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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 06:04

AVIFC'est en voyant « À VIF » qu’on se rend compte que « UN JUSTICIER DANS LA VILLE » n’était pas aussi primaire et de parti-pris qu’on le pensait. Bien sûr, Michael Winner – britannique d'ailleurs, comme Neil Jordan – n’y allait pas de main morte sur sa description des ‘muggers’ new-yorkais, mais au moins laissait-il une relative ambiguïté sur l’attitude des policiers et l’avenir du ‘vigilante’.AVIF (1)

Trente ans après, ce remake féminisé n’y va pas par quatre chemins. Il s’ouvre sur un couple idyllique odieusement massacré et se clôt sur la volte-face du policier qui se range ouvertement du côté de la justicière, allant jusqu'à la laisser en liberté, avec ses remerciements. C'est un choix certes, mais on peut le regretter, car Jodie Foster avait su ciseler le portrait de cette femme abîmée, détruite, qui d’intello férue de poésie, se mue en tueuse froide et désincarnée. Le thème de la césure schizophrénique, sous-entendue dans la voix « off » est intéressant et donne même une dimension tragique au personnage. Quelle bêtise alors de la réduire à la fin à une sorte de Terminator en blouson de cuir, alignant les ‘one liners’ pour grand public (« I want my dog back »). L’actrice et son rôle méritaient mieux.

En fait si « À VIF » reprend carrément des situations du film de 1974 : les scènes dans Central Park, dans le métro, au commissariat, celle du colis postal arrivant post-mortem pour raviver les plaies, etc., il évoque aussi « TAXI DRIVER ». Par la séquence de l’épicerie d’abord, où Jodie tue son premier homme et lorsqu’elle sauve la jeune prostituée des mains d’un client brutal, qui n’est pas sans évoquer ce qu’avait vécu Jodie Foster elle-même, trois décennies plus tôt dans le chef-d’œuvre de Scorsese, où le ‘vigilante’ était alors joué par De Niro et la « sauvait » de sa sordide existence.

La mise en scène est un peu chichiteuse, les effets visuels sont trop nombreux et peu nécessaires et ce qui aurait pu être le cœur du film (la relation entre le flic et la tueuse) est beaucoup trop survolé et simpliste. Ce n’est pas une catastrophe, mais tant qu’à revisiter la thématique de la justice individuelle, il y avait certainement des moyens plus subtils de le faire. Et puis… Deux heures ???

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Published by Fred Jay Walk - dans POLAR - FILM NOIR ET ACTION
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