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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 08:39

ANNIEHALL (2)Étonnant de découvrir quatre décennies après sa sortie, que « ANNIE HALL » n’est peut-être pas la comédie enjouée truffée de bons mots dont tout le monde se souvient. Avec en ANNIEHALL (1)tête tous les films réalisés depuis par Woody Allen, on se rend compte qu'il s’agit en réalité d’une œuvre infiniment lucide et triste sur la fin d’un amour, l’autopsie d’une relation condamnée dès le départ. Au-delà des brillantes logorrhées verbales de l’auteur, de ses ‘one liners’, perce un autoportrait finalement cruel voire masochiste : égocentrique geignard et paranoïaque, ‘Alvy Singer’ tombe amoureux d’une jeune provinciale gauche mais spontanée, qu'il va s’évertuer à modifier à tout prix. Quand il l’aura « éduquée », « manhattanisée », quand il lui aura fait prendre des cours du soir, fait ingurgiter tous les bouquins possibles et imaginables sur la mort et les films sur la Shoah, qu'il lui aura payé une psychanalyse, Annie s’apercevra qu'il n’a rien de si admirable et le quittera.

On l’a appris depuis, « ANNIE HALL » est un film qui s’est essentiellement fabriqué au montage, en éliminant des pans entiers du scénario, en déconstruisant la chronologie, en recentrant sur l’histoire d’amour. Alors bien sûr, on rit souventANNIEHALL et on devine le passé de ‘one-man-show’ d’Allen dans l’accumulation forcenée de gags, l’avalanche de bonnes répliques et quelques instants à mourir de rire (le déjeuner chez les parents d’Annie, lors duquel la grand-mère antisémite l'imagine en tenue de rabbin). Mais fondamentalement, c'est un film sur l’arrachement d’une séparation, le désamour progressif, le regret et l’impuissance devant le temps qui passe. Toute l’œuvre de Woody Allen en embryon est déjà contenue dans ce premier film « d’auteur ».

Diane Keaton est tout bonnement magique et irremplaçable dans ce personnage écrit sur-mesure, où s’épanouissent son excentricité naturelle, son charme décalé, son art de la nuance. Allen s’acquitte fort bien de l’exercice difficile de l’autobiographie en parlant directement à la caméra. Et le spectateur à l’œil averti reconnaîtra quelques débutants comme Christopher Walken (dans un passage bref mais hilarant), Jeff Goldblum, Sigourney Weaver ou Beverly D’Angelo.

Après des années d’éditions indignes en DVD, « ANNIE HALL » est sorti en Blu-ray. C'est l’occasion de redécouvrir ce petit bijou d’intelligence et de nostalgie. L’auteur a certainement fait mieux depuis, mais plus attachant, ce n’est pas sûr…

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS-CULTE DE "WWW"
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valcogne.over-blog.com 20/04/2012 17:02

Dans le genre attachants je mettrai aussi " Mahattan" et, pour d'autres raisons: "Broadway Dany Rose".

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