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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 16:42

« LE SORCIER DU RIO GRANDE » (encore un titre français complètement à côté de la plaque !) est un film très ardu à voir aujourd'hui avec les mêmes yeux que le public de 1953. Les mentalités ont tellement changé par rapport à l’Histoire des Indiens d’Amérique, que les rôles des protagonistes du film de Charles Marquis Warren s’en retrouvent pratiquement inversés.

Celui qu’on présente comme le « héros », l'homme blanc, le scout inspiré du célèbre Al Sieber, est un raciste fanatique décomplexé que sa haine viscérale des Apaches fait grincer des dents à chaque fois qu'il en croise un. Il couche avec une métisse qu'il méprise ouvertement dans une relation sado-maso plutôt osée pour un film de cette époque. Et quand elle se suicide après avoir tenté de le tuer, il dit simplement « Il y a une Apache morte, ici. Sortez-la ». Le jeu grimaçant et torturé de Charlton Heston, son expression dégoûtée, ne font rien pour rendre le personnage plus sympathique. Quand il s’explique enfin sur les raisons de sa haine, c'est déjà trop tard. Son compte est bon...


De l’autre côté, se trouve Toriano le fils du chef qui rentre du collège pour soulever son peuple et empêcher l’armée de l’envoyer dans une réserve en Floride. Exalté, charismatique, avec un ego légèrement surdimentionné, on peine à le trouver antipathique même si Jack Palance et le scénariste se donnent beaucoup de mal. C'est un faux-messie et alors ? Il refuse de rester esclave et alors ? On ne peut s’empêcher de prendre parti pour cette tribu décimée et humiliée. À quel point était-ce voulu lors du tournage ? Impossible à dire. Quoiqu’il en soit, la scène où Palance habillé en visage pâle ôte soudain son chapeau, laissant tomber ses cheveux longs sur ses épaules, est un véritable morceau de bravoure : le loup s'était juste déguisé en agneau.

Le face à face entre ces deux comédiens volontiers « bigger than life », jouant deux hommes qui se haïssent à un point frisant la démence, est le point fort du film même si leur combat final est expédié et décevant. Autour d’eux, Katy Jurado parfaite en métisse ambiguë et sensuelle, Brian Keith en officier brave mais obtus et des figures du western comme Robert J. Wilke, Milburn Stone, Frank DeKova.


« LE SORCIER DU RIO GRANDE » aurait parfaitement pu se passer de l’histoire d’amour bidon entre Heston et la veuve d’un capitaine, mais il reste un bon western, solide et prenant et presque soixante ans plus tard, empreint d’une ambivalence inaccoutumée. Rares sont les films – et plus encore les westerns – où on peine à prendre parti pour un des camps en présence. Le film vaut le coup d’œil, rien que pour cela.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE JACK PALANCE
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