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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 14:35

« SOLEIL ROUGE » est un drôle de film, une production majoritairement française destinée en priorité au marché japonais pour lequel furent enrôlés les trois plus grandes stars masculines du moment : le « trésor vivant » nippon Toshirô Mifune, le « demi Dieu » Alain Delon et Charles Bronson, récemment sacré vedette grâce à Sergio Leone et qui venait de tourner plusieurs spots publicitaires au pays du Soleil Levant pour une eau de toilette appelée "Mandom" (masculinité !).

Inspiré de faits réels, « SOLEIL ROUGE » est essentiellement un road movie mâtiné de « buddy movie », contant le périple d’un hors-la-loi trahi par son propre lieutenant et d’un samouraï qui le suit comme son ombre pour retrouver un sabre dérobé par le traître.

Tourné à Almeria, dont les extérieurs ont toujours manqué de grandeur et de contrastes, « SOLEIL ROUGE » est passé très près de la catastrophe, ne serait-ce qu'à cause du manque de direction du réalisateur-business man Terence Young, qui bâcle une mise en scène basique et sans style, probablement due en grande partie à ses secondes équipes. Heureusement, le film bénéficie d’une exceptionnelle alchimie entre ses deux stars : Mifune égal à lui-même, imperturbable et résolu, qui s’intègre étonnamment bien dans un univers qui lui est étranger et Bronson inhabituellement loquace et facétieux, en crapule sympathique. Les deux hommes ont plusieurs scènes anthologiques ensemble : ce duel au sabre lors duquel le Japonais taille en rondins la branche servant de massue au Yankee, la célèbre séquence « du moustique » dont tout le monde se souvient et une autre plus sérieuse au bord d’une rivière, où le samouraï explique au bandit que c'est probablement sa dernière mission, que le Japon sort du Moyen-Âge et que bientôt, plus personne n’aura besoin des samouraïs. L’amitié naissante entre le plus fou des « 7 SAMOURAÏS » et le plus bourru des « 7 MERCENAIRES », constitue le cœur de « SOLEIL ROUGE ».

Alain Delon apparaît fugitivement en « bad guy » appelé Gauche et Ursula Andress se déshabille et prend des baffes. Ce n’est donc définitivement pas un « film de femmes » ! Les seconds rôles franco-espagnols sont hélas, faiblards et ne donnent aucun relief à l’arrière-plan du film.

SOLEIL ROUGE (16)

Porté par une musique élégiaque mais peu westernienne de Maurice Jarre, sur une photo d’Henri Alekan, « SOLEIL ROUGE » comme certains vins, vieillit bien. Les défauts se gomment peu à peu et les qualités ressortent. Cela n’en fera évidemment jamais un chef-d’œuvre du western mais à tout prendre, le film se laisse revoir avec plaisir et nostalgie, et la confrontation finale dans les roseaux enflammés est plutôt réussie, voire émouvante. Le légendaire John Huston déclara à la sortie du film aux U.S.A., que c'était un des meilleurs westerns jamais réalisés. Laissons-lui la responsabilité de ces propos enthousiastes...


À NOTER : le film n’est sorti en France que dans sa v.f., qui ne rendait pas justice à la voix de Charles Bronson, dont le rôle pâtissait énormément. Le DVD disponible en France ne possède toujours pas de v.o., mais celle-ci est enfin audible dans l’excellent DVD sorti en Angleterre. Revers de la médaille : l’accent de Mifune est difficilement compréhensible !

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commentaires

Tietie007 14/12/2014 22:02

Je vois toujours ce film avec plaisir ! Le contraste entre Bronson et Toshiro Mifune est vraiment savoureux !

