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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 09:53

BLACK RAIN (2)Dans « UN SHÉRIF À NEW YORK », Clint Eastwood flic-cowboy débarquait dans Big Apple avec un prisonnier qui lui échappait. Perdu dans un milieu hostile, il allait tout faire pour récupérer l’évadé. « BLACK RAIN » c'est exactement la même chose, à part que Michael BLACK RAIN (1)Douglas arrive de New York et atterrit à Tokyo. À la pragmatique solidité de Don Siegel succède le génie visionnaire de Ridley Scott et c'est – entre autres – ce qui fait toute la différence entre les deux films.

Encore habité par l’imagerie SF de son « BLADE RUNNER », Scott filme le Japon comme une contrée à la fois futuriste et archaïque et confronte les mentalités en décrivant l’amitié naissante entre le flic ripou yankee et le vieil inspecteurBLACK RAIN (3) nippon, confit dans ses traditions. Le premier réapprendra le sens de l’honneur et du devoir au contact de l’autre, le second osera pour un bref moment l’individualisme et la désobéissance. Ce magnifique personnage est campé par Ken Takakura, découvert dans l'assez proche « YAKUZA » qui est en fait, le véritable protagoniste du film.

« BLACK RAIN » est un polar étonnamment épargné par les années. Le scénario est bétonné, parfois à l’excès : était-il besoin de montrer que Douglas est un excellent motard au début pour justifier la poursuite finale ? Mais certaines idées sont formidables : la gestion du personnage d’Andy Garcia, le co-équipier sacrifié au beau milieu de l’action par exemple, laissant face à face les deux personnages principaux. La photo de Jan de Bont est époustouflante, chaque composition est plus sublime que la précédente. Quant  à la BO de Hans Zimmer, elle confère à l’ensemble une majesté unique.

BLACK RAIN (4)

Aucun défaut ? Si, bien sûr. Michael Douglas surjoue constamment le ‘tough guy’ quand on BLACK RAINaurait apprécié plus d’ambiguïté, l’entraîneuse jouée par Kate Capshaw n’est pas très bien intégrée au récit (en fait, le film aurait probablement encore mieux fonctionné en coupant toutes ses scènes !). Mais ce ne sont que broutilles : Yûsaku Matsuda est un méchant parfaitement haïssable et effrayant, les décors naturels japonais sont génialement choisis et filmés et l’épilogue à l’aéroport – un must depuis « CASABLANCA » ! – est étrangement émouvant.

Une superbe fable déguisée en thriller exotique, qui parle en filigrane de dérive morale, de rédemption, de fraternité entre les hommes et de retour à certaines valeurs oblitérées par la vie moderne. Le discours est toujours, et plus que jamais, valide 20 ans après la sortie de « BLACK RAIN ». Chef-d’œuvre ? Oui, chef-d’œuvre.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS-CULTE DE "WWW"
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commentaires

Lucas 02/09/2013 23:47

A quand aussi une sortie blu-ray de ce chef-d'oeuvre injustement oublié (ou boudé ?). Excellente critique mais avec une petite erreur: Conklin débarque à Osaka et non à Tokyo.

Patrick 30/11/2012 14:48

Excellent film mais pas un chef-d'oeuvre.

Fred Jay Walk 30/11/2012 18:53



Si, si, Patrick... Un chef-d'oeuvre.


 


A mon avis, évidemment !



DANIEL 02/07/2012 12:03

Entièrement d accord avec toi!Deja a l époque je trouvais que ce film avait vingt ans d avance;et si je devais faire une critique(mais vraiment en me forcant)ce serait sur le choix de Michael
Douglas(pourtant bon acteur)sur ce film!Vu le personnage ambigue qu il joue,certains acteurs disons plus "torturés" auraient magnifiés le personnage;mais le film est si bien fait que ce reproche
est plus que secondaire...

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