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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 07:00

IN THIS OUR LIFESecond film de John Huston en tant que réalisateur, « IN THIS OUR LIFE » est un curieux mélodrame qui décrit d'abord une famille en crise, au bord de la ruine : la mère malade, le père en banqueroute, l'aînée quittée par son mari qui part avec la petite sœur. Puis peu àIN THIS OUR LIFE (1) peu, le film se resserre sur cette dernière, une horrible petite garce égoïste et manipulatrice et devient un véritable ‘one woman show’ de Bette Davis.

Et là, il faut bien dire qu'on n'est pas volé sur la marchandise : c'est un festival de méchanceté pernicieuse, d'inceste larvé (séquences avec le vieil oncle libidineux, qui mettent franchement mal à l'aise), de pure cruauté. L’actrice crève l'écran, se délectant d'un rôle sans aucune rédemption. Quand elle pousse son mari au suicide, écrase des passants avec sa voiture et fait accuser le pauvre petit Noir qui rêve de devenir avocat, la coupe est pleine et on commence à rire, car Huston se laisse aller à l'humour ‘camp’ cher aux anglo-saxons, à la limite de la parodie, de l'extrême mauvais goût, de l'excès sans complexe.

Visiblement peu dirigée, la star en fait des kilos, des tonnes, dans l'œillade suggestive, les changements d'humeur instantanés, l'hypocrisie fielleuse. Par instants, dans son visage encore juvénile, on croit entrevoir le monstre ricanant qu'elle deviendrait vingt ans plus tard dans « QU'EST-IL ARRIVÉ À BABY JANE ? ».

IN THIS OUR LIFE (2)

À l'ombre de Bette, deux revenantes de « AUTANT EN EMPORTE LE VENT » : Olivia De Havilland et Hattie McDaniel, dans des rôles moins avantagés. Quant aux hommes, le portrait n'est guère flatteur : faibles, geignards, inconsistants, ils ne sont que chair à canon, pour la prédatrice. À noter que le père du réalisateur, Walter Huston apparaît non-mentionné au générique (comme dans « LE FAUCON MALTAIS ») en barman râleur.

La griffe de John Huston, on ne la sent pas beaucoup dans « IN THIS OUR LIFE », hormis dans la vision de la communauté noire, certes schématique, mais plutôt inédite dans le cinéma de 1942. Le film vaut tout de même le détour pour tout admirateur de monstres sacrés en liberté peu surveillée.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE BETTE DAVIS
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