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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 18:22

ACT OF VIOLENCE (1)« ACTE DE VIOLENCE » est un ‘film noir’ de l’Âge d’Or du genre, une œuvre exemplaire, ramassée et efficace à 100%. L’amateur pourra d'ailleurs noter de nombreuses similitudes thématiques et même stylistiques avec les deux versions de « LES NERFS À VIF ».

Ici, Van Heflin honnête père de famille de province, voit ressurgir son passé en la ACT OF VIOLENCEpersonne d’un inquiétant boiteux apparemment déterminé à le tuer. Il devra avouer à sa jeune épouse, Janet Leigh, que l'homme a de bonnes raisons de vouloir sa peau : pendant la guerre, il l’a dénoncé alors qu'il tentait de s’évader d’un camp nazi et a ainsi causé la mort atroce de plusieurs prisonniers.

Au-delà de l’anecdote, « ACTE DE VIOLENCE » est un film sur le remords, l’usurpation, les faux-semblants. Présenté comme un croquemitaine échappé d’un cauchemar, Robert Ryan est extraordinaire d’intensité dans le rôle du revenant : véritable spectre généré par la mauvaise conscience d’Heflin, il s’avère progressivement bien plus estimable que celui-ci. Le visage tourmenté de Ryan, qui paraît exprimer une demi-douzaine de sentiments contradictoires en même temps, a rarement été mieux utilisé. Idem pour Heflin, dont la façade de « brave type » débonnaire dissimule une âme noire et souillée par un péché inexpiable.

La mise en scène de Fred Zinnemann est d’une rigueur admirable, utilisant les clairs-obscurs, isolant ses protagonistes dans des décors sombres et comme vidés de toute vie. L.A. devient alors une sorte de purgatoire où Heflin va descendre aux tréfonds de lui-même pour enfin comprendre où se trouve la rédemption. À noter dans cette longue séquence, la présence de Mary Astor, absolument époustouflante en ‘barfly’ serviable et usée, pathétique.

ACT OF VIOLENCE (2)

Pas un instant de répit dans ce suspense de 82 minutes dont pas une seule n’est de trop. L’admirateur du « TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS » du même réalisateur, notera sur la fin de « ACTE DE VIOLENCE », d’étranges similitudes prémonitoires : ces plans sur des horloges marquant le temps qui passe, ce rendez-vous final à la gare, ce « héros » suant de trouille, marié à une femme blonde beaucoup plus jeune que lui, etc.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE ROBERT RYAN
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Dino Barran 22/04/2011 19:36


Alléchant ce commentaire.
Pour revenir au western, comptes-tu un jour nous parler d'OKLAHOMA cher Fred ?
Du peu que j'en ai vu, ça me paraît pouvoir s'intituler SISSI ET LES COW BOYS AU MOULIN ROUGE... Quel éclectisme ce Zinnemann.


Fred Jay Walk 22/04/2011 20:08



Généralement, j'évite certains films de réalisateurs que j'estime. Ainsi par exemple, je n'ai jamais voulu voir "LA MELODIE DU
BONHEUR" de Wise... Ai-je tort ?



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