Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 14:46

 Si Walter Hill a débuté comme scénariste pour John Huston ou Sam Peckinpah, il est surtout connu pour ses polars comme "48 HEURES", ou l'excellent survival "SANS RETOUR". Il a pourtant la particularité de n'avoir jamais pu surpasser son premier film, le magnifique "LE BAGARREUR", oeuvre sombre sur la Grande Dépression, où il avait réuni deux des "7 MERCENAIRES" : James Coburn et Charles Bronson. Pas un hasard !
Car c'est dans le western qu'en tant que réalisateur, Hill aurait pu devenir un "grand". Vingt ans plus tôt ! Car lorsqu'il réalisa "LONG RIDERS", le genre était déjà quasi mort, et malgré sa bonne idée de faire jouer les membres du gang de Jesse James par de vrais frères (Carradine, Quaid, Keach), le film ne relança pas le western aux U.S.A. Trop austère, sans aucun personnage sympathique auquel se raccrocher, ni grande star charismatique à admirer. L'Ouest, le vrai, en somme...
Pourtant Walter Hill ne renonça pas, et signa bon an mal an, un nombre respectable de westerns : "GERONIMO", qui relate les derniers mois de la vie du chef, n'est pas un grand film, malgré la présence du superbe Wes Studi dans le rôle-titre, et de seconds rôles nommés Robert Duvall ou
Gene Hackman et le débutant Matt Damon. Esthétiquement très beau, mais manquant curieusement de vie. Autre biopic tout aussi moyennement réussi, "WILD BILL" s'intéressait à "Wild" Bill Hickcock, le tueur aux cheveux longs, campé par Jeff Bridges. La seule grande trouvaille du film, fut de distribuer Ellen Barkin dans le rôle de Calamity Jane.
"DERNIER RECOURS" n'est pas un western, mais Hill signait là un remake de "POUR UNE POIGNEE DE DOLLARS" (lui-même remake de "YOJIMBO"), revenant aux sources littéraires du récit.
Enfin, Walter Hill dut attendre les années 2000, pour signer deux vrais beaux westerns, à la réussite indiscutable. Mais... pour la télé !
"BROKEN TRAIL" est une belle aventure, dans laquelle
Robert Duvall, dans un rôle proche de celui qu'il tenait dans "LONESOME DOVE", protège un convoi de prostituées asiatiques. Un joli film violent et tendre, maîtrisé de bout en bout, malgré sa longue durée. Puis vint la production de la série HBO "DEADWOOD", dont Hill réalisa également le pilote. Fidèle à sa volonté de réalisme stylisé, Hill signe un des westerns les plus brutaux, sordides, poisseux qu'il soit donné de voir. Difficile après vision de ces trois magnifiques saisons, de revoir un western avec les mêmes yeux. Même la crasse des "spaghetti westerns" semble sortie de Disney World, après cela !
Né au mauvais moment, Walter Hill aurait probablement pu devenir l'équivalent des plus grands auteurs de westerns, dans les années 50 et 60. Il a su maintenir le genre en respiration assistée à lui seul, ou presque, pendant des années. Et pour cela, il lui sera beaucoup pardonné.

Partager cet article

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LA MYTHOLOGIE DU WEST
commenter cet article

