LES FILMS DE CHARLTON HESTON

Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /Juil /2010 18:05

DARK CITY (2)Connu pour être le premier film « officiel » de Charlton Heston, après deux longs-métrages d’amateur, « LA MAIN QUI VENGE » est souvent classifié comme ‘film noir’, alors qu'il DARK CITYest plutôt apparenté au thriller. En effet, si le style, la photo contrastée, l’ambiance de grande ville plongée dans la nuit évoquent le genre, le scénario ne donne aucune dimension tragique aux personnages qui demeurent des archétypes sans âme.DARK CITY (3)

L’histoire très simple de trois arnaqueurs qui poussent un pauvre type au suicide, et sont ensuite tués un à un par son frère psychopathe ne tient pas vraiment la distance et on sent que d’inutiles digressions (la longue séquence où DARK CITY (1)Heston drague la belle veuve de la victime) ont dû être rajoutées a posteriori pour nourrir un tant soit peu le scénario. De plus, sur un simple plan technique, « LA MAIN QUI VENGE » laisse à désirer avec ses faux-raccords à la pelle et sa direction d’acteurs flottante. Lizabeth Scott par exemple, étrange comédienne au jeu appliqué et instable, n’a jamais semblé aussi gauche. Et les interminables scènes où elle chante dans des boîtes de nuit plombent gravement le rythme.

Âgé de 26 ans, Heston paraît déjà sûr de lui et compose ce personnage pas forcément très sympathique d’ex-soldat aigri et cynique avec sobriété. Viveca Lindfors est très séduisante et éclipse sa covedette féminine malgré un rôle beaucoup plus périphérique et on reconnaît des seconds rôles des fifties comme Ed Begley, Jack Webb et Mike Mazurki (dont on n’entrevoit que la main baguée jusqu'au dénouement).

Un faux ‘film noir’ désuet et plutôt mal fagoté, mais qu’on peut regarder d’un œil indulgent et nostalgique.

 

À NOTER : le film est récemment sorti en zone 1 dans une copie correcte mais extrêmement basique, aux éditions « OliveFilms » qui exploitent le catalogue Paramount.

Par Fred Jay Walk - Publié dans : LES FILMS DE CHARLTON HESTON
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Vendredi 11 juin 2010 5 11 /06 /Juin /2010 17:01

BAD EACH OTHER (1)Étonnant malentendu que ce film qui fut promu en son temps comme un film noir sulfureux, se vend aujourd'hui en DVD dans un coffret « BAD GIRLS OF FILM NOIR » aux U.S.A. et reforme le couple de stars du polar « LA MAIN QUI VENGE ».

BAD EACH OTHEREn fait « ÉTERNELS ENNEMIS » (encore un titre français qui n’a rien RIEN à voir avec le scénario !) est un édifiant mélo médical comme le sera « POUR QUE VIVENT LES HOMMES » trois ans plus tard. Les tourments d’un fils de mineur de Pennsylvanie qui vend son âme en délaissant la « vraie » médecine pour soigner des rombières aux maux imaginaires, dans une clinique de luxe.BAD EACH OTHER (2)

Il n’y a donc ni ‘bad girl’ ni ‘film noir’, mais un film excessivement désuet et moralisateur, dont tous les personnages sont des caricatures d’archétypes et la moindre péripétie est téléphonée avec une demi-heure d’avance.

On peut éventuellement jeter un coup d’œil à la chose pour voir le jeune Charlton Heston en période pré-Moïse, dont le jeu est encore gauche et théâtral et la voix shakespearienne en contraste avec son allure juvénile. Lizabeth Scott a un rôle tellement convenu et aseptisé, qu'elle n’a même pas l’occasion d’être une « mauvaise fille » et de justifier le titre original « BAD FOR EACH OTHER ».

Un tout petit film au noir & blanc sans relief, à ne surtout plus classer dans un genre auquel il n’appartient définitivement pas.

Par Fred Jay Walk - Publié dans : LES FILMS DE CHARLTON HESTON
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Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /Mars /2010 19:33

AWAKENING (1)On ne devrait pas être surpris qu’un réalisateur aussi éclectique que Mike Newell, qui signa « 4 MARIAGES ET UN ENTERREMENT » et « DONNIE BRASCO », ait pu débuter avec un AWAKENINGfilm de momie inspiré d’un roman de Bram ‘Dracula’ Stoker.

