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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 16:45

« LA CHEVAUCHÉE DES BANNIS » ne ressemble à aucun autre western d’André de Toth. Tout d’abord, celui-ci semble mal à l'aise dans le huis clos psychologisant et le premier tiers paraît figé, théâtral, moyennement réalisé en plans d’ensemble dépourvus de vitalité. Ensuite, à force de vouloir éviter le manichéisme, le scénario ne présente finalement que des personnages antipathiques, veules ou franchement déplaisants, à commencer par celui qui est supposé être le « héros », un rancher macho et amer, incarné par l’excellent Robert Ryan, comédien trop intelligent pour jouer les « tough guys » de western tout d’un bloc et donc permettre une identification aisée.

Après de terribles longueurs lors du siège de la ville par les bandits, des séquences répétitives ou inabouties, le film prend enfin son envol dans le dernier tiers, le seul qui ait manifestement intéressé le réalisateur : cette fuite dans la neige qui devient peu à peu une véritable traversée du Styx, dont personne n’est censé revenir. Là encore, on aurait aimé un acteur plus subtil que Burl Ives, pour camper ce capitaine agonisant, courant volontairement vers la mort, en entraînant sa troupe avec lui. Mais bon… Tout le passage, filmé dans une montagne impraticable, sous un mètre de neige épaisse, est assez impressionnant et il paraît clair que les acteurs ne s’y sont pas amusés tous les jours.

Au bout du compte, Robert Ryan réputé pour sa violence, se débarrassera de tous ses ennemis, sans tirer un seul coup de feu, laissant faire la nature et le froid glacial. Le plan où Jack Lambert le braque avec son fusil, mais est incapable de tirer à cause de ses mains gelées, est extraordinaire.


Si le film pèche par un casting un peu faible, les seconds rôles sont excellents, à commencer par les habitués du genre : Elisha Cook, Jr., Dabbs Greer, Frank DeKova (en Indien, une fois de plus), sans oublier la vraiment belle Tina Louise.

« LA CHEVAUCHÉE DES BANNIS » n’est pas une franche réussite et aurait probablement gagné à être tourné en couleurs, mais il vaut le coup d’œil pour son périple dans la neige, unique dans son genre.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE ROBERT RYAN
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commentaires

Chris 28/05/2014 12:15

Avec La Chevauchée des bannis, il y a de quoi être décontenancé, eu égard à ce qu'on attendrait d'un western, et qui plus est d'un western classique. Ici, bon nombre de mécanismes habituels sont
rompus, ou abordés d'une manière particulière, sans concessions. De Toth a dû souvent faire des concessions, et dans La Chevauchée des bannis, il a enfin pu saisir l'occasion de faire ce qu'il
voulait. Aussi, la qualité du résultat n'est pas sans rappeler les meilleurs Boetticher, quand un cinéaste travaille de manière indépendante, servi par d'excellents acteurs et un scénario tout à
fait intéressant, Robert Ryan y aurait d'ailleurs participé... En fait, De Toth nous livre un western novateur et précurseur. Car le film est plus qu'un Western, c'est un thriller désillusionné, un
film noir sur fond blanc, et dans ce cas judicieusement et volontairement tourné en noir et blanc, avec un bon nombre de personnages qui ne sont ni tout noirs ni tout blancs, une petite communauté
isolée dans quelques planches bâties au milieu de tout et de rien... D'une modernité et d'une rudesse à toute épreuve, il surprend par sa réduction de moyens qui augmente la tension du spectateur
jusqu'à le mettre mal à l'aise. Il donne une impression d'isolement, pas seulement géographique, mais parce qu'il est absent de tout artifice utilisé généralement dans le western classique, une
absence qui rend les acteurs d'autant plus présents : Robert Ryan,Telma Louise, etc. Grâce à une volontaire sobriété des plans, on est mal à l'aise devant la violence des situations, une violence
dénudée, vécue de l'intérieur, avec une force pesante rarement atteinte dans un film du genre. Pas seulement la violence d'un coup de poing ou d'un fusil, celle d'un frustré vis-à-vis d'une femme
ou d'un enfant, celle d'un amour pour la femme d'un autre, celle d'une stratégie machiavélique et cynique pour venir à bout de l'oppresseur, celle de chaque individu enfermé dans ses oppositions,
ses difficultés... Bref, du tout grand art, grâce aux resserrements opérés, à un habile travail de fond! Et c'est sans doute le western le plus abouti de De Toth, qui a enfin pu faire ce qu'il
voulait: un film personnel. Un film qui a de quoi décontenancer. Mais dans ce cas, n'aime-t-on pas être decontenancé? Petite critique peut-être, avec le recul, on se demande si le scénario n'aurait
pas dû mettre plus d'accent sur le dilemme qui poussent les malfrats à se perdre dans la montagne avec Ryan, ce d'autant plus que leur chef est grièvement blessé... Enfin, Ryan se remet un peu vite
de sa terrible bagarre aux poings avec les malfrats, juste une égratignure. C'est sans doute un reste encore du cinéma d'une autre époque, où la pudeur était de mise...

Daveon 20/12/2011 22:53

Ah ben si on avait tous le même avis sur tout, que la vie serait ennuyeuse... C'est pourquoi je trouve intéressant d'apporter des contrepoints ;-)
En tout cas, chapeau pour le blog, c'est une vraie petite mine d'or qui m'a fait d'ailleurs découvrir plusieurs films (le fascinant La Maison dans l'Ombre de N. Ray par exemple, que je ne
connaissais pas jusqu'à il y a peu).

Daveon 20/12/2011 20:48

La critique me surprend un peu, ce film s'agissant - et de loin - du meilleur western d'André De Toth à mes yeux. Commence comme un huis-clos incroyablement tendu et finit à la manière d'un road
movie funèbre dans la neige. Ryan est comme toujours remarquable mais c'est le massif Burl Ives qui crève ici l'écran. Je ne trouve pas que le choix du noir/blanc soit regrettable, il ajoute en
l'occurrence à la noirceur implacable de l'ensemble. Du grand De Toth, à placer aux côtés des plus grandes réussites du cinéastes telles que None Shall Escape.

Fred Jay Walk 20/12/2011 22:30



Ce n'est que mon humble ressenti en découvrant ce film que je n'avais jamais vu. Discutable sûrement... Mais c'est le but du blog, non ? A bientôt...



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