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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 17:32

DEATH GUNFIGHTERsuiteLe réalisateur de « UNE POIGNÉE DE PLOMB » n’existe pas. Allen Smithee est le pseudonyme que prennent les cinéastes américains quand ils ne veulent pas assumer leur film. Robert Totten fut évincé par Richard Widmark et remplacé par Don Siegel. Chacun en tourna à peu près la moitié. Cela ne se ressent pas vraiment, et le film a ce look un peu télévisuel de « L'HOMME EN FUITE », également tourné par le second.

 « UNE POIGNÉE DE PLOMB », c'est l’éternelle histoire du monde moderne qui éjecte violemment le passé, personnifié par un shérif en place depuis vingt ans et contesté pour ses méthodes expéditives. Nous sommes au début du 20ème siècle et l’électricité apparaît, les automobiles également. Les anciens héros du Far West sont devenus des antiquités obsolètes dont il faut absolument se débarrasser pour laisser place nette au progrès. C'est ainsi que les honnêtes citoyens d’une petite ville vont se liguer, prenant n'importe quel prétexte, pour éliminer le vieux marshal selon le célèbre adage : « Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage ». Ressemblant comme des frères aux couards du « TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS », ou « L'HOMME AUX COLTS D’OR », les notables vont comploter lâchement, envoyer certains d’entre eux affronter le shérif avant de conjuguer leurs efforts pour une mise à mort particulièrement abjecte.

L’originalité de ce film, c'est que le marshal Patch (Richard Widmark) n’est pas beaucoup plus sympathique que ses ennemis. Maître de sa ville, c'est un fasciste de la plus belle espèce, au revolver et aux poings lestes, le mépris des autres affiché sur le visage. Il tient tout le monde parce qu'il connaît leurs petits secrets sordides, et refuse obstinément de s’effacer, et de renoncer à ce pouvoir durement acquis.

Widmark, vieillissant, la figure parcheminée, le dos voûté, assume ce rôle ambigu et peu glorieux avec une grande honnêteté, allant jusqu'au bout de sa logique tordue. Autour de lui, de bons acteurs de télévision comme Jacqueline Scott, Carroll O’Connor, Morgan Woodward, la chanteuse Lena Horn au visage étrangement figé et John Saxon en shérif mexicain.

Le film expose une vision de l’humanité assez vomitive, mais n’a pas la naïveté de penser que « c'était mieux avant ». L'Ouest décrit dans « UNE POIGNÉE DE PLOMB » est un marigot où s’agitent de bien méprisables prédateurs.

 

À NOTER : le DVD sorti en France présente une copie impeccable, mais en 4/3, empêchant de lire les sous-titres sur un écran 16/9 ! On a un peu de mal, aujourd'hui, à comprendre pourquoi tous les éditeurs ne se sont pas mis à la norme de l’image anamorphique.

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commentaires

daniel 28/10/2011 17:16


Vu recemment et n ayant jamais entendu parler de ce film,j ai vraiment été emballé:Widmark est fascinant,l histoire se tient très bien et la fin est digne des grands westerns avec une petite sauce
spaguetti..Une heureuse surprise!!


Fred Jay Walk 28/10/2011 17:40



C'est comme une variation sur "HIGH NOON", encore plus noire...



Marc Provencher 02/02/2011 15:27


Ah celui-là, il va falloir que je le vois. J'aime bien Richard Widmark, mais surtout, surtout, les occasions de LA voir sont devenue si rares... Qui ça, "la" ? Ben, là :
http://www.youtube.com/watch?v=EMf0Z7EPdLo


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