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À la fin de la WW2 est apparue à Hollywood une nouvelle catégorie d’acteurs, dont le physique défiait tous les canons de l’époque et dont la personnalité échappait à tout ripolinage factice. Souvent vétérans des zones de combat, marqués par la violence, hantés par des démons qui les poursuivront toute leur vie, ces hommes affichaient des visages marqués avant l’âge, un style de jeu qui ne devait rien aux cours ou au théâtre, ils trimbalaient leur passé dans leur sillage et changèrent peu à peu l’ordre établi.
Charles Bronson fut un de ceux-là. Et c'est celui qui connut la carrière la plus étonnante et l’iconisation la plus durable. Il n’était pourtant pas – en toute objectivité – le meilleur comédien du lot, ni le plus versatile. Lee Marvin ou Jack Palance pouvaient aisément lui disputer le titre. Il n’était certes pas le plus grand par la taille et son visage creusé, ses grandes oreilles et son implantation de cheveux n’évoquaient certes pas Errol Flynn. Alors pourquoi ?
C'est très simple : Charles Bronson fut un des premiers acteurs américains à miser sur le muscle comme atout commercial. Alors que Stallone, Schwarzenegger étaient en culottes courtes, il fréquentait déjà les salles de gym pour se sculpter un corps d’athlète dont il allait tirer grandement parti au fil des ans. De fait, on ne compte plus les films – même ceux de ses débuts, même ses téléfilms – où il ôte sa chemise de façon plus ou moins justifiée, pour exposer ces biceps hypertrophiés, ces abdos en tablette de chocolat, ces épaules d’haltérophile.
Dans « BIG HOUSE U.S.A. », il passe le film sans chemise à lire des revues de culturisme. Dans « L’AIGLE SOLITAIRE » ou « DE LA PART DES COPAINS », ses biceps sont les véritables stars du film, Samuel Fuller vanta son « physique extraordinaire » après l’avoir dirigé dans « LE JUGEMENT DES FLÈCHES », dans « ADIEU L’AMI » et « LES COLLINES DE LA TERREUR », il passe les trois-quarts du film « torse-poil », sans parler du « BAGARREUR » qu'il tourna à l’âge de 54 ans, etc.
Si aujourd'hui, le moindre Tom Cruise, Will Smith ou Matthew McConaughey surexpose complaisamment une musculature acquise dans de luxueuses salles hollywoodiennes, à l’aide de coaches surpayés, ils doivent tous quelque chose à l’ex-Charley Buchinsky qui avait compris très tôt (comme le confirme la bio de sa première épouse), qu'il allait devoir compenser ses « manques » par un petit quelque chose en plus.
Bronson apparaît torse nu dès son tout premier film en 1951 et renfilera définitivement sa chemise après un plan fugace dans « CABO BLANCO » en 1979. Dans « LE JUSTICIER DE NEW YORK », on le voit finir de renfiler son pull…
La grande époque du biceps conquérant était déjà manifestement terminée.
Je sens que je vais y revenir souvent...Sinon, je n'ai qu'une chose à dire : MERCI FRED !! Ma vie est plus belle, tout d'un coup...
Je pensais bien que ce post t'interpellerait, Val...
Lancaster, plutôt ? Son côté acrobate... Mais à côté de ça, il tournait de bons films avec de grands réalisateurs.
La piètre qualité des films tournés en vedette par Bronson ne justifie pas sa longévité post-mortem. Je pense vraiment qu'il faut chercher du côté de ses muscles pour expliquer la fascination durable qu'il exerce sur toutes sortes de publics. Après tout, Arnold ne doit sa carrière qu'à cela uniquement. Et Bronson, en bonus, était quand même meilleur comédien quand il s'en donnait la peine.