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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 17:48

8 H (1)« HUIT HEURES DE SURSIS » est, toutes époques confondues, un des très grands classiques du cinéma britannique. Débutant comme un ‘film noir’ profondément ancré dans une réalité historique précise (l’IRA, nommée ici « l’Organisation »), le film prend rapidement des chemins de traverse inattendus et rappelle de plus en plus le « réalisme poétique » cher à Prévert-Carné, floutant progressivement la frontière entre le monde réel et le délire enfiévré du héros agonisant.

Car le film de Carol Reed, comme le sera plus tard le « DEAD MAN » de Jarmush, n’est que l’interminable chemin de croix d’un homme blessé, se vidant de son sang et ne cessant de8 H marcher, de ramper, de se traîner vers la seule issue possible, voire souhaitable pour lui : une mort honorable. Pendant son périple, il croise la route de ce que l’Humanité peut offrir de pire et de plus répugnant : des délateurs, des ivrognes, des traîtres de tous poils, des « salauds de pauvres » comme échappés de « LA TRAVERSÉE DE PARIS », avec çà et là, quelques lueurs de rédemption glanées chez les êtres les plus improbables : ce flic aux allures d’officier nazi, ce faux médecin vivant avec les clochards.

Le film doit beaucoup à la performance de James Mason, qui vit son calvaire avec une telle intensité, que le voir jouer devient presque une souffrance. Blême, trempé jusqu'aux os, titubant, exsangue, il marche et marche encore, dans une nuit sans fin, balayée par les vents de neige. Face à lui, Kathleen Ryan est très émouvante en amoureuse jusqu’au-boutiste, dont la sobriété fait pardonner les excès un brin pénibles de quelques seconds rôles cabotinant sans retenue.

« HUIT HEURES DE SURSIS » se voit comme un cauchemar éveillé, on le traverse comme un long tunnel de douleur et d’angoisse, laissant sur un malaise tangible et une certaine hébétude.

À se demander si ‘Johnny McQueen’ n’est finalement pas mort au début du film et que les deux heures suivantes ne sont que les errances affolées de son âme en perdition. Grand film, oui.

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Published by Fred Jay Walk - dans MADE IN UK
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