Evy 13/12/2014 20:26

ça serait une bonne série "Les imprévus dans les films" ! J'en ai repéré deux dans "La Horde sauvage" (mais faut dire que je suis irrécupérable et intarissable sur le sujet) : Dans la scène du
train, lorsque le wagon est enfin décroché et que Robert Ryan regarde par la fenêtre Jaime sanchez en train de remonter sur le train qui s'éloigne, celui-ci trébuche légèrement et un de ses
prisonniers fait mine de tendre la main pour le rattraper. Et lors de la marche des quatre vers Mapache, Warren Oates repousse discrètement à coups de coudes Ben Johnson qui le serre de trop près.

Evy 13/12/2014 20:17

C'est bien ce qu'il me semblait. Je vais pleurer et je reviens. Raaaah, franchement, quel dommage, une fin pareille.

Evy 13/12/2014 20:04

Et sinon, une petite explication pour la scène finale ? Charley fait pile ou face, et on voit le sabre suspendu ?!

Fred Jay Walk 13/12/2014 20:14



Malgré sa parole donnée à Mifune, il hésite encore à restituer le sabre. Il joue à pile ou face et perd son pari Donc il accroche le sabre au fil (oui, c'est vrai, on se demande
comment...) en sachant que le train de l'ambassadeur japonais ne va pas tarder.



Evy 13/12/2014 20:03

Parait-il aussi que la scène de l'incendie, mal maîtrisée, aurait pu être fatale aux acteurs !

Evy 13/12/2014 18:47

Le problème pour moi est surtout de ne jamais entendre Charley avec la même voix française, c'est très déstabilisant. Mon niveau en anglais n'est pas fabuleux et j'ai du mal à suivre en vo...
Pour revenir à ce film, j'ai adoré le jeu entre Charley et Mifune. On sent qu'il y avait une réelle complicité entre ces deux acteurs, et toute la partie où Charley essaye de lui échapper est
absolument réjouissante. Je trouve par-contre le personnage campé par Delon assez terne. Je n'ai jamais vu dans un western un cheval comme celui monté par Ursula Andress, dont le rôle est assez peu
intéressant. La palme aux indiens, ridicules. La fin aussi est honteuse, d'ailleurs je n'ai toujours pas compris le coup du sabre attaché au fils ?! C'est dommage, car dans sa première moitié,
c'est un très bon film, avec un Charley canaille, filou et blagueur très attachant. Avez-vous vu que lorsqu'il enlève la selle de son cheval, au tout début avant de monter dans le train, il se
prend l'étrier dans la figure ? On dirait bien que ce n'était pas prévu. (Prochaine série : Les accidents imprévus dans les films de Charley ^^)

Fred Jay Walk 13/12/2014 19:15



Oui, j'ai remarqué l'accident ! Et ce n'était SÛREMENT pas prévu ! J'imagine que l'accessoiriste a dû se faire remonter les bretelles. 


Je ne me souviens pas d'autres imprévus de ce genre dans les films de Bronson. À peine quelques boutons disgracieux de temps en temps ("CITÉ DE LA VIOLENCE" ou à la télé dans
"LARAMIE").



Corey 26/03/2010 22:34


J'adore ce film, c'est un de mes Bronson préférés, et je ne suis pas loin de l'avis de Huston ! En plus d'être construit comme un vrai western classique de la grande époque Hollywoodienne, qui
était déjà loin en 71, il bénéficie d'une certaine originalité grâce à la présence de Mifune et de l'ambiance japonisante… Sans compter les apparitions de Delon, qui a un charme fou ! Quant à
la VF, je trouve contraire que c'est un des points forts du film puisque Bronson est doublé par son doubleur "officiel" : Edmond Bernard. C'est pour moi la voix française qui lui va le mieux, loin
devant celle de Claude Bertrand, trop identifié à Roger Moore à mon sens.


Fred Jay Walk 27/03/2010 08:30


Tout dépend de la tolérance qu'on a au doublage.

Le problème des voix françaises de Bronson, c'est qu'elles ont toujours eu tendance à le caricaturer en "gros dur" alors qu'il n'a jamais eu une voix grave. Son jeu en v.o. est bien plus nuancé et
moins simpliste. A tout prendre, je trouve que Bozzuffi lui a rendu justice dans plusieurs films.


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