux-ci JUDGMENT (2)sont incarnés par Judy Garland et Montgomery Clift, eux-mêmes dans un état de délabrement physique et mental cruellement mais efficacement exploité par le réalisateur. Le regard fiévreux de Clift, hante longtemps après le mot ‘fin’.

Mais ce qui frappe le plus dans « JUGEMENT À NÜREMBERG », c'est l'épilogue. La visite de Spencer Tracy à Janning dans sa cellule, après la sentence. Alors qu'on s'attend à un adieu émouvant entre deux hommes qui s'estiment malgré leurs différences, qu'on est tout prêt à trouver une certaine noblesse à cet ancien juge pronazi, surtout qu'il est campé par Burt Lancaster véritable statue du Commandeur tout en silences intimidants, Kramer fait soudain volte-face et tord le cou au cliché : il fait dire au juge U.S., qu’on pensait prêt à l’indulgence, que « Le pire était déjà fait, le jour où vous avez condamné à mort, un homme que vous saviez innocent ». En quittant l'Allemagne, il laisse un homme (peuple ?) brisé, sans espoir de rédemption, même plus capable de se croire supérieur aux autres.

Une fin implacable, mais nécessaire. Et vraiment, un beau film, moins solennel et monolithique qu'on ne pourrait imaginer.

JUDGMENT (4)

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE BURT LANCASTER
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