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Depuis sa sortie en 1968,
« SHALAKO » n’a reçu qu’une avalanche de
mauvaises critiques, de sarcasmes et de mépris de la critique dite « sérieuse », mais également des autres. Aussi, la sortie DVD du film, 40 ans après, donne-t-elle envie de découvrir
quelque chose que nul n’y aurait décelé avant, une réhabilitation inespérée… Hélas ! Tout était mérité. Il y a quelque chose dans « SHALAKO » d’irrémédiablement « bidon », de mal emmanché, de forcé, qui fait que le scénario s’enlise au bout d’une demi-heure, les personnages
ne développent aucune psychologie au-delà de leur archétype, et le dialogue est parfaitement grotesque.
À l’origine, Edward Dmytryk voulait tourner son film aux U.S.A., avec en têtes d’affiche Henry Fonda et Senta Berger. Au final,
« SHALAKO » fut entièrement filmé à Almeria, en Espagne, dans le triste désert si peu cinégénique des westerns italiens, avec un casting
européen, composé de Sean Connery et Brigitte Bardot (jouant une Russe !), pour le box-office, et l’Irlandais Stephen Boyd, l’Allemand Peter Van Eyck. Les seuls Américains du casting sont
absurdement distribués : le Noir Woody Strode en guerrier Apache et Valerie French en « latina » ! C'est un tel salmigondis, un tel festival d’accents, que pour une fois, peut-être vaut-il mieux voir « SHALAKO » en v.f. !
Il est arrivé à Connery d’être extraordinaire (« LA
ROSE ET LA FLÈCHE »), d’être mauvais comme un cochon (« HIGHLANDER 2 »), mais il n’y a rien de pire, que lorsqu’il ne fait rien. Dans « SHALAKO »,
c'est un peu comme s’il n’était pas là. Il traverse le film en voisin, l’air distrait, ne salit jamais son joli costume en daim, et roucoule avec BB. Celle-ci est totalement déplacée, son accent
est si hallucinant, qu'elle finit par valoir le coup d’œil, au quinzième degré. Le seul à être à peu près crédible est Boyd,
rugueux à souhait dans un rôle de voleur
opportuniste.
L’histoire de cette « hunting party » pour riches Européens qui tourne à la chasse à l'homme, inspirée d’un roman de Louis L’Amour, aurait pu être intéressante, mais Dmytryk n’est plus tout à fait celui qui signa « L'HOMME AUX COLTS D’OR », et « SHALAKO » ressemble finalement à ce safari absurde, dont on est censé se gausser : de pauvres comédiens hors de leur élément, singeant de façon embarrassante les clichés du western.
Probablement pour coller à la nouvelle mode du « spaghetti », le film contient des plans gore et des détails sadiques aussi inutiles que maladroits.
Fort heureusement, Sean Connery tourna ensuite suffisamment de grands films, pour faire oublier ce faux-pas manifeste.
À NOTER : le film vient de sortir en France, dans une copie 16/9, mais assez abimée et peu nette. Qui vaut mieux de toute façon, que le zone 1 sorti plusieurs fois aux U.S.A., mais en 4/3, ce qui est vraiment rédhibitoire, pour un film en format Scope.
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