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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 17:47

MOROCCO (2)À sa première apparition, Marlène Dietrich est vêtue en homme, chante une chanson dans un cabaret marocain bondé et embrasse une spectatrice sur la bouche. Dans le public, un jeune légionnaire élancé, aux yeux légèrement trop maquillés la fixe envoûté, habituéMOROCCO (1) lui-même à être un objet de désir pour toutes les dames, MOROCCOqu'elles soient prostituées ou femmes du monde.

Dès le départ « CŒURS BRÛLÉS » baigne dans cette ambiance ambiguë et lourdement symbolique, le dialogue est truffé de sous-entendus sexuels (dont la toute première réplique de ‘Coop’) et les rôles homme-femme ne cessent de s’interchanger.

Premier film américain de Dietrich, bien que tourné par son mentor Josef von Sternberg, ce mélo exotique offre une image d'elle qui est encore un « work in progress ». Le personnage n’est pas encore abouti, la silhouette est lourde, le visage poupin, les mouvements manquent singulièrement d’élégance. La photo accomplit des prouesses pour lui donner un mystère et y parvient parfois. Face à elle, le jeune Gary Cooper de 29 ans est quant à lui filmé en « sex toy ». Constamment entouré de femmes prêtes à tuer ou à mourir pour lui, il se promène, indolent et vaguement ironique dans ce Maroc de pacotille dans un rôle de légionnaire beau, grand et sentant manifestement le sable chaud.MOROCCO (3) Un pur fantasme féminin sur pattes ! L’acteur n’a pas grand-chose à faire, mais s’acquitte très bien de sa mission et invente une gestuelle amusante à son personnage, dont une façon de saluer mémorable.

Dommage que le scénario tienne – selon la formule consacrée – sur un ticket de métro, car les cadres sont sublimes, la photo est à couper le souffle et l’ambiance artificielle, frelatée de ce Maroc réinventé parfaitement intoxicante.

On suit donc « CŒURS BRÛLÉS » avec une indifférence polie, fasciné malgré tout par la beauté formelle de l’image. Par chance, le film se clôt sur une séquence échevelée, improbable, mais splendide, montrant cette femme dure et indépendante, abandonnant sécurité et richesse matérielle, pour suivre son homme dans le désert, pieds nus, s’intégrant au cortège de femmes-esclaves arabes, marchant dans les brisées des légionnaires qu'elles aiment aveuglément. Absurde, ridicule peut-être, mais inexplicablement émouvant… La puissance de l’image. 

 

À NOTER : le réalisateur de 2ème équipe, qui a donc tourné les séquences de foule et d’extérieurs, n’est autre que Henry Hathaway qui signera bientôt les plus grands succès commerciaux de Cooper.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE GARY COOPER
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