« LA MALÉDICTION DE LA VALLÉE DES ROIS » se situerait entre « LES 7 BOULES DE CRISTAL » d’Hergé etAWAKENING (3) les joyeuses bêtises avec Brendan Fraser, avec une pincée de « LA MALÉDICTION » (la chute sur la verrière, l’accident de camion qui renvoie à la mort de David Warner).

Bien sûr, Charlton Heston paraît bien âgé au début pour jouer un archéologue trentenaire (et en short !), mais il retrouve de sa superbe dans la période située « 18 ans plus tard », avec sa barbe de ‘statue du commandeur’ et sa voix de basse. Ce rôle d’homme hanté, obsédé jusqu'à la mort, ne lui convient pas vraiment, mais sa présence « bigger than life » ajoute à l’ambiance BD du film. À ses côtés, Susannah AWAKENING (4)York tient le rôle ingrat de l’épouse sacrifiée et la jeune Stephanie Zimbalist incarne la reine démoniaque réincarnée en teenager américaine. Elle a un plan très amusant où elle crache comme un chat, à la fin.

L’Égypte est bien photographiée par le grand Jack Cardiff, la BO est étonnamment signée de Claude Bolling, et si selon les critères actuels, il peut paraître longuet et convenu, « LA MALÉDICTION DE LA VALLÉE DES ROIS » n’en demeure pas moins une tentative sympathique, qui assume courageusement son premier degré, sans crainte du ridicule dans lequel il sombre parfois.

AWAKENING (2) 

À NOTER : le film est disponible en Angleterre dans une belle copie 16/9 (faussement annoncée en 4/3 sur la jaquette, quelle drôle d’idée !), mais sans aucun sous-titre.

 

Par Fred Jay Walk - Publié dans : LES FILMS DE CHARLTON HESTON
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Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /Fév /2010 18:17

3 VIOLENT PEOPLE (1)Le vieux thème du Sud ruiné après la guerre de Sécession, des « carpetbaggers » pillant et volant les terres des vaincus, des héros meurtris rentrant du front, est à nouveau utilisé 3 VIOLENT PEOPLEdans « TERRE SANS PARDON », un petit western-mélodrame, rondement mené.3 VIOLENT PEOPLE (4)

Dans un rôle de macho dominateur et intraitable, maladroit avec les femmes, comme il en a beaucoup joué à ses débuts, Charlton Heston fait une composition intéressante, insufflant çà et là des éclairs de vulnérabilité et d’incertitude dans son personnage tout d’un bloc. Ainsi, le face à face final avec son frère donne-t-il une toute autre couleur à ce Colt Saunders. À ses côtés, Anne Baxter surjoue un peu l’émotion, dans un rôle d’intrigante au passé peu avouable. On aperçoit le jeune Robert Blake (futur « BARETTA » de la TV) en 3 VIOLENT PEOPLE (3)vaquero empoté, et des vétérans du western comme Forrest Tucker ou Gilbert Roland.

« TERRE SANS PARDON » ne trouve pas toujours l’équilibre entre le drame intimiste et l’aventure au grand air, et les complots machiavéliques des méchants paraissent parfois parasites, voire carrément superflus.

En assumant son sujet, Rudolph Maté aurait probablement pu concentrer son récit sur ses protagonistes. Car ceux-ci, même s’ils manquent de profondeur, n’en sont pas moins caractérisés par leur excès et leur caractère de cochon, les isolant du reste du monde, mais les rendant « bigger than life ».
3 VIOLENT PEOPLE (2)

Par Fred Jay Walk - Publié dans : LES FILMS DE CHARLTON HESTON - Communauté : WESTERN MOVIES
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Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /Jan /2010 16:43

LAST HARD MEN
Dès le début, on a l’impression que le scénario tiré d’un roman de Brian Garfield (« DEATH WISH ») a été écrit pour Sam Peckinpah, dans l’espoir qu'il le réalise : le héros, un vieux LAST HARD MEN (1)marshal retraité parle sans cesse des « temps qui changent », il est rhumatisant, astigmate, l'Ouest commence à être envahi de voitures comme dans « LA HORDE SAUVAGE », et les deux stars étaient déjà partenaires dans « MAJOR DUNDEE ».

C'est pourtant Andrew V. McLaglen qui a tourné « LA LOI DE LA HAINE », et sans être un chef-d’œuvre immortel, le film est loin d’être déshonorant. LAST HARD MEN (3)

Pile dans son emploi, Charlton Heston incarne une légende du Far West vieillissante, dont la fille est kidnappée par un métis évadé qui rêve de venger sa femme tuée par l'homme de loi. Rigide, ankylosé, le visage crispé dans une grimace de macho inflexible, Heston suscite un curieux mélange de respect et d’embarras. Sam Burgade a fait son temps, et on dirait qu'il profite de la situation pour finir en beauté.