commentaires

Chris 25/05/2014 04:01

Broken Trail, faut-il le confirmer, est une réussite du western! C'est plus que ça même, un des plus grands films du genre jamais réalisé. Et il mériterait de figurer dans votre liste des
chefs-d'œuvre intemporels... Eastwood, dans Impitoyable, parvient à une synthèse reconnue du western. Dans le sens d'une désacralisation désenchantée. Cela dit, il ne parvient pas vraiment à sortir
du vieux débat confiné dans le thème de la violence. N'y a-t-il pas d'autres sujets majeurs ayant leur place dans le grand western digne de ce nom? Dans Broken Trail, nous avons aussi affaire à une
synthèse. Celle-ci révèle une droiture, un sens de la noblesse possible pour un homme de l'ouest. A travers le rôle de Robert Duvall, personnage exceptionnel de dignité, faisant appel non pas à
l'alcool pour se sublimer, mais à son expérience de vie, son authenticité. Rarement, un film du genre aura atteint une telle dimension humaine, témoignant au fond non pas d'un réalisme décevant,
duquel le supposé grand western digne de ce nom devrait s'extraire, avec ses héros ou ses anti-héros, mais une alternative irrésistible, lorsque la grâce opère. Celle du réel. Car tout respire dans
ce film qui se situe, par son originalité, sa fraîcheur, en dehors des débats sans fin entre western classique et spaghetti, entre mythe et théâtralité. Le film utilise les moindres détails
appartenant à la réalité, avec transparence, il n'a parfois besoin que du souffle émanant des naseaux d'un cheval, dont on perçoit presque l'haleine, ou simplement d'un regard, d'un visage, son
silence. Enfin, il nous montre que la question centrale n'est pas de se positionner par rapport à la violence, la façon dont on la met en scène, dont on l'exploite, étant donné qu'on en a déjà
tellement vu dans ce domaine (n'est-ce pas Monsieur Tarantino?). Le principal ici n'est pas la violence. Le plus important est de privilégier l'aspect humain des personnages, afin qu'ils possèdent
une plus grande consistance, un contenu, une conviction. D'où la violence, qui peut effectivement avoir un sens occasionnellement pour eux. Une violence particulièrement insoutenable lorsqu'elle
met en péril un personnage attachant. Mais avant tout, le film est un hymne à la personne humaine. Il parle beaucoup de communication, que ce soit entre homme et femme, ou à travers une différence
culturelle. La finalité ici est donc de défendre des valeurs, avec subtilité, magie du propos, non pas de privilégier le thème de la violence. Ce qui en fait une rare réussite dans l'histoire du
western!
Autre grande réussite du western: Danse avec les loups! Film curieusement absent de votre liste de chefs-d'œuvre. Un film rare pourtant. Un film du dehors. En effet, il sort des cadres habituels en
opposition, nous plaçant au-delà des frontières, vers l'extrême limite, non pas pour y subir un cortège de personnages sadiques à la sauce Corbucci, mais pour y opérer une magnifique ouverture, une
profonde introspection de l'âme humaine dans toute sa dimension intérieure. C'est un film qui nous porte vers des émotions où on y découvre petit à petit avec jouissance des valeurs essentielles.
Des valeurs malheureusement bafouées. Des valeurs pour lesquelles il vaut la peine de se battre jusqu'au bout. Alors bien sûr, et c'est peut-être ce que certains ont voulu lui reprocher, Costner
n'a pas l'âpreté ni le charisme d'un Eastwood, il n'a pas non plus la réputation d'un Sergio Leone. Sauf que, avec Danse avec les loups, il englobe tout, il comprend tout. Comme le personnage de
Robert Duvall dans Broken Trail, de la même veine. Sa qualité première: il ne nous enferme pas dans le thème restreint de la violence, il nous délivre aussi d'autres pistes. Il ose le sentiment, le
vrai (même si certains pensent qu'il s'agirait de sentimentalisme qui n'aurait rien à voir avec le western). Il ose encore avancer un certain nombre de valeurs, de valeurs humaines, et sa manière
de filmer est inspirée, bien que dépourvue de lourdeurs, de théâtralités. Enfin, ce film ouvre le cadre à l'infini où des extrêmes parviennent à se rejoindre. Magique! C'est donc un pur
chef-d'œuvre!

Fred Jay Walk 25/05/2014 10:18



Merci pour ce long développement.


Si "DANSE AVEC LES LOUPS" ne figure pas dans la liste des chefs-d'oeuvre du western, c'est tout simplement parce que je ne l'ai
pas revu depuis longtemps. Tous les posts du blog sont le résultat d'une vision ou re-vision récente, afin que la mémoire plus ou moins défaillante ne vienne pas enjoliver ou amocher les
ressentis.


Il en sera sûrement question un jour dans "BDW2". 



lemmy 19/02/2013 22:20

Je viens enfin de voir "Extreme prejudice", grand foutoir macho halluciné ou même les femmes (la femme) a des couilles. Tout connaisseur du ciné de genre des années 80 va reconnaître tous les
comédiens de ce film, des premiers au troisième rôle, tous ayant hanté les pellicules burnées américaines de cette glorieuse époque (Il y a notamment Michael Ironside et William Forsythe).
Psychologie rudimentaire et virile dans ce qui est un hommage/décalque non dissimulé au Peckinpah de "La horde sauvage". Nick Nolte et surtout son chapeau jouent très bien, même si on ne sait pas
si c'est Nolte qui porte son chapeau ou le contraire... Les relations entre personnages sont d'une telle virilité que c'est à voir au trentième degré. Ca aurait fait un bon "Expendables". Mais mon
dieu la musique du film est bien de la fin des années 80...

Présentation

  • : Le blog du West (l'Ouest, le vrai !)
  • Le blog du West (l'Ouest, le vrai !)
  • : News, photos, critiques films et DVD, avis et commentaires sur le cinéma populaire, ses stars, ses mythes, mais aussi sur les séries TV et quelques à-côtés.
  • Contact

Recherche

Catégories

Liens