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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 06:07

L’idée d’intégrer le romancier Dashiell Hammett dans une de ses propres fictions, d’en faire le héros d’une enquête en eaux troubles comme il en écrivait tant est plutôt bonne en soi, même si à la base, trop cérébrale.HAMMETT

Mais « HAMMETT » ne parvient jamais à prendre vie, à intéresser réellement à ce qui se passe à l’écran et au destin de ses personnages. Cela est et demeure jusqu'au bout un exercice de style complaisant et ‘atmospheric’ comme disent nos amis anglo-saxons, dont les véritables héros sont le décorateur Dean Tavoularis et le musicien de génie John Barry. Pour réussies qu'elles soient, les rues de Frisco reconstituées en studio finissent par devenir étouffantes et donnent la sensation qu’on tourne perpétuellement en rond autour du même pâté de maisons. Quant au scénario, sorte de pot-pourri de toutes les aventures de Sam Spade, Philip Marlowe ou Mike Hammer, ce n’est qu’un prétexte cousu de fil blanc dont le déroulement n’évite aucun cliché et semble même s’y vautrer avec ravissement.

Complètement dénué de rythme ou d’émotion, le film est tenu à bout de bras par Frederic Forrest, impeccable dans le rôle-titre, aux côtés duquel on reconnaît des figures mythiques du ‘film noir’ des années 30 et 40 telles que Sylvia Sidney, Elisha Cook, Jr. (amusant en taxi anarchiste), Samuel Fuller ou encore Hank Worden et Royal Dano. Ces petits plaisirs fugaces ne font hélas, pas oublier à quel point le temps semble long et combien paraît vain ce « à la manière de » trop stylisé et dévitalisé.

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Published by Fred Jay Walk - dans POLAR - FILM NOIR ET ACTION
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MarcProvencher 03/02/2013 17:55

Une des caractéristiques du "roman noir" inventé par les Chandler, Hammett et cie, puis des "films noirs" qui en furent tirés, était une intrigue sinueuse et alambiquée mais où tout finalement se
tenait parfaitement. Or je me rappelle de mon impression d'agacement intense à l'époque de la sortie de 'Hammett': que les auteurs ne semblaient absolument pas comprendre ce qu'est une bonne
intrigue, ou semblaient croire que le film ou le roman noir n'est qu'une affaire de forme ou d'atmosphère, l'histoire racontée étant tout à fait secondaire. Horripilant !

Heureusement, à a même époque il y avit eu des opérations-nostalgie parfaitement réussies, comme l'impérissable 'Chinatown', dont l'un des tours de force était justement d'être doté d'une parfaite
intrigue "à la Chandler", en forme de champ de mines mais où tout est parfaitement emboité (noyades nocturnes, étrange veuve d'un ingénieur des eaux, notaires marrons, orangeraies...).

À la sortie du soporifique 'Hammett', les comparaisons avec 'Chinatown' ou même 'Farewell my Lovely' étaient aussi inévitables que meurtrières.

Fred Jay Walk 03/02/2013 21:12



Oui, "ADIEU MA JOLIE" était d'une autre trempe !



Patrick 03/02/2013 15:11

même avis

bonne idée à la base pour un film finalement raté

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