Face à lui, James Coburn pas très crédible en métis, fait une belle composition de bandido obsédé par l’idée de voir crever son ennemi juré de mort lente. Buriné, bronzé, l’acteur a une sacrée gueule, et parvient à laisser filtrer une once d’humanité dans ce rôle de salopard à moitié fou.

LAST HARD MEN (4)Mais c'est Barbara Hershey qui a le rôle le plus intéressant : dure à cuire, parce que fille d’une terreur de l'Ouest, elle est surtout une survivante, prête à tout pour sortir indemne de ce calvaire. Sa réaction devant l’affrontement final entre son père et le métis, est surprenante : loin de vouloir la mort de celui qui l’a humiliée, elle ne veut plus voir de violence. Et le dernier regard qu'elle pose sur son père agonisant dans la rocaille, en dit long sur le chemin parcouru depuis sa première apparition dans le film. Elle idolâtrait ce père mythique ? Elle a vu de près la réalité de ce qui a fait de lui une légende : du sang, de la haine et des tripes. Pas de quoi pavoiser, comme disait Burgade lui-même.

LAST HARD MEN (2)
« LA LOI DE LA HAINE » est très bien réalisé, magnifiquement photographié, même si un traitement plus âpre à la Peckinpah aurait sans doute été plus adéquat. C'est toute la différence entre un bon et un grand film.

McLaglen signe en tout cas une de ses plus franches réussites, et permet de revoir deux monstres sacrés au crépuscule de leur parcours de star, juste avant leur entrée dans des rôles plus âgés…

Par Fred Jay Walk - Publié dans : LES FILMS DE CHARLTON HESTON
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Jeudi 1 octobre 2009 4 01 /10 /Oct /2009 20:54

Devenu au fil des ans et des rééditions, un indiscutable classique du 7ème Art, « LA SOIF DU MAL » était à l’origine une sorte de concentré de série B, stylisé à l’extrême par Orson Welles, qui a complètement détourné l’intérêt du personnage principal de Vargas, le flic mexicain, pour le recentrer sur lui-même, autrement dit Quinlan, « ripou » obèse et obscène, un pied déjà dans la tombe.

Par la longueur inusité de ses plans-séquence (et pas seulement pendant le célébrissime générique-début), par le noir & blanc glorieux de Russell Metty un des plus grands directeurs photo du monde, son univers frelaté de décors de studio, les contre-plongées systématiques, « LA SOIF DU MAL » évolue dans une logique de cauchemar éveillé, à la fois envoûtant et répulsif.

Ici, tous les comédiens, le visage déformé par les courtes focales, aboient leurs répliques, qui se chevauchent constamment, rendant des échanges incompréhensibles, et les machinations de Quinlan, à la fois alambiquées et tellement simples qu'elles en deviennent absurdes, donnent au scénario une ambiance kafkaïenne.


« LA SOIF DU MAL » est un film frontalier, un film entre deux pays, entre rêve et réalité, légalité et corruption, horreur et burlesque, et la ligne de démarcation est de plus en plus floue à mesure que l’action progresse.

Gargantuesque, d’une laideur fascinante, Welles compose un personnage d’ogre de conte de fées pour adulte, la corruption incarnée. À ses côtés, Charlton Heston rame un peu pour exister, dans un rôle de Mexicain intègre, Janet Leigh se retrouve dans l’exacte situation de « PSYCHOSE », tourné deux ans plus tard : seule dans un motel au milieu de nulle part, tenu par un fou furieux. Le parallèle est vraiment troublant, et fait presque oublier dans quel film on se trouve. Mais le véritable protagoniste est finalement Joseph Calleia, le co-équipier de Quinlan, qui s’éveille in extremis à la conscience.


On peut – sans blasphémer – se montrer plus réticent devant le numéro de cabotinage pénible de Dennis Weaver, la présence flottante de Marlène Dietrich (trop ou pas assez), et le rythme général, qui à force d’étrangeté, laisse parfois percer un certain ennui.

Mais « LA SOIF DU MAL » demeure un monument. Et Russell Metty un pur génie.

 

À NOTER : le film est récemment sorti en zone 1, dans ses trois montages disponibles, dont un quasi director’s cut, effectué à partir des notes de Welles.

Par Fred Jay Walk - Publié dans : LES FILMS DE CHARLTON HESTON
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