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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 06:47

Si on se souvient encore aujourd'hui, de façon si vivace, de ce singulier comédien allemand né en 1926 en Pologne, c'est peut-être grâce à Internet qui regorge d'extraits d'interviews dégénérant en colères homériques, ou du documentaire "ENNEMIS INTIMES" de Werner Herzog, montrant Kinski dans tous ses états. Grâce - ou à cause - de ses moments de pur délire, Klaus Kinski est devenu post-mortem, un "acteur-culte".
Formé au théâtre, au one man show, Kinski tourna deux westerns en Allemagne ("LE TRESOR DES MONTAGNES BLEUES" et "LA CHEVAUCHEE VERS SANTA CRUZ"), avant que Sergio Leone ne remarque ses traits tourmentés, son regard illuminé, et sa courte silhouette noueuse, et ne l'engage pour son second western "...ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS", où en deux brèves séquences Kinski entrait directement dans les annales, en jouant un bossu impulsif, bourré de tics. "Le monde est petit", lui disait le Colonel Mortimer. "Oui", répondait Kinski, "Et très méchant". La preuve ? Quelques secondes plus tard, il se prenait une balle de Derringer, qui mettait fin à sa présence dans la bande de Gian Maria Volontè.
Ce succès permit à Kinski de s'installer à Rome, et d'enchaîner les séries B et Z, et parmi elles, pas mal de westerns. "EL CHUNCHO", toujours aux côtés de Volontè, lui offrait un rôle de moine dynamiteur digne de son style flamboyant, et "LE GRAND SILENCE" le chef-d'oeuvre enneigé de Sergio Corbucci, l'installa définitivement comme une figure incontournable du genre. Il y jouait avec une déroutante retenue Tigrego (ou "Loco" en v.o.), un chasseur de primes mielleux et sadique, qui réussissait le prodige de jouer le "méchant" du film, et... de gagner à la fin ! Il abattait le héros dans la rue, comme un chien, et lui piquait même son arme ! De quoi, effectivement, entrer dans la légende... Personne n'a oublié son sourire compassé, quand il abattait un jeune homme sous les yeux de sa maman, et se justifiait en disant "Il faut nous comprendre... C'est notre pain quotidien".
Par la suite, les westerns où apparut Kinski ne furent pas toujours de la même qualité, mais plusieurs perles surnagent. Souvent grâce à sa seule présence : "ET LE VENT APPORTA LA VIOLENCE" lui donne son unique rôle de héros positif, un vengeur spectral sorti du bagne, "DEUX FOIS TRAÎTRE", le montre en métis diabolique (surnommé Dingus, allez savoir pourquoi), mais le plus souvent, Kinksi ne fait que de brèves participations, le cheveu au vent, la moue méprisante, la démarche biaisée. On repense avec nostalgie à son chasseur de primes aimant à parler à sa collection de scalps dans le piteux  "SHANGHAÏ JOE".
Il achèvera sa carrière de westerner, dans une assez lamentable parodie de lui-même : "UN GENIE, DEUX ASSOCIES, UNE CLOCHE", où il se fait humilier par Terence Hill, dans un duel comique, et quitte le film à cheval, en hurlant "Mes couilles !!!" d'une voix de fausset. Pas terrible, la sortie !
KINSKI suite suite
Son nemesis Werner Herzog le qualifia de génie, ses détracteurs de cabot insupportable, il traîna une réputation impossible d'Attila des plateaux de tournage, et ses mémoires plusieurs fois remaniées, ne firent rien pour arranger les choses... Mais Kinski apporta dans le western européen, un vent de démence shakespearienne unique, qui firent pardonner bien des nanars. Pas tous... Non, non. Pas tous !

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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