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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 08:41

« LES COLLINES DE LA TERREUR », tourné à Almeria, fait partie de cette vague de westerns européens qui a déferlé à cette période et qui semblaient tous bâtis sur le même schéma commercial : chasse à l'homme, ultra-violence, sexe explicite et cynisme hérité du western italien. Parmi ces films, on pourra retenir « LES CHAROGNARDS », « DU SANG DANS LA POUSSIÈRE », « LA POURSUITE SAUVAGE », et « L'HOMME DE LA LOI » du même réalisateur, le britannique Michael Winner.

« LES COLLINES DE LA TERREUR » fut monté pour profiter du succès européen de Charles Bronson, déjà vieux routier des tournages en Espagne et qui incarne ici un métis Apache traqué par une milice après avoir abattu un shérif en état de légitime défense. Ces hommes, des racistes, des anciens soldats assoiffés de sang, des violeurs primaires, ou simplement d’honnêtes fermiers embarqués malgré eux, vont commettre l’erreur fatale de s’attaquer à la famille de l’Indien et déclencher ainsi un véritable carnage dont personne ne sortira vivant.

Si Bronson apparaît en tête d’affiche, la particularité du film est que son « héros » est pratiquement absent de l’action. Fondu à la nature tel un puma dangereux, Charles Bronson fait quelques apparitions sporadiques, le temps de contempler ses poursuivants de son regard froid ou de porter des coups mortels.
LES-COLLINES-DE-LA-TERREUR--41-.jpg
Mais la plupart des attaques se font hors du champ de la caméra. De fait, Pardon Chato (joli patronyme, by the way !), en acquiert une aura quasi-surnaturelle et devient une sorte d’émanation vengeresse du désert lui-même. Le rôle sied parfaitement à la personnalité taciturne de Bronson et à son physique musculeux. L’acteur n’a que deux ou trois répliques, plus quelques unes en dialecte Apache et passe le reste du film accroupi dans la rocaille, sa pétoire à la main.
  Autour de lui, Winner a réuni la fine fleur des vétérans U.S. du second rôle : en tête, Jack Palance, légèrement vieilli qui incarne un ancien officier confédéré aimant à radoter sur la guerre et les « peaux rouges ». Un personnage surprenant dans la carrière du comédien puisque plutôt sympathique, voire émouvant. Le vrai « méchant » est campé par Simon Oakland, brute épaisse haineuse. On trouve également le versatile Richard Basehart, James Whitmore et le jeune Richard Jordan, déjà présent dans « L'HOMME DE LA LOI ». C'est d'ailleurs à lui, que Chato réserve le châtiment le plus épouvantable.

« LES COLLINES DE LA TERREUR » est un film âpre et peu attractif, car peuplé de personnages odieux ou franchement répugnants. Le scénario est totalement linéaire, ne propose aucun échappatoire : le désert, la violence et la mort qui frappe régulièrement, jusqu'au dernier. Pourtant, malgré la réalisation toujours un peu racoleuse et pataude de Winner, le film crée une fascination indéniable, due en grande partie à la musique de Jerry Fielding qui accentue l’aspect fantomatique et irréel de cette « balade sauvage », dont la seule issue est la mort violente. Et le dernier plan, un mouvement de grue sur le désert, ressemble à une « fin ouverte », mais clôt pourtant l’aventure de façon implacable. À ce stade, Chato n’a plus besoin de couteau ou de fusil : son arme devient la nature. Et le titre original « CHATO’S LAND » prend alors tout son sens.

Pas tout à fait un grand western, mais comme souvent dans son étrange parcours, Michael Winner est passé tout près.
LES COLLINES DE LA TERREUR suite 

 

À NOTER : comme pour « L'HOMME DE LA LOI », le DVD zone 1 présente la version U.S. du film, avec le viol filmé de façon plus elliptique, alors que le zone 2 disponible en France, est la version intégrale, avec plus de nudité et de plans « gore ». Le film trouve sa véritable identité dans la seconde.

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commentaires

Evy 17/12/2014 10:11

Ah ah !! Je n'ai pas fait gaffe aux ficelles ! Je vais revoir ça.

Evy 16/12/2014 23:03

Sinon, je réclame haut et fort une étude sérieuse et comparative (photos à l'appui) de l'évolution de la musculature de Charley à travers les âges !

Fred Jay Walk 17/12/2014 10:09



À ton service :


 


http://wild-wild-western.over-blog.com/article-charley-torse-poil-108673867.html



Evy 16/12/2014 22:45

C'est fou tout ce qu'on peut faire avec un serpent à sonnette ! Sinon, la musique de Jerry Fielding, des vautours qui s'attaquent à des cadavres, ça me rappelle un réalisateur, mais qui donc...

Fred Jay Walk 17/12/2014 10:07



À part que chez Peckinpah, on ne voyait pas que les vautours étaient attachés avec des ficelles aux carcasses ! 



Corey 05/05/2010 23:37


Je l'ai revu il n'y a pas longtemps. J'ai beaucoup aimé, le film démarre assez mollement, on se demande un peu ou Winner veut en venir, puis ça monte en puissance doucement, et à la fin, on est
presque bluffé… Si Winner n'est peut-être pas un grand metteur en scène, en additionnant tous ses bons ou très bons films, on arrive quand même à un joli bilan…


Fred Jay Walk 05/05/2010 23:57



C'est vrai que "L'HOMME DE LA LOI", "LES COLLINES...",
"LE FLINGUEUR", "LE CORRUPTEUR" avec Brando,
"SCORPIO" et le premier "DEATH WISH" c'est plutôt honorable !



Corey 04/05/2010 23:05


Je viens de revoir ce film, j'en tire à peu près les mêmes conclusions que toi, à une chose près : c'est un grand western ! J'aime beaucoup, comme souvent, la mise en scène de Winner, il
retranscrit admirablement bien l'aridité étouffante des décors et le dégoût que l'on ressent envers ces personnages, tout en n'en rajoutant pas trop sur l'aspect vengeance… et la fin est très
forte, presque autant que celle du cultissime Flingueur" ! Une belle (re) découverte pour moi !


Fred Jay Walk 05/05/2010 07:43



Nous sommes d'accord, c'est un grand western. Et il aurait pu être un chef-d'oeuvre si Winner avait eu la rigueur d'un Richard Brooks par exemple. Mais bon... Curieusement les films du monsieur
semblent bien vieillir. Il faudrait revoir "SCORPIO" un de ces jours.



claude 15/01/2010 10:39


Le mot "Collines" avait inspiré un film antérieur : Les Collines Brûlantes (1956) avec Tab Hunter;
sur Orange Ciné géants le 20


Fred Jay Walk 15/01/2010 11:29


Joli !


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